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15 août : Homélie de la Messe de l'Assomption

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Comme Marie, dire oui !
 
Frères et sœurs bien aimés, chaque été, au cœur du moins d’août, les catholiques célèbrent dans la joie Notre-Dame et la vénèrent en son Assomption au Ciel, c’est-à-dire son entrée en paradis avec son âme et son corps, privilège unique qu’elle partage avec son Fils, Notre Seigneur Jésus Jésus-Christ.
Cette année, la solennité de l'Assomption tombe un dimanche, si bien que les oraisons et les lectures propres à cette fête se substituent à celles du dimanche. C’est dire la vénération que les catholiques ont pour la Bienheureuse Vierge Marie ! Bien sûr, notre foi est avant tout christocentrique, c’est-à-dire centrée sur le Seigneur Jésus-Christ, Dieu fait homme pour sauver l’humanité. Mais nous savons aussi que rien ne se serait fait sans cet accord de la Vierge Marie à la volonté de Dieu, que nous fêtons le 25 mars, au jour de l’Annonciation, ce oui prononcé en toute confiance en réponse à la demande que l’archange Gabriel apportait du Ciel. Donc, oui : c’est le Dieu trois fois saint –Père, Fils et Saint-Esprit– qui tient la première place dans notre foi catholique mais nous savons que c’est Lui, dans Sa toute-puissance qui a accordé à la jeune femme de Nazareth la grâce d’être conçue sans péché –c’est ce que nous fêtons le 8 décembre, lors de la solennité de l’Immaculée Conception de Marie. Ce privilège, associé à la grande vigilance de Marie qui a toujours dit non au péché, qui n’a jamais, par force d’âme, succombé à la tentation, aux pièges de l’adversaire, fait que et son corps et son âme sont restés parfaitement purs, totalement indemnes de toute tache, de toute souillure. Si bien que lors de sa mort à Ephèse, ce n’est pas seulement son âme qui est montée vers Dieu pour la grande Rencontre, mais aussi son corps.
 
Pour entrer en paradis, dans l’amour et la gloire de Dieu, il convient que notre âme soit pure, lavée, exempte de tout péché, ce péché qui est un refus d’aimer. La Vierge Marie peut présenter au Créateur une âme toute transparente, limpide, lumineuse, mais aussi un corps qui n’a jamais été abîmé par le péché. Prenons un seul exemple : quand je mens, quand je critique, quand je dis du mal des autres, j'abîme ma bouche qui est faite pour proclamer la vérité, pour dire du bien. Jésus avait parlé de cette lumière intérieure dans un enseignement qui, sur le coup, a du sembler obscur à ses auditeurs : « si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, alors il sera dans la lumière tout entier. » Nous, nous comprenons que cette parole s’applique de façon toute particulière à Notre-Dame, qui peut présenter à Dieu une âme et un corps lumineux de sainteté. Mais c'est une invitation aussi pour nous à vivre dans cette lumière de Dieu, cette lumière de la sainteté. Vaste programme n'est ce pas !?
C’est pour cette raison que nous nous tournons souvent vers Notre-Dame avec confiance. Nous savons bien que c’est Dieu qui sauve, qui accorde les grâces nécessaires à notre sainteté, mais la Vierge nous est donnée comme modèle, un modèle à suivre, à imiter. Et nous pouvons lui demander aussi d’intercéder pour nous, notamment dans ce choix de Dieu que nous avons à poser tous les jours. Comme elle ! Par son oui, elle a changé la face du monde en permettant que le Fils de Dieu puisse Se cacher et grandir en son sein. Par nos propres oui à la volonté de Dieu, ces petits oui de tous les jours –le oui de la prière, le oui du service, le oui du don de soi, le oui de la patience, de l’abnégation– d’une part, nous aussi nous avançons dans le projet que Dieu a pour nous, le projet de la sainteté, de l’union intime avec Lui, mais, en plus, nous participons à Son projet d’amour pour le monde. Dieu veut le bien du monde, le bonheur des hommes, leur épanouissement. Et ce projet passe par l’engagement des catholiques et des hommes de bonne volonté. Nous sommes faits pour choisir le Bien, pour accomplir le Bien.
Concrètement, cela signifie dire non au Mal, tourner le dos au Mal, à renoncer à tout ce qui conduit au Mal. Marie est habituellement représentée avec un manteau de lumière, la lune sous ses pieds et couronnée de douze étoiles comme la décrit saint Jean dans le Livre de l’Apocalypse. Souvent, du pied, elle écrase un serpent, le démon, le Mal comme le Seigneur Dieu l’avait annoncé dans le Livre de la Genèse. C’est aussi notre combat quotidien : que ce monde soit délivré du Mal ! Demandons à la Bienheureuse Vierge Marie de nous aider à choisir le Bien tous les jours. Mais attention, mes frères, si nous le lui demandons, ce sera quand même à nous de combattre, de dire non à la tentation, de nous engager. Lors d’un match de foot ou de rugby, ou lors d’un tournoi de tennis, les joueurs sont encouragés, soutenus, applaudis par les spectateurs mais ce sont eux qui courent, se placent, frappent dans la balle ou le ballon. Marie agit de même : elle est à nos côtés, nous soutient, et sans doute que, parfois, elle donne une pichenette à la balle pour nous aider, ce que le spectateur du match de foot, lui, ne peut faire. Mais nous, depuis Cana, nous savons que Jésus ne peut rien refuser à Sa Mère.
Alors, chers paroissiens, ensemble, disons merci à Marie de son oui : qu’elle nous aide à en faire de même. Et que nous l’aimions toujours d’avantage d’un amour confiant et filial, elle qui nous tende la main depuis le Ciel et nous attire à son Fils.

