Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

homelie

2 mai : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"Porter du fruit" d'accord,
mais, concrètement, comment ?
 
Chers paroissiens, nous continuons ce dimanche à approfondir le mystère du Christ ressuscité grâce aux comparaisons, aux images utilisées par Notre Seigneur Lui-Même pendant Son ministère.
La semaine dernière, Jésus Se décrivait tel un berger, un bon pasteur qui prend soin de Son troupeau. Et, de façon providentielle, la confirmation en l’église de Fyé est venue comme illustrer cette image. Dieu qui aime Ses enfants d’adoption a envoyé un beau cadeau, le Esprit-Saint, sur ces adultes, lycéens et collégiens pour leur donner la force de continuer à avancer sur ces petits chemins de montagne de notre vie de tous les jours qui conduisent jusqu’aux verts pâturages.
Ce dimanche, c’est l’image de la vigne que Jésus nous propose. Il nous invite à nous greffer à cette vigne qu’Il est Lui-Même pour que le Père puisse y cueillir du bon fruit. Dans les faits, nous sommes rattachés à cette vigne depuis notre baptême. Par notre progression dans la foi, nous renforçons ce lien avec la vigne : c’est le rôle des années de catéchisme, de la première communion et toutes celles qui suivent, de la profession de foi, de la confirmation, du mariage pour beaucoup parmi nous, mais c’est aussi le rôle de la vie quotidienne de prières, de services, d’oubli de soi, de lutte contre le Mal et de choix du Bien. C’est ainsi que nous manifestons notre désir d’être unis au Christ, de Lui être attachés fidèlement.
Je ne suis pas spécialiste de la vigne et je n’ai pas particulièrement de dispositions pour le jardinage mais il me semble qu’une fois que le sarment a commencé à pousser, il est bien accroché au cep. La sève lui permet de croître, de se développer et, au moment opportun, de donner la grappe qui sera récoltée. C’est notre cas à nous qui sommes reliés au Christ et qui en vivons : la vie chrétienne au quotidien, notamment à travers la prière et les actes de charité vis-à-vis de notre prochain. Comme pasteur d’âmes, j’ai plus d’appréhension pour les baptisés qui, aujourd’hui, sont complètement secs parce qu’ils se sont détachés eux-mêmes du cep. Sans doute que beaucoup sont de bonnes personnes, généreuses, altruistes, données aux autres, mais, de façon objective, le Christ, l’Eglise, n’ont plus de place dans leur vie. Vous avez entendu comme moi Jésus affirmer que « Tout sarment qui ne porte pas de fruit, Mon Père l’enlève » ; c’est donc le vigneron et Lui seul, à qui revient cette tâche d’émonder, de couper, de trancher. Pas à nous ! D’autant plus que, comme l’écrit saint Jean dans le passage de la lettre que nous avons entendu en deuxième lecture : « Dieu est plus grand que notre cœur, et Il connaît toutes choses. » Alors, prions pour nos frères et sœurs qui ont parfois abandonné la pratique religieuse, mais si nous pouvons être peinés par leur attitude, leur manque d’engagement à la suite du Christ, laissons le Bon Dieu seul juger les cœurs et les reins.
"Je ne vais pas à la Messe, mais j'entre parfois dans une église pour allumer un cierge..."
 
