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7 articles avec noel

10 janvier : L'homélie pour le Baptême de Notre Seigneur

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un peu sec, ce baptême, non !?
 
Chers paroissiens, honnêtement, vous n’avez pas l’impression de rester un peu sur votre faim !? Voici le dernier dimanche du temps de la Nativité. Le temps de la Nativité, ce n’est pas seulement Noël avec ses quatre Messes différentes. Le temps de la Nativité, ce sont les fêtes de saint Etienne, de saint Jean et des saints Innocents, les petits martyrs de Bethléem, dans les jours qui suivent immédiatement Noël, mais c’est surtout la sainte Famille le dimanche qui suit Noël, Marie, Mère de Dieu le 1er janvier, l’Epiphanie le dimanche le plus proche du 6 janvier et, cerise sur le gâteau -ou plutôt sur la galette-, le Baptême de Notre Seigneur qui conclut ces festivités. Trois semaines de fêtes, de réjouissances liturgiques. « Fêtes, réjouissances liturgiques... » : vous vous dites peut-être « M’sieur le curé, i’ pousse le bouchon un peu loin ! Ça y est, les fêtes sont passées, on a repris le boulot. Noël, c’est derrière nous maintenant ! » Eh bien, je n’exagère pas ! Regardez, toute la semaine, nous avons fait mémoire de l’Epiphanie : les oraisons nous rappelaient que Jésus est la Lumière du monde et  que cette Lumière est destinée à éclairer, à illuminer toutes les nations. Frères et sœurs, je vous invite souvent à lire les textes et les oraisons de la Messe du jour : c’est un bon moyen de mettre Jésus au cœur, au centre de nos vies et, au milieu de nos activités un peu répétitives, un peu plan-plan, qui ont repris lundi dernier, nous avons cette présence de Jésus, notre Sauveur qui S’est manifesté aux bergers de Bethléem mais aussi à ces mages venus d’Orient : Il est là pour tous ! Personne n’est exclu de ce salut qu’Il veut offrir à tous les hommes !
Un enchaînement de fêtes : la Nativité de 
Jésus,  sainte Marie, Mère 
de Dieu, l'Epiphanie du Seigneur...
 