Publié dans Homélie

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8 août : Homélie du XIXème dimanche du TO

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Rendons grâce,
nous qui pouvons recevoir le "Pain des forts" !
 
Frères et sœur bien-aimés, il y a quelques semaines, nous avons vu le Seigneur en situation d’échec, de rejet : alors qu’Il enseignait dans la synagogue de Nazareth, chez lui, dans le village où Il a grandi, Ses auditeurs n’ont pas été capables d’accueillir Sa parole. Suspicion, défiance, méfiance. Et Jésus de se désoler de leur manque de foi, au point de partir ailleurs. Chez les Siens, Il ne peut pas réaliser signes et miracles : les cœurs sont trop endurcis, fermé, obtus… alors Jésus S’en va plus loin, là où Son message sera accueilli avec confiance. Il y a là déjà en filigrane une annonce que le peuple juif sera rétif au message de la Bonne Nouvelle et, hormis quelques âmes privilégiées, le Messie, l’Envoyé de Dieu, ne sera pas reconnu…
Ce matin, rebelote ! Après le miracle de la multiplication des pains, alors qu’Il a trouvé les foules assemblées sur la plage à Capharnaüm et qu’Il les enseigne, Jésus ne trouve en face de Lui que grincement de dents, récriminations et incompréhension. Et vous avez noté que ce sont les mêmes arguments qu’à Nazareth qui lui sont opposés : « Il exagère : n’est-Il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien Son père et Sa mère ! Bravo d’avoir réussi à nourrir une telle foule mais là, dans son discours, Il va trop loin. » Son message sur le Pain de vie n’est pas compris, pas accepté. Quelle tristesse ! Quel gâchis !
Maintenant, soyons lucides : le discours sur le Pain de vie est-il accepté aujourd’hui ? Par les païens, ceux qui ne partagent pas la foi, évidemment non ! Quand nous témoignons que la petite hostie consacrée à la Messe, c’est le Corps très saint de Jésus, ils nous regardent au mieux comme de doux dingues, au pire comme de dangereux illuminés. Ce n’est pas très nouveau : les premiers chrétiens étaient considérés comme des anthropophages puisque l’on disait d’eux qu’ils mangeaient la chair d’un homme mort… Pour les membres d’autres religions, le discours sur le Pain de vie est tout simplement incompréhensible : il est sacrilège, impie d’affirmer que l’on puisse manger Dieu. Même chez certains de nos frères chrétiens, le message ne passe pas : les protestants entendent ce passage d’évangile de façon purement symbolique mais quant à la Présence réelle du Seigneur Jésus dans la sainte hostie, c’est une pierre d’achoppement qui risque de nous opposer un bon bout de temps. Et chez les catholiques, ceux qui ont reçu le baptême, qui ont été au caté et qui ont vécu leur première communion, vous pensez que le message de Jésus a été compris, assimilé dans la foi ? Permettez-moi d’en douter. Je le dis sans jugement : mon propos n’est que de l’ordre du constat. Mais ils ne sont pas là : des parents ont demandé le baptême pour leur enfant mais ont oublié dans la foulée leur engagement à lui transmettre la foi ; d’autres disparaissent après la première Communion ou la profession de foi. C’est bien la preuve que, malgré notre bonne volonté et notre désir de transmettre ce trésor de l’Eucharistie, le message n’est pas passé. Les catéchistes, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, ne sont pas soutenus en ce domaine par les parents des enfants. Et si les parents ne sont pas convaincus de cette grâce immense qu’est l’Eucharistie, il sera difficile aux enfants d’en vivre… Enfin, les journaux catholiques ont posé ce bilan terrible qu’après les confinements et autres couvre-feux, plus de 30% des fidèles ont renoncé au fait de venir à l’église. C’est le constat dans nos paroisses, partagé par les confrères avec qui nous abordons le sujet…