En revanche, revenons à nous-mêmes. Même si nous sommes reliés au cep, attachés au Christ, il peut y avoir des maladies, des champignons et autre mildiou ou excoriose dans nos vies -merci internet de m'avoir soufflé le nom de ces maladies de la vigne. Ces maladies abîment le sarment et même le corrompre, le pourrir. Il convient de lui appliquer des traitements, des remèdes, pour éviter, en dernier recours, de devoir le traiter de façon radicale en coupant le sarment malade.
Quelles sont nos maladies à nous, les excorioses ou mildious qui nous empêchent de porter du fruit ? Parce que, certes nous sommes accrochés, reliés au cep, au tronc, mais il peut  arriver que, parfois, notre cœur demeure loin de Dieu. Par exemple, quand je pratique plus par habitude, par convention sociale que par conviction. J'ai entendu plus de dix fois depuis la fin du premier confinement : « Oh vous savez, nous ne revenons pas à l'église pour le moment : ce n'est pas très sûr... », les mêmes que je croise parfois au Super U de Fresnay... D'autres, plus cohérents avec leurs convictions, ne sortent quasiment plus de chez eux, par crainte de la maladie. Tant mieux s'ils ne meurent pas du COVID. Je leur souhaite juste de ne pas mourir d'ennui ou de tristesse, seuls et oubliés de tous.... d'autant plus que je n'ai pas entendu dire que quelqu'un était mort du COVID parce qu'il était venu à la Messe du dimanche...
Maintenant, nous allons prendre des cathos "normaux", lambda, vous et moi, quoi : pas meilleurs que les autres, essayant juste de bien faire leur job ; je vous donne des petits exemples :
  • Est-ce que je prends le temps dans la semaine de préparer les textes du dimanche, de les lire au moins une fois pour ne pas "débarquer" le samedi soir ou le dimanche matin et les découvrir presqu’à l’improviste ? Je vous rappelle qu'à travers Sa Parole, le Seigneur S'adresse à vous : Il a quelque chose à vous dire. Si vous le lisez dans la semaine et que vous le réentendez le dimanche, sans doute que cette Parole, comme le grain de blé dans la bonne terre, pourra descendre plus profondément en vous et porter le fruit que le Seigneur en attend.
  • Le stade au-dessus, c’est de se dire « Et moi, en quoi pourrais-je me rendre utile à la Messe du dimanche ? »  Je peux vous proposer d’arriver déjà en avance, pour vous préparer à la Messe, pour aménager un sas entre la vie de dehors et la rencontre avec le Christ. Ensuite, est-ce que vous vous êtes jamais dit : « Et si je proposais mes services pour la liturgie : proclamer une lecture, préparer les chants ou les intentions de la PU ? » En gros, pour faire simple, de passer de consommateur à acteur. Je ne viens pas seulement pour recevoir, mais aussi pour aider les autres à recevoir. Evidemment, les fruits ne sont pas les mêmes.
  • Mais il n’y a pas que la liturgie, il y a aussi la vie de tous les jours, l’engagement dans notre société. C’est facile de critiquer, de maugréer, de se plaindre « Tous des incapables ! Ils sont nuls ! Moi, à leur place… » Mais il est beaucoup plus difficile de s’engager, de prendre une place, occuper un poste : le Secours Catholique a toujours besoin de bras, la Banque alimentaire aussi et je me permets de vous signaler nos maisons de retraite qui recrutent des bonne volontés pour permettre aux personnes âgées de venir à la Messe. Et j’espère que le COVID et le ralentissement de toutes les activités ne vous servent pas d’excuse pour ne pas vous engager…
  • Enfin, il y a nos fraternités, souhaitées par le synode diocésain et mises en place par les plus courageux. Je peux en témoigner : voilà une activité qui porte du fruit et qui, dans un avenir proche –très proche– se révèlera particulièrement utile.

Chers frères et sœurs, prenons garde à la flemme, à l’acédie, cette tristesse spirituelle qui fait de nous de simples consommateurs, là où Jésus nous veut acteurs : Il nous demande explicitement de « porter du fruit », chacun à sa façon, certes, mais encore faut-il en porter... En ce temps de Pâques, de préparation à l’Ascension et à la Pentecôte, demandons la grâce du Saint-Esprit dans nos vies pour que nous agissions selon la volonté de Dieu pour Sa plus grande gloire et le bien de nos frères les hommes.

Publié dans Homélie, Pâques

Partager cet article
Repost0

25 avril : Homélie pour les confirmations

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Relire l'enseignement de Jésus à la lumière de la Résurrection
 
