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11 juillet : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un simple bâton de marche...
...vraiment !?
 
Frères et sœurs bien aimés, alors que les vacances ont commencé pour les plus jeunes et pour certains parmi nous, voici des lectures qui viennent nous secouer de la torpeur estivale –même s’il faut reconnaître que la météo actuelle nous fait plus penser à la Toussaint qu’au mois de juillet.
 
Voici d’abord le prophète Amos. Disons-le franchement : il n’est pas à la fête ce matin. Il se fait proprement virer, chasser, évacuer : « Va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda. Là-bas, tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. » En gros –mais vous reconnaîtrez là une traduction propre à votre curé : « Disparais, dégage, fiche le camp : va raconter tes salades ailleurs ! » Et celui qui le met à la porte, qui le somme de prendre ses cliques et ses claques, ce n’est rien de moins qu’Amazias, le grand-prêtre du sanctuaire de Béthel, un représentant de l’autorité. Et notre pauvre Amos de protester, de tenter de se justifier devant ce grand ponte qui lui indique la sortie : « Attention, il y a erreur sur la marchandise : je ne suis pas prophète, ce n’est pas mon job ! Le Seigneur m’a appelé et moi j’ai répondu, c’est tout… » Eh oui, le Seigneur appelle qui Il veut à son service. Il appelle Amos qui s’occupait de ses bœufs et de ses sycomores, il vous appelle vous, il m’appelle moi, bref tous ceux qui sont disponibles. Et parfois, ça foire, ça ne marche pas... Amos en a fait les frais... mais, rappelez-vous le passage d'Evangile de dimanche dernier : Jésus aussi...
 
Deuxième couche avec l’Evangile : nous faisons un sacré bond dans le temps, puisque nous passons du VIIIème siècle avant Jésus-Christ –l’époque à laquelle a vécu Amos, notre prophète malgré lui- au tout début du Ier siècle, au moment où Notre Seigneur envoie Ses apôtres en mission. Les parents qui envoient leurs enfants en colonies de vacances ou en camp scout doivent un peu halluciner en voyant la liste des affaires à prendre… ou plutôt à ne pas prendre. Là où un directeur de camp, dûment breveté BAFA et BAFD, ou une cheftaine d’unité zélée recommande d’apporter des tongs pour la douche, trois t-shirts de rechange, voire deux pyjamas, le Seigneur Jésus, Lui, est pour le moins minimaliste : un bâton… e basta ! J’imagine la mère de famille qui prépare le sac de voyage de son fils ou de sa petite louvette qui part en camp, quelque peu décontenancée : « Ce n’est pas possible : il y a un bug, un oubli : ils n’ont pas tout imprimé ! Je ne vais pas te laisser partir seulement avec un bâton de marche ! Je vais les appeler : tu vas voir, ça va s’arranger ! »
2 pantalons, 2 bermudas, 1 maillot de bain, 2 pyjamas : parés pour 3 semaines de colo !
 
Sauf que là, il ne s’agit pas de colonies de vacances pour les Douze, mais d’un départ en mission : ils sont chargés de préparer la venue de Jésus dans les villages et les contrées. Et c’est bien Lui qu’ils annoncent. Ils vont réaliser, grâce à la force, à la puissance que Jésus leur accorde, des miracles, des actions éclatantes : notamment chasser les esprits impurs –et nous savons que cela va marcher au-delà de toute espérance puisqu’à leur retour, saint Luc précise que Jésus leur déclarera : « je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. » C’est donc le Seigneur qui donne les règles du jeu : « deux par deux », « les sandales » aux pieds, une « tunique » sur le dos et « un bâton » en main. Le reste, visiblement, c’est du superflu… Pourquoi un « bâton », et pas une couverture, ou un sac, ou un pique-nique ? Retournons dans le passé, mais bien, bien avant notre Amos de tout à l’heure, cette fois au XIIIème siècle avant la naissance du Sauveur. Nous voici avec Moïse. Vous me voyez venir, n’est-ce pas !? C’est un bâton que le patriarche étend sur la Mer rouge, le même bâton qui témoigne de la toute-puissance de Dieu : « Quant à ce bâton, prends-le en main ! C’est par lui que tu accompliras les signes. » [Ex 4, 17] C’est ce bâton, brandi par Aaron, qui s’est transformé en serpent devant Pharaon et ses magiciens païens [Ex 7, 9-12] puis qui a transformé l’eau du Nil en sang [Ex 7, 15-20] : allez relire le chapitre 7 du Livre de l’Exode ! Et si vous continuez la lecture, vous verrez que c’est par la force qui émane de son bâton que Moïse enchaîne les différentes plaies d’Egypte. Et c’est encore lui qu’il tiendra en main lors du combat contre les Amalécites [Ex 17, 9] ou pour frapper le rocher d’où jaillira l’eau qui pourra désaltérer le peuple assoiffé [Nb 20, 8-11].
 