Alors, mes frères, merci, un grand merci pour votre présence ce matin en cette église ! Merci pour votre foi, pour votre ténacité, pour votre fidélité. Il y a une expression expressive dans l’Ancien Testament : « le petit reste d’Israël », c’est-à-dire le tout petit groupe des fidèles, le dernier carré des pratiquants, de ceux qui vivent de leur foi au quotidien, chaque jour que le Bon Dieu fait, et qui viennent le dimanche recharger leurs batteries en écoutant en communauté la Parole de Dieu et en recevant avec dévotion le Corps très saint du Seigneur Jésus, « le pain vivant, qui est descendu du Ciel », ce « pain des forts » pour reprendre l’expression du psaume 77 entendu dimanche dernier, ce « pain des forts »  pour nous qui sommes si faibles et qui avons tant besoin de la force de Dieu agissant en nous ! Rendons grâce à Dieu qui nous aide à être cohérents et dans notre foi et dans notre vie et ne manquons pas de continuer à fortifier notre foi à travers la Messe dominicale : elle est notre force, elle est notre vie et elle nous permet d’entrer déjà dans cette vie éternelle que nous appelons de nos vœux !
Bonne préparation à la sainte Communion, chers paroissiens : que Dieu Lui-même, qui Se donne à nous, soit notre force. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Publié dans Homélie

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11 juillet : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un simple bâton de marche...
...vraiment !?
 
Frères et sœurs bien aimés, alors que les vacances ont commencé pour les plus jeunes et pour certains parmi nous, voici des lectures qui viennent nous secouer de la torpeur estivale –même s’il faut reconnaître que la météo actuelle nous fait plus penser à la Toussaint qu’au mois de juillet.
 
Voici d’abord le prophète Amos. Disons-le franchement : il n’est pas à la fête ce matin. Il se fait proprement virer, chasser, évacuer : « Va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda. Là-bas, tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. » En gros –mais vous reconnaîtrez là une traduction propre à votre curé : « Disparais, dégage, fiche le camp : va raconter tes salades ailleurs ! » Et celui qui le met à la porte, qui le somme de prendre ses cliques et ses claques, ce n’est rien de moins qu’Amazias, le grand-prêtre du sanctuaire de Béthel, un représentant de l’autorité. Et notre pauvre Amos de protester, de tenter de se justifier devant ce grand ponte qui lui indique la sortie : « Attention, il y a erreur sur la marchandise : je ne suis pas prophète, ce n’est pas mon job ! Le Seigneur m’a appelé et moi j’ai répondu, c’est tout… » Eh oui, le Seigneur appelle qui Il veut à son service. Il appelle Amos qui s’occupait de ses bœufs et de ses sycomores, il vous appelle vous, il m’appelle moi, bref tous ceux qui sont disponibles. Et parfois, ça foire, ça ne marche pas... Amos en a fait les frais... mais, rappelez-vous le passage d'Evangile de dimanche dernier : Jésus aussi...
 