Chers confirmands, chers familles, chers paroissiens, j’imagine combien votre déception est grande ce matin, à la hauteur de la mienne. Notre évêque ne peut être des nôtres pour vous conférer lui-même le sacrement de confirmation. Par son autorité épiscopale, il m’a délégué le pouvoir de le faire à sa place. Si le cadeau est le même -car un sacrement, c'est un don, un cadeau de la part de Dieu en vue de notre sanctification- l'emballage, lui est différent... Pour moi, c’est un honneur et une grâce. Et, dans la foi, je sais que cette imposition des mains et cette onction avec le saint-chrême porteront les fruits sacramentels espérés dans vos vies. Vous allez recevoir en plénitude le Saint-Esprit : Il était descendu sur vous, en vous, une première fois le jour de votre baptême. Aujourd’hui, le Saint-Esprit de Dieu vient prendre totalement possession de votre être. Quand dans quelques instants, à l’appel de votre prénom, vous allez vous lever et vous présenter à l’entrée du chœur, vous manifesterez votre disponibilité –et même plus que ça : votre volonté que Dieu puisse agir en vous, par vous, à travers vous. Alors, évidemment, si notre évêque, successeur des apôtres, avait eu la possibilité de le faire lui-même, le sens, la symbolique auraient été plus forts, plus marquants. Mais, soyez rassurés : même donné par votre petit curé, ce sacrement va être pleinement efficace et portera du fruit.
 
Ce matin, nous avons entendu Jésus parler à Ses apôtres, à Ses disciples, du bon pasteur, du berger, attentif à Ses brebis. Nous ne savons pas quel a été la teneur des entretiens du Seigneur avec les Siens pendant ces quarante jours entre Sa Résurrection et Son Ascension au Ciel. A plusieurs reprises, Il leur est apparu pour leur montrer qu’Il était bien vivant, qu’Il avait vaincu la mort. Cela n’a pas été simple car certains ont douté, ont eu du mal à adhérer à cette réalité qui dépasse notre entendement. Il a fallu que Jésus redouble de pédagogie, fasse preuve d’une grande patience pour aider les Onze à franchir ce cap. Nous savons aussi qu’« Il leur a ouvert les Ecritures », leur expliquant tout ce qui Le concernait dans la Loi et les prophètes, c’est-à-dire dans cette première partie de la Bible que nous appelons l’Ancien Testament. Sans doute que lors de Ses apparitions, Jésus leur a fait faire "des révisions", tout comme vous, chers confirmands, lors de nos rencontres. Nous avons revu ce que vous aviez découvert et  étudié pendant vos années de caté (et pour certains d'entre vous, cela remonte à quelques décennies), sauf que vous êtes plus mûrs, plus avancés en sagesse, en connaissance. Jésus a fait de même avec les apôtres : d’une part, Il voulait leur montrer que les annonces prophétiques d’Isaïe, d’Ezéchiel, de Jérémie s’appliquaient à Lui, et d’autre part, Il voulait leur redonner les paraboles, les enseignements qu’Il leur avait livrés sous un angle nouveau : celui de Sa Résurrection.
 
Ce matin, la liturgie nous fait réentendre la parabole du bon berger, du pasteur au service de son troupeau. Le Bon Berger, c’est évidemment Jésus. Et quand les apôtres L’entendent évoquer cette image qui leur est familière, ils font évidemment le lien avec la Passion de Jésus. « Le Bon Pasteur connaît Ses brebis » : Jésus annonce par avance qu’Il va être trahi, livré. Regardant Simon-Pierre droit dans les yeux, Il lui prédit aussi son triple reniement. Chers amis, Jésus vous connaît, Il vous aime. Il connaît vos faiblesses et vos forces, vos engagements et vos refus. Et , en tous les cas, Il vous fait confiance ! Mieux que ça : Il vous accorde Sa grâce, Sa force pour que vous Lui soyez fidèles.  Tout en respectant votre liberté.
 
Mais « connaître » dans la Bible, cela signifie aussi aimer. Jésus a aimé les Siens et Il les a aimés jusqu’au bout. Au jardin de Gethsémani, Lui ne S’est pas endormi : Il veillait, Il priait –et saint Jean nous a dévoilé la grande prière sacerdotale de Jésus pour les Siens, ses apôtres, mais par-delà le temps, tous ceux qui Le suivraient. Chers amis, Jésus au jardin des oliviers, a prié pour nous ! Chers confirmands, Il a prié pour vous ! Quand les gardes du Temple sont arrivés, Il a exigé qu’ils fichent la paix à Ses apôtres : « c’est Moi que vous voulez ? Ceux-là, laissez-les partir ! » Le berger défend ses brebis contre le loup, contre les voleurs. Il paie de sa personne. Vous connaissez cette autre parabole où Jésus, Se faisant plus précis, nous décrit le berger qui part à la recherche de la brebis perdue. Chacune est précieuse, chacune compte... même celle qui se rebiffe ou qui n'en fait qu'à sa tête, qui sait mieux que les autres et que le berger lui-même.
 