Le bâton que les apôtres tiennent fermement en main, ce bâton explicitement recommandé par Jésus pour cette mission, c’est Son autorité, Sa force, Sa puissance. C’est le bâton, la crosse sur laquelle s’appuient nos évêques : leur force, leur autorité, c’est le Christ dont ils tiennent leur mission. Et moi, comme prêtre, quand je bénis, quand je trace un signe de croix sur une statue, quand j’absous les péchés d’un pénitent qui se confesse, quand, à la Messe, je consacre le pain et le vin qui deviennent vraiment le Corps et le Sang de Jésus, c’est par la force de Dieu que j’agis. C’est bien Lui qui est à l’œuvre à travers mes paroles et mes gestes. Le missionnaire s’appuie sur la force de Dieu, il sa fait instrument entre les mains du Tout-Puissant. Depuis mon ordination, je suis envoyé en mission, aujourd’hui en Nord-Sarthe, demain auprès de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Le Seigneur ne s’appuie pas sur mes mérites, sur mes qualités. Certes, Il S’en sert, mais c’est bien Lui qui agit, qui est à l’œuvre.
 
Mes frères, il en est de même pour vous : tout chrétien engagé, qui vit véritablement de sa foi, qui, concrètement, vient à la Messe tous les dimanches, est un missionnaire, un témoin du Christ ressuscité. Arrêtons de dire : « Moi, je ne suis pas capable d’évangéliser, d’annoncer Jésus, Fils de Dieu. » Sans doute que c’est vrai, que c’est exact. Sauf qu’il suffit de laisser agir Jésus en nous, à travers nous. Et ça, ça change tout ! « Ma force agit dans ta faiblesse » avons-nous entendu la semaine dernière. Alors, continuons à nous reconnaître tout-petits, faibles, pas vraiment fortiches. Pas question de nous complaire dans nos limites mais soyons tout simplement lucides : le Seigneur travaille à travers nous et rien que ça, c’est un motif de joie, d’action de grâce !
Corinne SIMON/CIRIC
Bon été mes frères, au service du Seigneur, en Le laissant déployer Sa toute-puissance à travers nous. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir : peut-être que nous, si nous acceptons d’être instruments entre les mains de Dieu, nous serons évangélisateurs, témoins du Christ sans le savoir… jusqu’au jour où nous le découvrirons lors de la grande Rencontre au Ciel…

Publié dans Homélie

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13 juin : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Venez vous reposer à l'ombre du grand arbre !
 