Deuxième couche avec l’Evangile : nous faisons un sacré bond dans le temps, puisque nous passons du VIIIème siècle avant Jésus-Christ –l’époque à laquelle a vécu Amos, notre prophète malgré lui- au tout début du Ier siècle, au moment où Notre Seigneur envoie Ses apôtres en mission. Les parents qui envoient leurs enfants en colonies de vacances ou en camp scout doivent un peu halluciner en voyant la liste des affaires à prendre… ou plutôt à ne pas prendre. Là où un directeur de camp, dûment breveté BAFA et BAFD, ou une cheftaine d’unité zélée recommande d’apporter des tongs pour la douche, trois t-shirts de rechange, voire deux pyjamas, le Seigneur Jésus, Lui, est pour le moins minimaliste : un bâton… e basta ! J’imagine la mère de famille qui prépare le sac de voyage de son fils ou de sa petite louvette qui part en camp, quelque peu décontenancée : « Ce n’est pas possible : il y a un bug, un oubli : ils n’ont pas tout imprimé ! Je ne vais pas te laisser partir seulement avec un bâton de marche ! Je vais les appeler : tu vas voir, ça va s’arranger ! »
2 pantalons, 2 bermudas, 1 maillot de bain, 2 pyjamas : parés pour 3 semaines de colo !
 
Sauf que là, il ne s’agit pas de colonies de vacances pour les Douze, mais d’un départ en mission : ils sont chargés de préparer la venue de Jésus dans les villages et les contrées. Et c’est bien Lui qu’ils annoncent. Ils vont réaliser, grâce à la force, à la puissance que Jésus leur accorde, des miracles, des actions éclatantes : notamment chasser les esprits impurs –et nous savons que cela va marcher au-delà de toute espérance puisqu’à leur retour, saint Luc précise que Jésus leur déclarera : « je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. » C’est donc le Seigneur qui donne les règles du jeu : « deux par deux », « les sandales » aux pieds, une « tunique » sur le dos et « un bâton » en main. Le reste, visiblement, c’est du superflu… Pourquoi un « bâton », et pas une couverture, ou un sac, ou un pique-nique ? Retournons dans le passé, mais bien, bien avant notre Amos de tout à l’heure, cette fois au XIIIème siècle avant la naissance du Sauveur. Nous voici avec Moïse. Vous me voyez venir, n’est-ce pas !? C’est un bâton que le patriarche étend sur la Mer rouge, le même bâton qui témoigne de la toute-puissance de Dieu : « Quant à ce bâton, prends-le en main ! C’est par lui que tu accompliras les signes. » [Ex 4, 17] C’est ce bâton, brandi par Aaron, qui s’est transformé en serpent devant Pharaon et ses magiciens païens [Ex 7, 9-12] puis qui a transformé l’eau du Nil en sang [Ex 7, 15-20] : allez relire le chapitre 7 du Livre de l’Exode ! Et si vous continuez la lecture, vous verrez que c’est par la force qui émane de son bâton que Moïse enchaîne les différentes plaies d’Egypte. Et c’est encore lui qu’il tiendra en main lors du combat contre les Amalécites [Ex 17, 9] ou pour frapper le rocher d’où jaillira l’eau qui pourra désaltérer le peuple assoiffé [Nb 20, 8-11].
 