Mais en entendant Jésus parler du Bon Berger, les apôtres ont dû être saisis, édifiés : non seulement, le berger paie de sa personne, se fatigue, est toujours à l’œuvre, veillant sur chacune des brebis, mais Jésus Bon Berger va aller plus loin et faire quelque chose qui n’est jamais arrivé auparavant. « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » : eh bien, c’est vrai ! Jésus va prendre la place des boucs, des brebis, des agneaux de Son troupeau. Vous savez que, dans le Temple, étaient sacrifiés des animaux, notamment pour racheter les péchés des hommes. A travers Sa Passion et Sa mort, c’est Jésus S’offre Lui-Même en sacrifice : Il est à la fois le berger et l’agneau. Il prend la place de l’animal offert en sacrifice et, parce qu’Il est Dieu, rachète définitivement tous les péchés des hommes.
 
Chers amis qui allez être confirmés dans quelques instants, Jésus vous appelle à sa suite. Vous faites partie de ces « autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos. » Le premier troupeau, c'est le peuple d'Israël, le peuple choisi, le peuple élu. sauf que beaucoup n'ont pas voulu reonnaître en Jésus, l'Envoyé de Dieu, le Messie. Alors, Jésus Se donne un nouveau troupeau : les païens, les non-juifs : « ces brebis-là aussi,il faut que Je les conduise. Elles écouteront Ma voix. » Merci, chers amis, merci, chers paroissiens, de vous mettre à la suite d'un tel Maître, d'un tel Berger. Je peux vous promettre que vous ne regretterez pas un tel choix. Et si parfois, sur votre route, il y a des difficultés, des obstacles, soyez rassurés : le Bon Berger est là, présent, attentif et à l'oeuvre !

Publié dans Homélie, Sacrements

Partager cet article
Repost0

18 avril : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Allez ! On se bouge, on s'active !
 
Frères et sœurs bien aimés, la semaine dernière, j’ai terminé les annonces paroissiales en vous invitant à la joie, malgré les difficultés liées à la pandémie et au confinement. Ne nous laissons pas voler notre joie de chrétiens, et, plus encore en ce temps béni de la Résurrection, ne perdons pas notre joie de Pâques !
 
J’en profite pour remercier ceux qui m’ont envoyé des petits pas, ces petits clins Dieu, ces joies que vous avez voulu partager. Ça a été une bonne surprise de voir apparaître dans ma boîte mail et sur mon compte WhatsApp des photos, des actions de grâce, des merci que je me suis empressé de partager sur le blog paroissial (cliquez LA). Une bonne nouvelle, une petite ou une grande joie, ça ne se garde pas pour soi, ça se partage ! Plus encore en ces temps pénibles, indécis, instables.
 
D’où ma question de curé, de pasteur d’âmes, de ce matin : êtes-vous toujours, chers paroissiens, et vous, fidèles de passage, dans la joie de Pâques ? Ou bien vous laissez-vous bouffer par cette atmosphère lourde qui vient grignoter la joie que nous avons vécue le matin de Pâques, que ce soit aux aurores en cette église ou dans la matinée à Fyé. Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Notre joie se trouve là. C’est l’enthousiasme de saint Pierre qui, à la porte du Temple, à la fois met ses auditeurs face à leurs responsabilités -« Vous avez renié le Saint et le Juste, vous avez demandé la grâce d’un meurtrier. Vous avez tué le Prince de la vie ! »- et en même temps ose proclamer l’incroyable : « Dieu L’a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins ! »
« Vous avez renié le Saint et le Juste, vous avez demandé la grâce d’un meurtrier.
Vous avez tué le Prince de la vie ! »
 