Donc, ce dimanche, dernier dimanche du temps de la Nativité, du temps de Noël, nous voici rendus à la fête du baptême de Jésus. La première lecture -hyper longue !-  la deuxième -super théologique !-, nous avaient mis l'eau à la bouche et nous trépignions d'impatience pour l'Evangile, nous apprêtant àun véritable festival. Nous attendions une fin en apothéose, un peu comme la finale d’un feu d’artifice –ça explose dans tous les sens : des rouges, des vertes des bleues– ou d’un concert de Johnny. Les spectateurs en ont plein les yeux et plein les oreilles et ils repartent chez eux gonflés à bloc ! Cela aurait bien pour nous : le temps ordinaire recommançant demain, nous aurions été galvanisés, chauds comme la braise : la nouvelle évangélisation, elle va avoir du poil aux pattes !
Sauf que l’Evangile est expédié en deux-temps-trois-mouvements : un rappel de la phrase fétiche de saint Jean-Baptiste –« je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de Ses sandales »– qui nous propulse il y a quelques semaines en arrière, en plein Avent  et une description du baptême sèche comme tout : « Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et Il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. » Rien sur les tergiversations du Baptiste, sur la discussion entre les deux cousins. Juste, en conclusion, l’apparition de la colombe et la Voix qui vient du Ciel. Pour ma part, je suis un peu déçu et je reste un peu sur ma faim…
Oui, mais votre curé, il va un peu vite : là où il voudrait du spectacle, des paillettes, du folklore, du gras autour de l'os et de la viande, l’évangéliste qui, lui, est éclairé par le Saint-Esprit, va à l’essentiel. Tout d’abord, il y a cette précision du Baptiste : son baptême à lui, cette immersion totale dans les eaux du fleuve, est symbolique. Il s’agit pour l’impétrant de décider de changer de vie et le plongeon dans le fleuve en est le signe, une sorte de recommencement symbolique. Il ne s’agit en rien du sacrement de baptême qui nous lave du péché originel et qui nous incorpore à l’Eglise, faisant de nous les frères et sœurs de Jésus et les enfants de Dieu. C’est une démarche symbolique pour un renouveau. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que Notre Seigneur S’y conforme : Lui n’a pas besoin d’être lavé d’un quelconque péché mais une vie nouvelle commence pour Lui : Il passe de l’atelier de Nazareth à la mission de prédicateur. Sa mission commence à ce moment-là et la Voix qui vient du Ciel vient comme confirmer cet engagement.
Ensuite Jean prophétise que le baptême que confèrera Jésus sera donné « dans l’Esprit Saint ». C’est une annonce explicite du sacrement de baptême que Jésus, au moment de Son départ pour le Ciel, demandera à Ses apôtres de mettre en application : « Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! » La colombe qui surgit après le baptême –et l’évangéliste précise explicitement qu’il s’agit là du Saint-Esprit– vient conforter cette prédiction. L’Esprit-Saint est à l’œuvre et accompagne Jésus dans Sa nouvelle mission.
Alors, c’est vrai : ce matin, rien d’extraordinaire… en tous cas dans la description que fait l’évangéliste de cet épisode. Parce que le fait, en tant que tel, est extraordinaire : par cet acte d’humilité de Se laisser plonger dans l’eau, Jésus débute Sa mission. Il est venu pour sauver les hommes : Il prend donc sur Lui leurs fautes, leurs péchés déposés au fond du fleuve. Il les portera au désert comme pour les y brûler au feu de Sa prière, Il les portera tout au long de Ses trois années de pérégrination pour les expier, les racheter et, finalement Il les crucifiera à la croix. Et si ce matin, nous demandions à être renouvelés dans notre propre sacrement de baptême : que l’Esprit Saint reçu en ce jour béni et renouvelé à notre confirmation prenne toute la place dans notre vie et nous configure véritablement au Christ.

Publié dans Homélie, Noël

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3 janvier : L'homélie de l'Epiphanie

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Soyons humbles :
acceptons de ne pas savoir...
 
Chers paroissiens, si le temps des fêtes n’est pas terminé (dimanche prochain, nous fêterons le baptême du Seigneur et puis-je vous rappeler que chaque dimanche, nous fêtons Sa Résurrection : chaque dimanche, c’est donc "fête" pour les catholiques !), si le temps des fêtes n’est pas terminé donc, le temps des vacances -pour ceux qui en ont eu- tire à sa fin : lundi, les plus jeunes reprendront le chemin de l’école, du collège et du lycée. Pour les aînés, les cours reprendront à la fac ou dans les écoles (sans doute en distanciel pour beaucoup) et les adultes retourneront au travail. Les grands-parents ont vu la maison se vider et les derniers adieux se dérouleront cet après-midi pour ceux qui ont fait durer le plaisir jusqu’au bout ! Après la saga des fêtes, les visites, les retrouvailles, nous reprenons nos habitudes et la train-train quotidien. Et nous voici en route pour 2021. Avec une question : que sera cette année 2021 ?
 