Le bâton que les apôtres tiennent fermement en main, ce bâton explicitement recommandé par Jésus pour cette mission, c’est Son autorité, Sa force, Sa puissance. C’est le bâton, la crosse sur laquelle s’appuient nos évêques : leur force, leur autorité, c’est le Christ dont ils tiennent leur mission. Et moi, comme prêtre, quand je bénis, quand je trace un signe de croix sur une statue, quand j’absous les péchés d’un pénitent qui se confesse, quand, à la Messe, je consacre le pain et le vin qui deviennent vraiment le Corps et le Sang de Jésus, c’est par la force de Dieu que j’agis. C’est bien Lui qui est à l’œuvre à travers mes paroles et mes gestes. Le missionnaire s’appuie sur la force de Dieu, il sa fait instrument entre les mains du Tout-Puissant. Depuis mon ordination, je suis envoyé en mission, aujourd’hui en Nord-Sarthe, demain auprès de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Le Seigneur ne s’appuie pas sur mes mérites, sur mes qualités. Certes, Il S’en sert, mais c’est bien Lui qui agit, qui est à l’œuvre.
 
Mes frères, il en est de même pour vous : tout chrétien engagé, qui vit véritablement de sa foi, qui, concrètement, vient à la Messe tous les dimanches, est un missionnaire, un témoin du Christ ressuscité. Arrêtons de dire : « Moi, je ne suis pas capable d’évangéliser, d’annoncer Jésus, Fils de Dieu. » Sans doute que c’est vrai, que c’est exact. Sauf qu’il suffit de laisser agir Jésus en nous, à travers nous. Et ça, ça change tout ! « Ma force agit dans ta faiblesse » avons-nous entendu la semaine dernière. Alors, continuons à nous reconnaître tout-petits, faibles, pas vraiment fortiches. Pas question de nous complaire dans nos limites mais soyons tout simplement lucides : le Seigneur travaille à travers nous et rien que ça, c’est un motif de joie, d’action de grâce !
Corinne SIMON/CIRIC
Bon été mes frères, au service du Seigneur, en Le laissant déployer Sa toute-puissance à travers nous. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir : peut-être que nous, si nous acceptons d’être instruments entre les mains de Dieu, nous serons évangélisateurs, témoins du Christ sans le savoir… jusqu’au jour où nous le découvrirons lors de la grande Rencontre au Ciel…

Publié dans Homélie

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13 juin : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Venez vous reposer à l'ombre du grand arbre !
 