Par ces mots de l’apôtre que la liturgie nous fait entendre en ce troisième dimanche de Pâques, nous sommes à la fois invités à jeter un coup d’œil par-dessus notre épaule -le vendredi saint, le carême, c’était il y a trois semaines à peine- et à goûter cette allégresse de Pâques, cet enthousiasme, cette ferveur : « Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts, nous en sommes témoins ! » Excusez-moi, mais ça claque, ça a de la gueule : là, il y a de la ferveur, de l’enthousiasme, de l’ardeur. Ça nous change de la grand-Messe gouvernementale de 20h le jeudi soir avec les têtes de six pieds de longs, les discours sinistres et lénifiants, et les décisions liberticides. Là où certains font le choix de s’aliéner avec BFM en cathéter et France Info en intraveineuse, l’Eglise, Elle, vous propose, la liberté intérieure : le Seigneur est Celui « qui [nous] libère dans la détresse. » Le psalmiste l’appelle avec une espérance qui fait chaud au cœur : « Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que S’illumine Ton visage ! »
 
C’est l’expérience que vont vivre les apôtres au cénacle lors de cette première apparition du Christ ressuscité au cénacle le soir de Pâques. Le Seigneur Se montre vivant : Il le prouve par Ses blessures, Ses plaies aux poignets, aux pieds, au côté ; Il va même plus loin en demandant quelque chose à manger ! Vous avez déjà vu un fantôme, vous ? Et un fantôme qui se régale d’un morceau de poisson grillé ? On a envie de leur dire, aux Onze, « Mais les gars, il va vous falloir combien de temps pour vous réveiller, pour accepter la réalité, pour en témoigner ? Allez, on se bouge, on s’active… » Eh bien, il va leur falloir quarante jours pendant lesquels Jésus, avec une infinie patience, « leur a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, Il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » Quelle bande de têtes de pioche pourrions-nous penser avec dépit…
 
Sauf que si nous essayons d’être parfaitement honnêtes, cette histoire de résurrection de Jésus, même si c’est une réalité historique, ça nous dépassera toujours ! Vous souvenez-vous de ce sondage qui avait fait un peu de bruit dans le Landernau catholique en annonçant que seuls 56% des catholiques croyaient à la résurrection du Christ, à peine un sur deux, mes frères ? Si l’on applique statistiquement ce résultat à notre assemblée, on peut la diviser -en gros- en deux : ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. Rassurez-moi : dans quelques instants, quand nous allons proclamer le Credo, j’espère que tout le monde, j’espère que chacun, d’un seul cœur, d’une seule voix, d’une seule âme, proclamera « Il ressuscita le troisième jour conformément aux Ecritures. » Telle est notre foi, mes frères, la foi de l’Eglise. Saint Paul l’écrit à deux reprises à ses chers Corinthiens : « si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu. […] Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur ! »
 
Et si nous croyons à la Résurrection du Christ, nous ne pouvons pas faire autrement que d’en vivre, de mettre en application Son enseignement. C’est cela qu’Il demande à Ses apôtres : « À vous d’en être les témoins ! » Vous y croyez au Christ ressuscité ? Montrez-le ! Que cela se voit par vos gestes, par votre attitude, par votre comportement ! Que cela s’entende ! Notre bouche est faite pour annoncer les merveilles de Dieu ! Comment voulez-vous que les païens entendent parler du Christ et de Son amour pour eux si les cathos, les convaincus, se taisent ? Aurai-je le courage de témoigner ? Que cela se sente -la bonne odeur du Christ ! Mais il ne s’agit pas tant de flagrances agréables que d’une attitude, une façon d’être, un style : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »
 
Bon, eh bien voilà un bon programme pour notre temps pascal ! A chacun de voir comment il peut être témoin du Christ ressuscité, vivant pour toujours ! Bonne évangélisation, mes frères !

Publié dans Homélie, Pâques

Partager cet article
Repost0

11 avril : Homélie du dimanche de la divine Miséricorde

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Et si nous venions à la Messe ?
 