Peut-être que cet épisode des mages peut nous aider dans notre questionnement. En effet, cette histoire très ancienne est toujours d’actualité et, dans les circonstances si "mouvantes" que nous vivons depuis presque un an, elle peut nous apporter des éclairages qui ne sont pas absolument inutiles…
D’abord qui sont ces mages ? La Tradition leur a donné un nombre –trois à l’image des trois cadeaux qu’ils déposent aux pieds de l’Enfant Jésus– des noms –Gaspard, Melchior et Balthazar– une origine –un Africain, un Asiatique et un Européen– et même un âge à chacun –un jeune homme, un homme d’âge mur et un ancien– mais si vous replongez le nez dans l’épisode décrit par saint Matthieu, vous reconnaîtrez vous-mêmes que tout cela est de l’ordre de l’imagination (ou de la révélation divine, ce que je ne conteste nullement). L’évangéliste ne donne aucun de ces détails. Ce qui est sûr, c’est que dans l’Antiquité, un mage, c’est un sage, une personne qui possède un certain savoir, une certaine connaissance des choses de la nature, depuis les plantes –ce sont les apothicaires et les médecins– jusqu’aux étoiles et aux planètes –ce sont les astrologues. Attention, ces connaissances ne sont pas uniquement scientifiques : dans l'Antiquité où Dieu avait toute sa place, elles sont toujours associées à une sagesse religieuse, à une forme de spiritualité, de transcendance. Ainsi, la guérison vient autant des connaissances du médecin que de la volonté de Dieu.
Ensuite l’astre, l’étoile. Son apparition était interprétée comme l’annonce d’un événement déterminant pour l’ordre du monde : ici, l’avènement d’un grand roi. Mais la question se pose : nos mages ne se seraient-ils pas fourvoyés, plantés sur toute la ligne ? Israël est un tout petit royaume anodin, soumis qui plus est à une autorité étrangère : les Romains occupent le pays depuis plusieurs décennies. Deuxième aspect : ils vont se mettre à genoux –geste de reconnaissance, de respect et de soumission– et offrir des cadeaux symboliques à un bébé qui, à vue humaine, n’est pas encore roi. Sauf que nous, nous lisons ce passage évangélique avec un regard de foi : nous savons, nous croyons que Jésus est le roi du ciel et de la terre ; en outre, nous savons, nous croyons qu’Il est le Fils de Dieu et Dieu Lui-Même. L’attitude des mages et la réaction affolée d’Hérode et de sa cour nous confortent dans notre opinion. Mais pour eux, de se prosterner devant ce bébé ou ce petit garçon, c'est vraiment d'un acte de foi.
D'autant plus, qu'il y a quelque chose qui ne colle pas dans leur histoire : lors de leur passage à Jérusalem, nous avons découvert un aspect pour le moins déroutant : voici des savants qui ne savent plus ! Ils sont perdus. Celui qui sait possède le savoir, il connaît les réponses, il explique. Or leur première phrase est une question : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Par cette question, ils reconnaissent qu’ils ne savent pas : les savants sont dans l’ignorance, leur quête est inachevée. Certes, ils possèdent des connaissances mais ne peuvent pas faire connaissance avec Celui qu’ils cherchent et qu’ils annoncent : ils parlent explicitement du « roi des Juifs qui vient de naître ». Il leur fait quitter leurs propres certitudes et avouer –eux, les savants– leur ignorance pour être mis sur le bon chemin et aller à Sa rencontre. Un bel exemple à suivre, non !? D’autant plus que la réponse des prêtres et des scribes ne provient pas de savoirs accumulés, de sciences approfondies : la réponse vient du livre du prophète Michée, c’est-à-dire de la Parole de Dieu vivante. Et celle-ci les invite à continuer leur route. Le roi n’est pas à Jérusalem, dans la grande ville : Il est né dans l’humilité d’un petit village de campagne.
Que sera pour nous cette année 2021 ? Nous l’espérons plus réussie que 2020… Nous fantasmons cette nouvelle année que nous accorde le Seigneur : se retrouver sans limite de nombre, sortir sans avoir de document à signer, s’embrasser à nouveau… En fait, reconnaissons que nous n’en savons rien… sauf qu’elle appartient à Dieu : chaque jour est dans Sa main, chaque jour est voulu par Lui et chacun d’entre nous est destiné à être sauvé, s’il le veut et s’il laisse la main à Dieu. Les mages sont pour nous ce matin de beaux modèles d’humilité. Ils savent, ils connaissent beaucoup de choses mais se reconnaissent tout-petits devant ce qui les dépasse. Très simplement, confions cette année à Dieu –ou plutôt redonnons-Lui : elle lui appartient ! – et posons un acte d’humilité et de confiance : Seigneur, j’ai confiance en Vous.

 

Publié dans Homélie, Noël

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27 décembre : L'homélie de la sainte Famille

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"Exaucé parce que juste !"
 