Chers enfants qui vivez votre première Communion ce dimanche, merci, parce que, votre présence et votre engagement ce matin, vous montrez que l’arbre dont il était question dans les lectures de ce dimanche continue à grandir, à pousser. Aujourd’hui, le Seigneur vient vous visiter et s’installer en vous par la communion. Cette hostie consacrée, c’est Jésus Lui-Même et communier, c’est Le recevoir en vous. Huit enfants vont accueillir en eux leur Sauveur et vont repartir chez eux avec Jésus caché en leur âme. Chers paroissiens, chers parents, avons-nous bien conscience que grâce à ces nouvelles communions, notre communauté va être plus forte, plus vigoureuse ? Chaque fidèle qui communie avec cœur, avec foi, avec conviction reçoit véritablement son Seigneur en personne au plus profond de son être et, évidemment, celui qui s’est préparé à cette Rencontre en reçoit force et vigueur. Quand le Seigneur arrive dans une âme, Il y entre avec Son amour, Sa paix, Son courage : chacun reçoit ce dont il a besoin.
Et ce matin, huit d’entre nous vont recevoir cette force, cette présence. Huit fidèles de plus qui à la fin de la Messe vont repartir qui à Chérisay, à Saint-Aubin, à Bourg-le-Roi, à Ancinnes, à Champfleur et ailleurs et y porter le Christ caché au fond de leur âme ! Certains haussent peut-être un sourcil dubitatif : « Holà, il s’enflamme notre curé, là ! Sérieusement, en quoi la première Communion de huit jeunes enfants va changer la donne ? » C’est là, frères et sœurs bien aimés, qu’il faut poser un acte de foi. Si cette Communion –celle des enfants pour la première fois aujourd’hui et prémice de toutes celles qui suivront, ou la nôtre pour la 500ème fois peut-être !– ne change pas quelque chose en nous, si nous ne croyons pas que la célébration de cette Messe peut nous transformer, excusez-moi mais nous pouvons crier « au feu ! » Là, il y a danger ! Le grand arbre de l’Eglise, ou la petite graine de moutarde de ma foi, a besoin pour croître, pour grandir, des sacrements. Et parmi les sept sacrements, le premier, le plus important, celui qui est source et sommet de tous les autres, c’est l’Eucharistie. Jésus, ce matin, vient visiter cette église, Jésus vient rencontrer notre communauté et, de façon ultime, Il vient non seulement visiter chacun d’entre nous mais, même plus, S’installer en nous. Cette présence est destinée à donner du fruit comme le grain planté en terre « germe et grandit. »
Est-ce que j’ai bien conscience que cette Messe, cette communion va changer quelque chose en moi ? Chers parents, je vais faire un peu de rentre-dedans mais c’est dit avec toute ma conviction de prêtre qui vit de sa foi et veut partager ce grand bonheur qui ne demande qu’à se donner ! Votre enfant ne fait pas sa première Communion, et encore moins sa « petite communion » ou « sa communion privée » –s’il vous plaît, bannissez ces expressions-là de votre vocabulaire– parce que c’est l’habitude, la tradition ou parce que ça fait partie de la dynamique du caté. Votre enfant vit sa première Communion aujourd’hui d’abord parce que Jésus a le désir de venir en lui. Parce que c’est Jésus qui est notre vie et se nourrir de Sa vie, de Sa présence, c’est le gage de grandir dans la foi. L’arbre grandit, la graine de moutarde pousse et se développe parce qu’ils reçoivent ce dont ils ont besoin. Aujourd’hui, à travers la Communion, votre enfant rencontre Jésus de la façon la plus intime qui soit.
Mais ce n’est pas Jésus qui fait tout, ou pour être plus précis, Il veut Se servir de vous à qui Il a confié ces enfants. Pour grandir, pour croître, la petite graine, le germe a besoin d’un terreau nourricier –c’est la vie de famille par exemple où la charité se développe, où le sens du service et l’attention aux autres se déploient– de chaleur et de lumière –c’est la prière qui assouplit notre âme– et d’eau. L’eau, symbole de vie, c’est la Communion régulière, hebdomadaire. L’eau est indispensable à toute vie –sans eau, la vie ne peut pas se développer. La Messe dominicale, qui est cette rencontre intime avec le Seigneur avec mes frères autour de moi, est indispensable à la vie chrétienne. En fait, la Messe du dimanche, c’est le point culminant de la semaine, « le grand cèdre » planté au sommet de « la montagne très élevée » de la première lecture. Toute la semaine, nous grimpons la montagne –ce sont nos efforts, notre travail, notre attention aux autres, la prière seul ou en famille, les petits services de tous les jours, les menus sacrifices et parfois grands renoncements, les déceptions et les joies. C’est tantôt exaltant et tantôt fatigant… éreintant même ! Certaines familles portent si lourd parfoi... Mais quand nous sommes arrivés au sommet, nous sommes comme les petits oiseaux qui s’abritent « à l’ombre des branches » du grand cèdre, nous nous posons devant Dieu et nous rechargeons nos batteries auprès de Lui parce que demain une nouvelle journée, une nouvelle semaine commencent.
Chers enfants, chers parents, chers paroissiens, venez reprendre des forces auprès du Seigneur, dans la rencontre personnelle que vous vivez avec Lui dans la prière et dans la rencontre communautaire de la Messe, à cinq ou six ou quinze en semaine ou avec tous ceux qui viennent le dimanche. C’est ainsi que nous mettrons en application ce beau programme que nous présente le psalmiste : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. » C’est ce bonheur-là que je vous souhaite. Amen.

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6 juin : Homélie pour la Fête-Dieu

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Dieu premier servi !