Chers enfants du catéchisme, chers paroissiens, peut-être vous posez-vous une question : mais où était-il, Thomas, le jour de la résurrection, quand le Seigneur, le soir, est apparu vivant au cénacle ? Où était-il caché ? Pourquoi n'était-il pas avec les autres apôtres, réfugiés au cénacle ? Les historiens et les exégètes -les spécialistes des saintes Ecritures- proposent différentes pistes. Peut-être que Thomas en a eu ras-le-bol : sidéré par l'arrestation de Jésus en qui il avait son espérance, anéanti par Sa Passion et Sa mort sur la croix, il a tout laissé tomber momentanément -un coup de mou, un coup de blues. Il s'est réfugié dans son coin parce qu'il avait besoin de se poser, de réfléchir, de pleurer peut-être. D'autres avancent une autre hypothèse : les dix apôtres se sont cachés au cénacle, la chambre haute où Jésus a célébré la Cène, Son dernier repas avec Ses amis. Mais vous vous souvenez que Judas a dénoncé Jésus : il a mené les gardes du temple jusqu'au jardin des oliviers où Il avait l'habitude de passer la nuit. Et si jamais Judas en avait dit un peu plus ? Et si jamais il avait aussi livré les lieux habituels où Jésus retrouvait les Siens -et parmi ces lieux le cénacle ? Thomas s'est peut-être dit qu'il ne fallait pas mettre tous les oeufs dans le même panier et que si les forces de police faisaient une descente au cénacle, il valait mieux ne pas s'y trouver. C'est pourquoi lui s'est réfugié ailleurs. Mais il y a d'autres possibilités : peut-être qu'il a du s'occuper de quelqu'un -la vie continue pendant la Passion de Jésus, tout comme elle continue quand un être cher est malade ou en train de mourir : nous, nous sommes directement impactés, mais autour de nous, le monde continue à tourner. En tous cas, bonne ou mauvaise excuse, motif valable ou pas, Thomas n'était pas là, il était absent du cénacle et il a loupé la venue de Jésus qui S'est montré vivant, ressuscité, à Ses apôtres.
Excusez-moi, mais il loupé un événement essentiel, unique dans l'histoire de l'humanité : la venue inopinée, le retour inattendu d'un homme ressuscité d'entre les morts. Concrètement, le vendredi soir, ce même homme était mort : son corps inerte, sans vie -un soldat lui a donné un coup de lance en plein coeur pour s'assurer qu'il était bien mort- a été décroché de la croix puis déposé dans un tombeau dont la porte a été fermée, bloquée par une lourde pierre et il y avait des gardes pour surveiller le tombeau et les éventuelles allées-venues. Et pourtant, ce même homme, Jésus, est là, présent, bien vivant ; Il présente Ses blessures pour bien montrer que c'est bien Lui qui a été suspendu au bois de la croix. Et Il mange du poisson pour prouver qu'Il est vivant, que ce n'est pas un fantôme ou un revenant : ce n'est pas un "mort-vivant", pour reprendre une expression entendue l'autre jour au catéchisme. Bref, pas de bol pour notre brave Thomas mais il a manqué quelque chose d'absolument unique !
Le problème, c'est qu'en plus, il n'a pas cru ses amis : ceux-ci ont lui beau promettre la main sur le coeur,  -promis, juré, craché !- multiplier les détails, lui apporter des précisions, non, il n'y croit pas. Leurs yeux qui brillent, leurs voix qui tremblent d'émotion, les gestes enthousiastes sont autant de preuves évidentes de leur sincérité, de la véracité de leurs propos, rien n'y fait : Thomas campe sur ses positions ! Il n'y était pas, il n'a pas vu Jésus ressuscité alors il n'y croit pas !