Chers enfants qui vivez votre première Communion ce dimanche, merci, parce que, votre présence et votre engagement ce matin, vous montrez que l’arbre dont il était question dans les lectures de ce dimanche continue à grandir, à pousser. Aujourd’hui, le Seigneur vient vous visiter et s’installer en vous par la communion. Cette hostie consacrée, c’est Jésus Lui-Même et communier, c’est Le recevoir en vous. Huit enfants vont accueillir en eux leur Sauveur et vont repartir chez eux avec Jésus caché en leur âme. Chers paroissiens, chers parents, avons-nous bien conscience que grâce à ces nouvelles communions, notre communauté va être plus forte, plus vigoureuse ? Chaque fidèle qui communie avec cœur, avec foi, avec conviction reçoit véritablement son Seigneur en personne au plus profond de son être et, évidemment, celui qui s’est préparé à cette Rencontre en reçoit force et vigueur. Quand le Seigneur arrive dans une âme, Il y entre avec Son amour, Sa paix, Son courage : chacun reçoit ce dont il a besoin.
Et ce matin, huit d’entre nous vont recevoir cette force, cette présence. Huit fidèles de plus qui à la fin de la Messe vont repartir qui à Chérisay, à Saint-Aubin, à Bourg-le-Roi, à Ancinnes, à Champfleur et ailleurs et y porter le Christ caché au fond de leur âme ! Certains haussent peut-être un sourcil dubitatif : « Holà, il s’enflamme notre curé, là ! Sérieusement, en quoi la première Communion de huit jeunes enfants va changer la donne ? » C’est là, frères et sœurs bien aimés, qu’il faut poser un acte de foi. Si cette Communion –celle des enfants pour la première fois aujourd’hui et prémice de toutes celles qui suivront, ou la nôtre pour la 500ème fois peut-être !– ne change pas quelque chose en nous, si nous ne croyons pas que la célébration de cette Messe peut nous transformer, excusez-moi mais nous pouvons crier « au feu ! » Là, il y a danger ! Le grand arbre de l’Eglise, ou la petite graine de moutarde de ma foi, a besoin pour croître, pour grandir, des sacrements. Et parmi les sept sacrements, le premier, le plus important, celui qui est source et sommet de tous les autres, c’est l’Eucharistie. Jésus, ce matin, vient visiter cette église, Jésus vient rencontrer notre communauté et, de façon ultime, Il vient non seulement visiter chacun d’entre nous mais, même plus, S’installer en nous. Cette présence est destinée à donner du fruit comme le grain planté en terre « germe et grandit. »
Est-ce que j’ai bien conscience que cette Messe, cette communion va changer quelque chose en moi ? Chers parents, je vais faire un peu de rentre-dedans mais c’est dit avec toute ma conviction de prêtre qui vit de sa foi et veut partager ce grand bonheur qui ne demande qu’à se donner ! Votre enfant ne fait pas sa première Communion, et encore moins sa « petite communion » ou « sa communion privée » –s’il vous plaît, bannissez ces expressions-là de votre vocabulaire– parce que c’est l’habitude, la tradition ou parce que ça fait partie de la dynamique du caté. Votre enfant vit sa première Communion aujourd’hui d’abord parce que Jésus a le désir de venir en lui. Parce que c’est Jésus qui est notre vie et se nourrir de Sa vie, de Sa présence, c’est le gage de grandir dans la foi. L’arbre grandit, la graine de moutarde pousse et se développe parce qu’ils reçoivent ce dont ils ont besoin. Aujourd’hui, à travers la Communion, votre enfant rencontre Jésus de la façon la plus intime qui soit.
Mais ce n’est pas Jésus qui fait tout, ou pour être plus précis, Il veut Se servir de vous à qui Il a confié ces enfants. Pour grandir, pour croître, la petite graine, le germe a besoin d’un terreau nourricier –c’est la vie de famille par exemple où la charité se développe, où le sens du service et l’attention aux autres se déploient– de chaleur et de lumière –c’est la prière qui assouplit notre âme– et d’eau. L’eau, symbole de vie, c’est la Communion régulière, hebdomadaire. L’eau est indispensable à toute vie –sans eau, la vie ne peut pas se développer. La Messe dominicale, qui est cette rencontre intime avec le Seigneur avec mes frères autour de moi, est indispensable à la vie chrétienne. En fait, la Messe du dimanche, c’est le point culminant de la semaine, « le grand cèdre » planté au sommet de « la montagne très élevée » de la première lecture. Toute la semaine, nous grimpons la montagne –ce sont nos efforts, notre travail, notre attention aux autres, la prière seul ou en famille, les petits services de tous les jours, les menus sacrifices et parfois grands renoncements, les déceptions et les joies. C’est tantôt exaltant et tantôt fatigant… éreintant même ! Certaines familles portent si lourd parfoi... Mais quand nous sommes arrivés au sommet, nous sommes comme les petits oiseaux qui s’abritent « à l’ombre des branches » du grand cèdre, nous nous posons devant Dieu et nous rechargeons nos batteries auprès de Lui parce que demain une nouvelle journée, une nouvelle semaine commencent.
Chers enfants, chers parents, chers paroissiens, venez reprendre des forces auprès du Seigneur, dans la rencontre personnelle que vous vivez avec Lui dans la prière et dans la rencontre communautaire de la Messe, à cinq ou six ou quinze en semaine ou avec tous ceux qui viennent le dimanche. C’est ainsi que nous mettrons en application ce beau programme que nous présente le psalmiste : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. » C’est ce bonheur-là que je vous souhaite. Amen.

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6 juin : Homélie pour la Fête-Dieu

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Dieu premier servi !