 

Frères et sœur bien-aimés, dimanche dernier, à l’occasion de la première Communion, ici à Fresnay, de dix enfants de nos paroisses, j’ai eu l’occasion de rappeler que le plus important à la Messe, c’était Jésus. Tout ce que nous développons autour pour la beauté de la liturgie, même si c’est important, cela reste accessoire ou en tout cas au service du Roi des rois. Pour ceux qui étaient peut-être à la Messe ailleurs ou qui étaient venus à la Messe anticipée à Rouessé-Fontaine, vous trouverez l’homélie en cliquant ICI.
En ce dimanche où l’Eglise fête solennellement le Saint-Sacrement du Corps et du Sang de Jésus, cela me donne l’occasion de continuer à approfondir avec vous ce sujet de l’Eucharistie. Pour nous, catholiques, c’est un thème central, primordial : nous croyons et nous affirmons qu’à la Messe, le Seigneur Jésus est véritablement présent dans le pain et le vin consacrés. C’est ce qu’Il a dit le soir de la dernière Cène célébrée avec Ses apôtres : « Prenez, ceci est Mon Corps. Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » Telle est la foi de l’Eglise catholiques, des véritables disciples du Seigneur Jésus : que cette petite hostie, c’est le Corps de Notre Seigneur et que le vin dans le calice devient Son Sang très précieux.
C’est pour cela que les catholiques multiplient les actes d’adoration, de vénération à la Messe. Sauf que nous ne sommes pas forcément de grands spirituels et notre façon à nous de rendre gloire à Dieu, c’est par nos gestes, notre action, notre attitude. A défaut d’aimer Dieu de « tout notre cœur, de toute notre esprit, de toute notre force », de toute notre âme, nous Lui rendons hommage avec nos mains, avec notre bouche. regardez dans le passage d'Evangile que nous venons d'entendre, les apôtres ont de multiples tâches pratiques à accomplir avant le repas de Pessah. Et pour nous, vous voulez du concret ? La propreté de l’église, la bonne odeur des bancs cirés, les bouquets de fleurs apprêtés avec soin –ça, tout le monde peut le constater et apprécier– mais aussi les linges d’autel bien propres, bien nets, repassés de frais. Là, souvent, il n’y a que le prêtre à s’en rendre compte mais, intérieurement, il rend grâce pour ceux qui se dévouent, humblement, sans bruit, dans ces petites tâches astreignantes mais qui rendent gloire à Dieu.
Il y a aussi la préparation de la liturgie, parfois bien en amont : des paroissiens se réunissent pour prier ensemble et choisir des chants qui accompagneront le mieux les textes du dimanche. Ils le font pour aider les fidèles à tourner davantage leur cœur et leur âme vers le Ciel –car c’est bien cela le rôle de la Messe : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû, Lui qui S’est offert en sacrifice par Sa Passion et Sa Croix pour racheter les péchés des hommes. De beaux chants, une pièce d’orgue, de violon, de flûte ou de trompette nous aident à honorer le Dieu trois fois saint qui Se donne à nous dans Sa Parole et dans l’Eucharistie. Cela reste des moyens très humains, limités, mais nous faisons de notre mieux pour magnifier Dieu qui est présent dans nos églises. La seule exigence, c’est que nous le fassions vraiment pour Dieu. C’est Lui qui est le centre de notre liturgie, pas nous ! Tant mieux si la chorale a chanté "divinement" bien, si la pièce d’orgue ou les instruments ont transporté nos âmes au septième ciel, mais souvenons-nous qu’ils ne sont que des moyens pour glorifier Dieu ! Ne manquez pas de remercier et d’encourager les animateurs liturgiques et les musiciens qui les accompagnent -je crois que nous n'imaginons pas la quantité de travail que cela demande...- mais souvenez-vous qu’ils le font pour Dieu et Sa plus grand gloire. D’ailleurs, il arrive parfois qu’il n’y ait pas de chants, pas de musique à la Messe. Dieu n’en est pas moins présent : après la consécration par le prêtre, Jésus est bien là dans les petites hosties blanches du ciboire et Il Se donne de la même façon pour notre sanctification.