Vous avez vu comment Jésus va le retourner comme une crêpe. Nous avons l'impression que, le dimanche suivant, Il est venu juste pour lui. Thomas tombe à genoux, bégaye, balbutie et parvient à articuler dans un souffle : "Mon Seigneur et mon Dieu !" Il a fallu qu'il soit là, il a fallu qu'il voie pour y croire... Quel dommage qu'il ait manqué la première rencontre, la première visite : que de temps perdu, de grandes déclarations inutiles et vaines -le temps est si court... Oh, vous savez qu'il va se rattraper et de façon magnifique : Thomas va devenir un missionnaire extraordinaire. rendez-vous compte que dans les années qui suivent, avec les moyens de transports de l'époque, il va se rendre en Inde et au Japon pour annoncer le Christ ressuscité, le Christ vivant pour toujours. Nous sentons bien que Thomas a comme quelque chose à rattraper, quelque chose à racheter et sans doute que le reproche de Jésus -"Thomas, toi, tu crois parce que tu vois : cesse d'être incrédule !"- a longtemps résonné à ses oreille et lui a servi de moteur pour déployer son énergie au service de l'évangélisation.
Et nous mes frères, et vous chers enfants, et vous chers parents ? Est-ce qu'il ne nous arrive pas de manquer ce rendez-vous avec Jésus ? Oh, il y a toujours des excuses pour repousser ou annuler la prière : "je n'ai pas le temps, j'ai un rendez-vous, il y a des choses plus urgentes à faire !" Beaucoup ont pris l'habitude de sécher la Messe du dimanche. Les enfants, au catéchisme, nous glissent : "Les parents, ils disent qu'on a pas le temps le dimanche..." Il y a aussi l'anniversaire, les 2 ans, du petit cousin Paul mais, plus souvent encore, la flemme : le dimanche, c'est le seul jour où l'on peut dormir. Combien de fois j'ai entendu dans la bouche des enfants : "La Messe à 10h30, mais c'est pas possible : à cette heure-là, je dors encore !" J'ajoute à cela le coronavirus : certains craignent d'être contaminés en venant à l'église... ce qui ne les empêche pas, par ailleurs, de se rendre dans les grands magasins où la foule est pourtant -il faut le reconnaître- plus nombreuse et plus dense... 
Se priver de la Messe, c'est se priver de Jésus. Et ne me dites pas, pour ceux qui sont valides et capables de se déplacer, que la Messe a la télé, c'est la même chose. Prenons un exemple concret : quand vous regardez MasterChef à la télévision, vous voyez certes de belles images alléchantes mais vous ne sentez pas le fumet du boeuf bourguignon et vous ne serez jamais rassasiés par ces images virtuelles. La Messe télévisée est une aide précieuse pour ceux qui, objectivement, ne peuvent se déplacer, mais elle est pour eux, pas pour nous qui avons la chance de pouvoir rejoindre une église et y adorer notre Seigneur en direct, en présentiel !
Chers enfants du catéchisme, et plus encore, vous qui vous préparer à la première Communion, venez retrouver Jésus à l'église, à la Messe. Chers parents, posez-vous la question : est-ce cohérent de préparer vos enfants à la première communion, à la profession de foi sans venir régulièrement retrouver Celui qui nous donne Sa force pour tenir en un monde aujourd'hui si mouvant, si instable, où ce qui était sûr et certain hier est pas peine probable aujourd'hui et sera réfuté demain ? Le seul qui est stable, qui ne change pas, qui ne ment pas, sur lequel nous pouvons nous appuyer sans crainte, c'est Jésus ! Et Jésus, c'est à la Messe qu'on Le trouve en tout premier lieu. Dès lors, demandons à saint Thomas qui a du bien regretter son absence au cénacle le soir de Pâques d'être fidèle, d'être présent, d'être prêt à vivre du Christ !
 