 

Frères et sœur bien-aimés, dimanche dernier, à l’occasion de la première Communion, ici à Fresnay, de dix enfants de nos paroisses, j’ai eu l’occasion de rappeler que le plus important à la Messe, c’était Jésus. Tout ce que nous développons autour pour la beauté de la liturgie, même si c’est important, cela reste accessoire ou en tout cas au service du Roi des rois. Pour ceux qui étaient peut-être à la Messe ailleurs ou qui étaient venus à la Messe anticipée à Rouessé-Fontaine, vous trouverez l’homélie en cliquant ICI.
En ce dimanche où l’Eglise fête solennellement le Saint-Sacrement du Corps et du Sang de Jésus, cela me donne l’occasion de continuer à approfondir avec vous ce sujet de l’Eucharistie. Pour nous, catholiques, c’est un thème central, primordial : nous croyons et nous affirmons qu’à la Messe, le Seigneur Jésus est véritablement présent dans le pain et le vin consacrés. C’est ce qu’Il a dit le soir de la dernière Cène célébrée avec Ses apôtres : « Prenez, ceci est Mon Corps. Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » Telle est la foi de l’Eglise catholiques, des véritables disciples du Seigneur Jésus : que cette petite hostie, c’est le Corps de Notre Seigneur et que le vin dans le calice devient Son Sang très précieux.
C’est pour cela que les catholiques multiplient les actes d’adoration, de vénération à la Messe. Sauf que nous ne sommes pas forcément de grands spirituels et notre façon à nous de rendre gloire à Dieu, c’est par nos gestes, notre action, notre attitude. A défaut d’aimer Dieu de « tout notre cœur, de toute notre esprit, de toute notre force », de toute notre âme, nous Lui rendons hommage avec nos mains, avec notre bouche. regardez dans le passage d'Evangile que nous venons d'entendre, les apôtres ont de multiples tâches pratiques à accomplir avant le repas de Pessah. Et pour nous, vous voulez du concret ? La propreté de l’église, la bonne odeur des bancs cirés, les bouquets de fleurs apprêtés avec soin –ça, tout le monde peut le constater et apprécier– mais aussi les linges d’autel bien propres, bien nets, repassés de frais. Là, souvent, il n’y a que le prêtre à s’en rendre compte mais, intérieurement, il rend grâce pour ceux qui se dévouent, humblement, sans bruit, dans ces petites tâches astreignantes mais qui rendent gloire à Dieu.
Il y a aussi la préparation de la liturgie, parfois bien en amont : des paroissiens se réunissent pour prier ensemble et choisir des chants qui accompagneront le mieux les textes du dimanche. Ils le font pour aider les fidèles à tourner davantage leur cœur et leur âme vers le Ciel –car c’est bien cela le rôle de la Messe : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû, Lui qui S’est offert en sacrifice par Sa Passion et Sa Croix pour racheter les péchés des hommes. De beaux chants, une pièce d’orgue, de violon, de flûte ou de trompette nous aident à honorer le Dieu trois fois saint qui Se donne à nous dans Sa Parole et dans l’Eucharistie. Cela reste des moyens très humains, limités, mais nous faisons de notre mieux pour magnifier Dieu qui est présent dans nos églises. La seule exigence, c’est que nous le fassions vraiment pour Dieu. C’est Lui qui est le centre de notre liturgie, pas nous ! Tant mieux si la chorale a chanté "divinement" bien, si la pièce d’orgue ou les instruments ont transporté nos âmes au septième ciel, mais souvenons-nous qu’ils ne sont que des moyens pour glorifier Dieu ! Ne manquez pas de remercier et d’encourager les animateurs liturgiques et les musiciens qui les accompagnent -je crois que nous n'imaginons pas la quantité de travail que cela demande...- mais souvenez-vous qu’ils le font pour Dieu et Sa plus grand gloire. D’ailleurs, il arrive parfois qu’il n’y ait pas de chants, pas de musique à la Messe. Dieu n’en est pas moins présent : après la consécration par le prêtre, Jésus est bien là dans les petites hosties blanches du ciboire et Il Se donne de la même façon pour notre sanctification.