Chers paroissiens, j’ai beau avoir presque vingt ans de ministère, je me suis encore fait avoir "comme un bleu" cette année. Je m’explique : chaque année, au moment de Noël, c’est toujours le rush, entre les préparations des différentes Messes de Noël, les confessions, les visites aux personnes âgées et malades. En plus, cette année, comme moi comme pour vous, les choses ont été un peu plus compliquées que l’an dernier. Si bien qu’après la Messe du jour, je me pose et je souffle : « Ouf, c’est fini ! C’était super, mais je suis sur les rotules. » Sauf qu’en fait, non, ce n’est pas fini. Le jour de Noël tombe un vendredi, eh bien, dès le lendemain, c’est reparti avec la Messe anticipée et puis le dimanche, la grand-Messe paroissiale. Et -excusez du peu- mais nous passons de Noël à la sainte Famille. Et dimanche prochain, ce sera l’Epiphanie ! Et celui d’après, le baptême de Notre Seigneur. En gros, quand y’en a plus, y’en a encore ! Chaque dimanche, le Seigneur nous procure Sa grâce, Il vient Se donner à nous et à chaque fois par un biais différent. Mes frères, pardonnez-moi de radoter -vous mettrez cela sur le compte de l’âge- mais je vous
invite, avant la Messe, à lire les quatre lectures qui nous seront proposées et, pourquoi pas, à vous plonger aussi dans les trois oraisons propres à la Messe : la collecte après le Gloria et juste avant les lectures, la prière sur les offrandes et celle après la communion. Chacun de ces textes a une saveur propre et donne à nos Messes une coloration, une teinte particulière. Je bous intérieurement quand j’entends « Pff, la Messe, c’est nul : c’est toujours la même chose ! » C’est à peu près comme si je disais -et que les sportifs me pardonnent cette énormité : « Pff, le tour de France ou les matchs de foot, c’est nul : c’est toujours la même chose ! » Les aficionados bondiraient et m’expliqueraient que  « non, il n’y a pas une seule rencontre entre équipes qui ressemble à une autre et que ce qui est intéressant dans le tour de France, c’est la diversité des étapes ! » Eh, bien, c’est la même chose à la Messe : le temps liturgique, les ornements, le choix des préfaces, les lectures, les oraisons qui changent chaque dimanche font que chaque Messe est unique et que le Seigneur y accorde Sa grâce par un biais particulier.
Ce dimanche, c’est la sainte Famille qui nous est donnée en exemple. C’est l’occasion pour nous d’actualiser notre prière pour nos familles. Mais aussi de les présenter avec plus de confiance encore au Seigneur en Lui demandant de les bénir. D’autant plus que Jésus sait ce qu’est la vie de famille puisqu’Il l’a vécue, concrètement, de l’intérieur. En revanche, ne soyez pas étonnés, mais cette année, ce n'est pas sur la sainte Famille de Nazareth que je vais m'arrêter, mais sur celle qui demeure « aux chênes de Mambré »dont il était question dans les trois premières lectures, Abraham et Sara.
La première lecture nous rapporte ce dialogue bouleversant entre Dieu et Abram. Le Tout-Puissant promet au patriarche Sa protection -« Je suis un bouclier pour toi »- et une récompense « très grande ». Je ne sais pas vous, mais si moi, mon Seigneur et mon Dieu, me disait en direct, pendant mon oraison, ou la célébration de la Messe par exemple, « « Ne crains pas, Gaëtan ! Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande », mais je tomberai à genoux, le visage baigné de larmes, balbutiant d’émotion, éperdu de reconnaissance : Celui que je cherche et que je sers à l’aveugle -parce que si, dans la foi, je suis sûr qu’Il est, je ne Le vois pas- mon Dieu et mon Tout qui me parle, qui s’adresse à moi ! Il faut croire qu’Abram avait l’habitude de ces discussions intimes avec Dieu car, avec beaucoup de naturel, de spontanéité, il soupire, il épanche son cœur. « Seigneur comment peux-Tu me combler ? Je n’ai pas d’enfant… » Il faudra ce cri du cœur pour que Dieu dévoile à Abraham Son projet absolument fou à vue humaine : un descendant qui lui procurera une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Ce sera Isaac puis Jacob puis ses douze enfants et, à partir de ce moment-là, la multiplication sur un plan humain se fait de façon exponentielle. Et vous savez que nous, qui sommes aussi des hommes et des femmes de foi, nous sommes des descendants spirituel d’Abraham et de Sara, nous faisons partie de ces étoiles qui brillaient au firmament.
C’est une invitation pour nous à prier Dieu avec confiance, à Lui parler en cœur à cœur, à Lui demander de nous combler. Parce que Joseph et Marie se conforment à la Loi et présentent Jésus au temple -alors que, dans l’absolu s’il y en avait bien un qui n’avait pas besoin d’être présenté à Dieu, c’est bien Jésus, non !?- Dieu, par la bouche de Syméon et de la prophétesse Anne va révéler de façon publique Son projet : Jésus est la lumière tant attendue qui vient illuminer les nations et qui apporte la délivrance. La sainteté que Dieu veut pour nous passe par la confiance et par l’obéissance. Alors, très simplement, humblement même, demandons ces grâces à Dieu par l’intercession d’Abraham et de Sara, par celle de Joseph et de Marie. Soyons nous aussi des "justes" en lesquels Dieu pourra répandra Sa bénédiction et Ses grâces !