Publié dans Homélie, Pâques

Partager cet article
Repost0

4 avril : Homélie de la Messe de Pâques

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Bonne course et rendez-vous au Ciel !
 
Ça va, mes frères ? Pas trop fatigués ? Pas trop sur les rotules ? Il y va fort, Jésus, non, vous ne trouvez pas !? Même si je sais bien que c’est symbolique, nous sortons de 40 jours de course, 40 jours d’efforts. Nous avons franchi ce matin la ligne d’arrivée : ça y est nous y sommes, nous nous apprêtons à nous poser, à souffler, à profiter d’un repos largement mérité… eh bien non ! Quand y’en a plus, y’en a encore ! L’évangile de cette Messe de Pâques nous invite à courir encore et toujours ! Mais regardez : d’abord, Marie-Madeleine qui se rend au tombeau de grand matin. A mon avis, elle avance à grands pas, de façon dynamique. Elle a hâte d’être auprès du tombeau, juste pour être là, pour signifier l’amour, la reconnaissance qu’elle porte à ce Jésus qui l’a délivrée de sept démons, pour Le remercier de Son enseignement qui est descendu au plus profond de son âme et qui lui a permis de choisir le bien, de choisir la vie. Elle avance gaillardement : tant pis si les gardes au pied du tombeau la bahute et la chahute : elle vient pour son bien-aimé et rien ne la détournera du but !
Sauf que la voilà qui court dans l’autre sens. Elle ne marche pas, elle ne trottine pas : elle court, elle vole ! Le cœur brisé, en mille morceaux : « On a enlevé le Seigneur de Son tombeau ! » C’est auprès des apôtres de Jésus qu’elle vient épancher sa peine : « Les gars, sortez du cénacle. Venez voir ! Faites quelque chose, s’il vous plaît ! »
C’est au tour de Pierre et de Jean de galoper depuis Jérusalem jusqu’au jardin où se dresse le tombeau. Sur ce trajet où Jésus est tombé lourdement à plusieurs reprises trois jours auparavant, eux filent. Même Pierre, qui n’est plus si jeune que ça, force le pas. Mais Jean a l’avantage de la jeunesse trépidante et ardente. Il arrive le premier mais, par déférence, il attend son ancien : c’est à lui, Pierre, à qui Jésus a montré à plusieurs reprises qu’il détenait la première place, de pénétrer le premier dans le sépulcre dont la pierre a bel et bien été roulée sur le côté.
Donc, ce matin, visiblement, la course n’est pas terminée, elle n’est pas achevée ! Ce n’est pas marqué dans l’Evangile, mais nous pouvons supposer que les soldats qui étaient de garde une fois revenus de leur stupéfaction face à cette Lumière éblouissante qui a jailli du tombeau, tout juste remis de leur effarement en voyant cet ange magnifique venu du Ciel rouler le lourd cylindre qui bouchait l’entrée du sépulcre, ont du prendre leurs jambes à leur cou pour rendre compte de la situation aux grands-prêtres du Temple. Sans doute que dans la journée, ceux-ci se sont hâtés pour constater de visu cette situation incroyable ! Avec compte-rendu à Ponce-Pilate ! Déploiement des forces pour remettre la main sur le cadavre. Ajoutez à cela ces disciples dépassés par les événements qui décident de se carapater loin de Jérusalem, tels les disciples d’Emmaüs, car, décidément, ça sent le roussi, et vous aurez un tableau assez précis de la situation. Ce matin, à Jérusalem, ça court, ça galope, ça file : un vrai marathon !
Et nous, frères et sœur bien aimés, ce n’est pas parce que nous connaissons la fin de l’histoire, que nous allons rester les bras bien croisés à attendre que cela se passe. Nous cela fait 40 jours, depuis le 17 février précisément, que nous avons entamé notre course annuelle. Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin ! Vous savez bien que la marche de la vie est en fait une course, une course vers le Ciel, parfois une course d’obstacles et parfois une course où nous nous sentons portés, soutenus –ça dépend des jours ! Mais cela reste une course. C’est vrai nous courrons plus vite, les efforts sont plus soutenus pendant les 40 jours du carême –et nous remettons une couche pendant les quatre semaines de l’Avent. Mais il est rare que nous puissions complètement nous arrêter au bord du chemin et impossible que nous jetions l’éponge en décrétant tout de go : « Ras-le-bol, j’en ai marre ! Je plante tout maintenant ! » Non, non : nous avançons, nous serrons les dents et les poings et soutenus par la grâce divine, nous progressons, pas après pas.
Le lundi matin, quand je suis à la maison, chez Maman, je vais régulièrement courir pendant une heure –parfois un peu plus. Après les étirements, quand je monte les escaliers pour une douche qui n’est pas complètement inutile, je souffle parfois « Ouf, je suis un petit vieux… » C’est vrai que j’ai un peu tiré sur la bourre, que j’ai essayé de faire monter un peu le cardio, et mon corps me le fait sentir. Mais la tête, l’esprit, se sont aérés, oxygénés, renouvelés. Ça fait du bien ! Il en est de même pour nous : au bout de ce carême, si nous l’avons vécu en vérité, il peut y avoir une fatigue légitime : prière, jeûne, sacrifice, attention aux autres. Tout cela est fatiguant, astreignant ! Mais cela fait du bien. Et même plus : c’est pour cela que nous sommes faits !
Alors, mes frères, tout à l’heure, vous vous délectez de l’agneau pascal sur son lit de flageolets, vous profitez de la tarte normande et vous croquez un chocolat –noir de préférence- mais vous êtes prêts à reprendre la course, à reprendre vos baskets spirituelles et en avant marche à la suite du Christ ! Bonne course à tous et rendez-vous au Ciel !

Publié dans Homélie, Pâques

Partager cet article
Repost0

1 2 > >>