Le risque, c’est de dévier, d’oublier le but de notre engagement : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû. Lors de mes vingt années de ministère, j’ai été parfois le témoin attristé, peiné (oserais-je dire scandalisé) de certains de ces abus criants ou moins évidents mais qui ne rendaient plus hommage à Dieu : la décision de faire sauter une des deux lectures qui précèdent l’Evangile, sous prétexte que « c’est trop long » ou que « saint Paul est trop compliqué à comprendre » ou encore de remplacer le psaume par une chansonnette. N’oublions pas qu’il s’agit pourtant de la Parole de Dieu et que le concile Vatican II a souhaité par l’ajout d’une deuxième lecture mettre en valeur cette Parole qui est là pour nous édifier, nous faire grandir. C’est, ici ou là, des équipes qui se permettent de changer les oraisons du missel et d’imposer leurs petites idées au prêtre et à la communauté. Je reconnais qu’il pouvait arriver que, parfois, une oraison était bien trouvée, bien tournée, adaptée à une situation particulière… en revanche, je suis sûr que ce n’était plus la prière de l’Eglise mais celle de tel ou tel auteur plus ou moins inspiré des funestes Fiches de Saint-Brieuc, voire de M. ou Mme Tartemuche. En quel honneur, s’il vous plaît, imposeraient-ils leurs oraisons à eux à toute une communauté qui a le désir d’honorer Dieu comme l’Eglise souhaite le faire à travers les prières du missel ? Dans une paroisse où j’ai servi, j’ai subi ce diktat de certains paroissiens mal inspirés, jusqu’au jour où la préface avait été à son tour transformée : j’ai du prendre mon curé entre quatre yeux et lui demander si la prochaine étape était d’adapter les paroles de la consécration pour qu’elles soient davantage compréhensibles par les fidèles... Evidemment, ce jour-là, je ne me suis pas fait que des amis dans les équipes de liturgie mais, quand il s’agit des choses de Dieu, impossible de rester un chien muet.
Un autre risque, plus insidieux, est celui de mettre en valeur à tout prix le travail des équipes. Que les choses soient bien claires : merci et bravo à ceux qui s’engagent, d’autant plus qu’ils le font avec cœur, avec conviction, avec compétence. Mais quand à la fin de la Messe, avant la procession finale, un membre de l’équipe venait expliquer pourquoi un bouquet avait été composé de telle ou telle façon ou le choix des couleurs, nous pouvons nous poser la question : à travers cette intervention, est-ce vraiment Dieu qui est honoré ou mis à la première place, ou bien est-ce le travail de Ses serviteurs qui est mis en valeur… pour un travail certes de qualité mais éphémère ? « Qui s’élève sera abaissé mais qui s’abaisse sera élevé » nous dit Jésus. La seule vraie gloire, le récompense ultime sera celle que nous prodiguera notre Roi lors de notre tête-à-tête avec Lui : « Bon serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »
Ciric/P.RAZZO
Le plus beau des services, c’est le service de l’Eucharistie car c’est Jésus que nous servons en direct. En cette fête du Saint-Sacrement, demandons de le faire avec soin mais aussi avec abnégation. Tous ici, prêtre, enfants de chœur, animateur, lecteurs, fidèles, nous servons Jésus-Eucharistie de notre mieux, par nos gestes, notre engagement, notre prière, mettant au service de Dieu et de la communauté nos charismes, nos dons, nos capacités. Remercions Dieu de nous avoir donné tel ou tel talent mais n’en tirons aucune vaine gloire. C’est Lui que nous servons, c’est Lui que nous voulons honorer, c’est sur Lui que la lumière doit se poser, par sur nous ! Nous sommes des « serviteurs quelconques » nous rappelle notre Seigneur mais notre gloire est justement de Le servir et de Le servir de notre mieux !
Merci à tous ceux qui servent en paroisse de tout leur cœur ! Continuons à le faire par pur amour, avec le désir que l’amour pour Jésus grandisse et que nous nous diminuions, nous nous effacions derrière la mission que nous accomplissons de notre mieux. C’est ainsi que le Seigneur sera le plus honoré et le mieux servi. Amen.