Publié dans Homélie, Noël

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25 décembre : L'homélie du jour de Noël

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Nous faisons partie du plan de Dieu !
 
Chers paroissiens, petite confidence du matin : j'aime ces différentes Messes de Noël, avec leur tonalité propre. Hier, quatre célébrations se sont succédées, chacune avec ses textes, ses chants, son atmosphère, son ambiance. Et le Christ est là, le même, dans le salon de l'EHPAD de Champfleur ou dans notre église remplie de familles. Le ton n'est pas tout à fait le même quand "Il est né le divin Enfant" est annoné par des personnes très âgées qui fouillent dans leur mémoire pour en retrouver les paroles ou chanté à pleine voix par les fidèles sous la houlette d'un maître de choeur, mais c'est néanmoins la même ferveur et la même foi ! Le petit Jésus a accueilli avec la même joie les pauvres cadeaux des bergers et les richesses des mages. Ce qu'Il nous demande, c'est notre disponibilité, notre coeur, notre amour.
 
Ce matin, une cinquième ambiance, encore différente, due principalement aux textes liturgiques, aux lectures qui nous sont proposées. Hier soir, saint Luc nous replongeait dans le contexte historique : le recensement, le voyage de Joseph et Marie, l'accouchement dans une étable, les bergers et les anges. Hier, cela sentait la paille, le feu de bois. Hier, les meuglements du boeuf de la crèche, le bêlement des moutons et celui, plus aigus, des petits agneaux faisaient concurrence aux aboiements des chiens de bergers qui rassemblent le troupeau, le tout se mêlant aux quelques notes de flûtiau jouées par un petit berger pour endormir le bébé couché dans la mangeoire. Ce matin, même si le prophète Isaïe, nous fait entrer dans la Messe de façon très concrète, par les pieds -"Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager"- vous conviendrez tout de même que l'auteur de la Lettre aux Hébreux et saint Jean donnent une dimension plus théologique à notre fête de Noël. L'iconographie chrétienne représente ce dernier sous les traits d'un aigle et saint Jean le mérite bien : il nous fait prendre de la hauteur, il nous invite à élever le regard.
Bien sûr que nous contemplons le bébé de la crèche avec émotion. Tous, nous sommes émerveillés devant le don de la vie et même le célibataire endurci que je suis est à chaque foi touché -ému même- par ces tout-petits enfants nouveaux-nés que me présentent les parents. Mais la Lettre aux Hébreux nous rappelle que ce bébé qui repose sur la paille, veillé par un boeuf et un âne, est le "rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de Son être." Cet enfant, c'est Dieu ! Les peintres se sont plu à représenter les anges -pourtant invisibles- prosternés devant ce bébé. Ils sont discrets -nous ne les voyons pas et, la plupart du temps, nous ne sentons même pas leur présence mais ils sont bien là, fidèles au poste, adorant en permanence le Roi des rois et nous aidant à tourner nos âmes vers Lui. Et je crois que mon ange gardien -et le vôtre- vénèrent, adorent le Dieu trois fois saint à chaque instant, et parfois même à notre place, quand nous devrions le faire et que nous préférons vaquer à d'autres occupations qui nous semblent plus utiles ou gratifiantes. Celui que vous êtes venus rencontrer ce matin, c'est Dieu qui est venu planter Sa tente au milieu de nous -c'est la traduction exacte du verset grec "Il a habité parmi nous". Vous rendez-vous compte, frères et soeurs bien aimés, qu'en venant habiter parmi nous, en S'abaissant au point de se faire homme et de vivre la même vie que nous, tissée de joies et de peines, de bonheurs et d'épreuves, Dieu, de façon mystérieuse, nous a élevé à Son niveau. Il nous invite à aimer comme Lui, à Se donner comme Lui. Nous sommes invités à la sainteté, dès ici-bas, avec Sa grâce et Son aide, mais plus encore au Ciel, après avoir franchi la porte de la mort pour nous plonger dans Sa lumière.
 