Le risque, c’est de dévier, d’oublier le but de notre engagement : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû. Lors de mes vingt années de ministère, j’ai été parfois le témoin attristé, peiné (oserais-je dire scandalisé) de certains de ces abus criants ou moins évidents mais qui ne rendaient plus hommage à Dieu : la décision de faire sauter une des deux lectures qui précèdent l’Evangile, sous prétexte que « c’est trop long » ou que « saint Paul est trop compliqué à comprendre » ou encore de remplacer le psaume par une chansonnette. N’oublions pas qu’il s’agit pourtant de la Parole de Dieu et que le concile Vatican II a souhaité par l’ajout d’une deuxième lecture mettre en valeur cette Parole qui est là pour nous édifier, nous faire grandir. C’est, ici ou là, des équipes qui se permettent de changer les oraisons du missel et d’imposer leurs petites idées au prêtre et à la communauté. Je reconnais qu’il pouvait arriver que, parfois, une oraison était bien trouvée, bien tournée, adaptée à une situation particulière… en revanche, je suis sûr que ce n’était plus la prière de l’Eglise mais celle de tel ou tel auteur plus ou moins inspiré des funestes Fiches de Saint-Brieuc, voire de M. ou Mme Tartemuche. En quel honneur, s’il vous plaît, imposeraient-ils leurs oraisons à eux à toute une communauté qui a le désir d’honorer Dieu comme l’Eglise souhaite le faire à travers les prières du missel ? Dans une paroisse où j’ai servi, j’ai subi ce diktat de certains paroissiens mal inspirés, jusqu’au jour où la préface avait été à son tour transformée : j’ai du prendre mon curé entre quatre yeux et lui demander si la prochaine étape était d’adapter les paroles de la consécration pour qu’elles soient davantage compréhensibles par les fidèles... Evidemment, ce jour-là, je ne me suis pas fait que des amis dans les équipes de liturgie mais, quand il s’agit des choses de Dieu, impossible de rester un chien muet.
Un autre risque, plus insidieux, est celui de mettre en valeur à tout prix le travail des équipes. Que les choses soient bien claires : merci et bravo à ceux qui s’engagent, d’autant plus qu’ils le font avec cœur, avec conviction, avec compétence. Mais quand à la fin de la Messe, avant la procession finale, un membre de l’équipe venait expliquer pourquoi un bouquet avait été composé de telle ou telle façon ou le choix des couleurs, nous pouvons nous poser la question : à travers cette intervention, est-ce vraiment Dieu qui est honoré ou mis à la première place, ou bien est-ce le travail de Ses serviteurs qui est mis en valeur… pour un travail certes de qualité mais éphémère ? « Qui s’élève sera abaissé mais qui s’abaisse sera élevé » nous dit Jésus. La seule vraie gloire, le récompense ultime sera celle que nous prodiguera notre Roi lors de notre tête-à-tête avec Lui : « Bon serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »
Ciric/P.RAZZO
Le plus beau des services, c’est le service de l’Eucharistie car c’est Jésus que nous servons en direct. En cette fête du Saint-Sacrement, demandons de le faire avec soin mais aussi avec abnégation. Tous ici, prêtre, enfants de chœur, animateur, lecteurs, fidèles, nous servons Jésus-Eucharistie de notre mieux, par nos gestes, notre engagement, notre prière, mettant au service de Dieu et de la communauté nos charismes, nos dons, nos capacités. Remercions Dieu de nous avoir donné tel ou tel talent mais n’en tirons aucune vaine gloire. C’est Lui que nous servons, c’est Lui que nous voulons honorer, c’est sur Lui que la lumière doit se poser, par sur nous ! Nous sommes des « serviteurs quelconques » nous rappelle notre Seigneur mais notre gloire est justement de Le servir et de Le servir de notre mieux !
Merci à tous ceux qui servent en paroisse de tout leur cœur ! Continuons à le faire par pur amour, avec le désir que l’amour pour Jésus grandisse et que nous nous diminuions, nous nous effacions derrière la mission que nous accomplissons de notre mieux. C’est ainsi que le Seigneur sera le plus honoré et le mieux servi. Amen.

Publié dans Homélie

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