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30 mai : Homélie pour les premières Communions

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Une nouvelle étape pour les enfants du catéchisme
 
Chers enfants, chers familles, chers paroissiens, ce jour est un jour de joie pour tous ! Pas seulement pour les enfants du catéchisme qui vont communier pour la première fois ce matin mais pour nous tous ! En effet, à l’issue de cette Messe, chacun va s’en retourner chez soi mais, aujourd’hui, dix d’entre nous, dix jeunes paroissiens repartiront avec Jésus niché au fond de leur âme et, toute la semaine, ils vivront de cette Présence de Dieu caché en eux. C’est une joie pour eux, une joie pour nous, mais aussi une joie pour le Ciel : le Dieu trois fois saint est accueilli dans ces petites âmes qui se sont préparés à cette belle et grande rencontre. Il y trouve un nouveau lieu pour Se cacher et rayonner. Chers enfants, depuis votre baptême, Dieu habite votre âme. Mais ce matin, avec cette première communion, Jésus Lui-Même vient en prendre possession. Cette petite hostie, c’est la présence physique de Jésus au milieu de nous et en nos âmes.
Dans la deuxième lecture, nous avons entendu saint Paul qui nous dit que le Saint-Esprit nous aide à prier. Le jour de votre baptême, vous êtes devenus fils et fille de Dieu. A la maison, touts petits enfants, vous avez appris petit à petit à parler à vos parents. Pour être précis, ce sont eux qui vous ont parlé en premier et, à votre tour, vous avez commencé à babiller puis à prononcer des mots distincts et enfin à formuler des phrases. C’est la même chose avec Dieu, notre Père du Ciel : Il nous parle depuis longtemps avec des mots très beaux, très doux : « Tu es précieux pour moi ! Je t’aime ; tu as du prix à Mes yeux. J’ai donné ma vie pour toi. Tu es Mon enfant bien aimé. » A votre tour, grâce à vos parents, parfois à vos grands-parents, grâce aux catéchistes, vous avez appris à parler à Dieu, par des paroles, par des chants, par des petits refrains : c’est cela la prière. Aujourd’hui, c’est une nouvelle étape pour vous : vous avez le désir d’accueillir Jésus présent dans la petite hostie. En communiant, vous recevez véritablement Jésus en vous puisqu’Il a dit à Ses apôtres, lors du dernier repas partagé avec eux au cénacle en montrant le pain : « Ceci est Mon Corps. » Et depuis, à chaque fois qu’un prêtre prononce les mêmes paroles de Jésus, la petite hostie de pain devient le Corps, c’est-à-dire la personne de Jésus et c’est bien Lui que vous allez recevoir au moment de la sainte Communion.
Vous comprenez mieux pourquoi les amis de Jésus viennent à la Messe : pour y retrouver Jésus. Quand j’ai un ami, j’ai plaisir à le retrouver, à passer du temps avec lui, à parler avec lui. Avec Jésus, c’est encore plus fort : Il me donne Sa force, Sa présence. Il Se donne à moi dans Sa Parole et plus encore dans la communion : c’est Lui en personne qui descend en moi.
Vous comprenez mieux aussi pourquoi nous déployons un tel soin autour de Jésus, dans la liturgie de la Messe : la propreté de l’église, la préparation et l’animation des chants, la décoration florale, le service de Messe par les enfants de chœur, les musiciens quand nous avons la chance d’en avoir, mais aussi de beaux vases sacrés (vous avez appris mercredi leur nom : le calice, la patène, le ciboire), des linges d’autel bien propres et repassés, des ornements qui soient dignes. Et puis tous ces gestes aussi : les mains jointes, ce n’est pas seulement pour être beaux sur les photos, c’est une attitude de respect, de prière. Quand je suis à l’église, je suis là 100% pour Jésus. Le fait de se mettre à genoux au moment de la consécration aussi : Jésus, mon Roi, est présent, je Le salue, je L’honore comme Il le mérite. Regardez comment font les enfants de chœur : ils sont un beau modèle pour vous et pour les paroissiens.
En fait, à la Messe, c’est tout pour Jésus. Tout ce que je viens de décrire, c’est pour Jésus parce qu’Il est notre Roi, notre Dieu. Vous allez Le recevoir ce matin, dans la sainte Communion, moment tant attendu et préparé. Tout au long de la semaine, vivez de cette Rencontre : que Jésus illumine votre âme d’enfant –et les nôtres aussi, chers paroissiens ! Retrouvez-Le souvent dans la prière, dans les petits services –avec le sourire surtout quand c’est un peu pénible ou répétitif, quand j'ai l'impression que c'est toujours sur moi que ça tombe pendant que mon frère se tourne les pouces– dans l’obéissance et le travail bien accompli et dimanche prochain, courrez pour Le retrouver dans Sa Parole et dans l’Eucharistie. Chers parents, aidez vos enfants à être véritablement « fils et filles de Dieu » comme le disait saint Paul, donnez-leur la possibilité de rencontrer Jésus à la Messe. Pour beaucoup d’entre eux, notamment ceux qui n'habitent pas dans les villages où est célébrée la Messe, cela ne peut pas se faire sans vous. Vous êtes fiers d’eux ce matin –à juste titre ! Soyez-le encore dimanche prochain et celui d’après jusqu’au moment où ils pourront prendre leur autonomie et venir d’eux-mêmes et retrouver à la Messe celui qui a donné Sa vie par amour pour nous.