"Nous sommes nés de Dieu" s'émerveille saint Jean : j'ai plaisir à me rappeler que je suis là, que je suis vivant parce que mes parents se sont aimés. Mais je suis là, je suis vivant surtout parce que Dieu l'a voulu. Je fais partie du projet de Dieu, du dessein d'amour de Dieu : Il veut Se servir de nous dans ce projet d'amour de sauver le monde. Dans l'absolu, Il n'a pas besoin de nous mais, par pur amour, par pure bonté, nous faisons partie de Son plan divin. N'est-ce pas là le plus beau des cadeaux, mes frères : Dieu veut avoir besoin de nous !
 
Alors, venons puiser nos forces dans la sainte Eucharistie, ce matin encore, dans ce petit morceau de pain qui est Dieu, Dieu qui Se donne à nous pour vivre en nous, pour nous donner les forces nécessaire pour accomplir cette mission qui semble parfois dépasser nos pauvres capacités humaines, pour faire de nous un instrument entre Ses mains. Il vient reposer en nous, dans la petite crèche que nous avons montée ces quatre derniers dimanche et tout au long de cet Avent. Il est notre force, Il est celui qui tient les manettes et qui agit. Ce matin, tout en L'adorant, nous Lui demandons toutes les forces, les grâces nécessaires pour être les saints qu'Il attend que nous soyons.

Publié dans Homélie, Noël

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24 décembre : Homélie de la Messe de la nuit de Noël

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"Le Sauveur que le monde attend... 
...pour tout homme est la vraie lumière"
 
Voici enfin Noël ! Noël est arrivé, Noël est là ! L'enfant Jésus a été déposé cérémonieusement sur la paille de la mangeoire. Il a rejoint Marie et Joseph, l'âne et le boeuf et les bergers qui depuis le début du carême veillaient et attendaient, fidèles au poste.
 
Oui, Noël est arrivé, Noël est là ! Et nous en avons bien besoin ! Non pas tant du bon repas -même s'il a toute sa place dans cette fête avec sa bûche et ses bulles. Mais ce n'est pas lui l'essentiel ! Ni les cadeaux non plus -même s'ils sont un excellent moyen de nous rappeler combien nous nous aimons et combien les autres comptent à nos yeux. Non, c'est Jésus dont nous avons besoin, plus encore en ces temps bahutés, chahutés. Jésus, dont le nom est un programme à lui seul : "Dieu sauve" ! Notre monde est en panique, un virus que l'oeil ne peut pas déceler est en balade, contaminant ici, épargnant là, confinant partout, semant la peur, le doute et faisant de mon frère, de ma soeur, un danger, un porteur de virus, un semeur potentiel de mort. Beaucoup ont peur : reconnaissons que nous sommes nombreux à avoir été contaminés par ce virus de la crainte, par la bactérie de l'angoisse. "Le Sauveur que le monde attend, pour tout homme est la vraie lumière" annonce le cantique de Noël "Il est né le divin Enfant". Est-ce seulement une jolie chansonnette empreinte de nostalgie ou bien notre message de foi en cette nuit sacrée ? Jésus est notre Sauveur : Il est Dieu fait homme venu sur terre pour nous sauver du Mal, du péché et de la mort éternelle. Depuis plus de 4000 ans, Dieu préparait le terrain, les coeurs, les âmes. C'est la promesse faite à Adam et Eve après le péché originel. Puis, à travers l'histoire d'Israël, à travers les patriarches, les juges, les prophètes, les rois, Dieu prépare, peaufine, annonce et accomplit en cette nuit de Noël Son projet d'amour : Noël est arrivé, Noël est là ! En Jésus, nous sommes rachetés, sauvés... et à grand prix : celui de Son Sang !
 
Alors, ce soir mes frères, si nous sommes évidemment tenus aux gestes barrières et à une certaine distanciation, je vous invite à oublier quelques instants ce satané virus, en ce sens que vous allez le faire passer en second plan -"passe derrière moi Satan !"- pour vous concentrer sur l'Essentiel : ce petit bébé qui dort dans la mangeoire, ce tout-petit qui est Dieu, Dieu descendu du Ciel pour venir nous sauver. 
 
Et nous pouvons Le retrouver chaque dimanche dans la sainte Eucharistie qui est annoncé en filigranes dans le récit de la Nativité et dans la crèche. Jésus est né à Bethléem. C'est la cité du roi David : il ne pouvait en être autrement pour celui qui est le Roi du monde. Mais, surtout, Bethléem signifie en hébreu "la maison du pain". Un beau symbole pour Celui qui Se donnera un jour à manger sous la forme du pain. D'autre part, l'Enfant-Jésus est couché dans une mangeoire. Et la mangeoire, c'est ce réceptacle où est disposée la nourriture destinée aux animaux. Vous noterez au passage l'humilité de Dieu qui n'a pas seulement choisi une simple étable pour voir le jour mais qui accepte aussi de reposer dans la mangeoire des animaux. Il se fait déjà, symboliquement nourriture. Alors, vous qui êtes venus adorer l'Enfant-Roi ce soir, n'oubliez pas de venir L'adorer aussi chaque dimanche.
 
« La grande Lumière », c’est Lui. En ce monde où nous avançons comme à tâtons, en ce soir où nous avons encore été matraqués par des chiffres anxiogènes, des discours angoissants, des perspectives sinistres, en ces jours où tant et tant de nos concitoyens se demandent s’ils vont s’en sortir financièrement, s’ils vont réussir à joindre les deux bouts, si la vie vaut d’être vécue, nous sommes invités à poser un acte de confiance : Jésus est venu pour nous relever, Il est venu pour nous sauver. Ce soir, laissons-nous envahir par cette Lumière, accueillons-La au cœur de notre âme : qu’Elle resplendisse sur nous. Le courage dont nous avons besoin, la force qui nous manque, l’espérance qui nous est nécessaire, ils sont là, au creux de la crèche et sur la patène. Je crois de tout mon être que Jésus est le Sauveur du monde, que par le don de Sa vie, Il a racheté le monde, nos vies et jusqu’à nos morts. Il est venu vivre notre vie d’hommes pour nous sauver de la mort éternelle : « le joug, la barre, le bâton » vont être brisés, brûlés, réduits à néant !
 
Ce soir, soyons à la fois les bergers, un peu frustres, un peu patauds –c’est notre dimension de pécheurs– mais émerveillés devant cette nouvelle vie, dont nous, nous savons qu’elle est la Vie. Soyons aussi les anges porteurs de la Bonne Nouvelle. Autour de vous, beaucoup vont avoir négligé cette Messe de Noël. Nous, nous avons cette force, cette lumière cette confiance en nous. C’est pourquoi avec les anges, nous pouvons chanter : « Gloria in excelsis Deo. »
Comme les bergers, contemplons et émerveillons-nous !

Publié dans Homélie, Noël, Coronavirus

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