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29 mai : Homélie de la Messe anticipée

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Quelle chance nous avons d'être les disciples d'un tel Dieu !
 
Chers paroissiens, pourquoi venez-vous à la Messe ? Pourquoi êtes-vous si fidèles, dimanche après dimanche ? Vous répondrez peut-être : « Parce que j’ai besoin de ce temps avec Dieu chaque semaine, une heure avec mes frères et sœurs dans la foi, pour faire le point, une heure pour chanter, pour écouter la Parole de Dieu et me nourrir de l’Eucharistie ! » Ce serait une excellente réponse : une heure avec Dieu et pour Dieu. C’est vrai que notre Dieu reste un mystère, un mystère à approfondir, à creuser –et plus nous progresserons dans la foi et dans la connaissance de Dieu, plus nous nous rendrons compte que nous ne savons rien. Et en même temps, notre Dieu veut Se laisser trouver, veut Se faire connaître. Dans la première lecture, c’est Moïse qui affirme qu’il a entendu « la voix de Dieu parlant du milieu du feu ». Mais avant lui déjà, Dieu S’était adressé à Adam et Eve, à Caïn, à Noé, à Abraham. Il a parlé à Isaac et Jacob. Et Moïse le rappelle : c’est Dieu qui a pris l’initiative, dans le buisson ardent, de parler à Moïse et de lui donner la mission de libérer le peuple élu opprimé en Egypte. Alors que Dieu semblait avoir abandonné Son peuple… Alors que le Dieu trois fois saint donnait l’impression de Se désintéresser du sort des hommes, les laissant dans leur misère.
Pas du tout ! Notre Dieu est un Dieu qui communique avec les hommes, qui les aide à choisir le bon chemin, qui les incite, qui les invite –sans les obliger– à se tourner vers le Bien et à refuser le Mal par une attitude juste et bonne. Moïse constate que Dieu a tenu Sa promesse : oui, Il a délivré le peuple hébreu de l’esclavage ! Oui, Il les a délivrés des ennemis ! Oui, Il leur a donné la terre promise ! D’où ce cri du cœur de la part du patriarche, cette proclamation de foi : « c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. »
Ce soir, nous fêtons la sainte Trinité, le Dieu trois fois saint, Père, Fils et Saint-Esprit. Notre Dieu unique Se manifeste, Se fait connaitre des hommes par différents aspects.
  • D’abord comme créateur, à partir de rien, à partir du néant. Il part du « tohu-bohu » pour reprendre l’expression du Livre de la Genèse, pour créer ce monde qui est beau. Et ce monde qui est beau, Il le donne à l’homme en lui demandant d’en être le maitre, d’en prendre soin et d’en tirer tous les bons fruits. Première manifestation de Dieu : la création de l’univers qui nous est donné comme un cadeau. Vous savez que l’homme, pour son malheur, s’est rebellé contre Dieu : par orgueil, il s’est cru au même niveau que Dieu –« vous serez comme des dieux » lui a susurré le démon à l’oreille.
  • Donc Dieu est venu sur terre en Jésus, Dieu fait homme. Jésus est pleinement Dieu : Ses miracles le montrent, le prouvent, avec, au sommet de ceux-ci, Sa résurrection d’entre les morts. Visiblement, cette résurrection, cela a été un gros morceaux à avaler : l’évangéliste saint Matthieu écrit dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre que « certains [apôtres] eurent des doutes » alors qu’au moment qu’il décrit, nous sommes quarante jours après la Pâques, juste avant l’Ascension du Seigneur au Ciel. Saint Thomas déjà s’était fait remarquer en voulant des preuves physiques de la résurrection. Il sera le premier à proclamer, à genoux devant Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Oui, Jésus est vrai Dieu et vrai homme, Dieu fait homme pour nous sauver !
  • Et le Saint-Esprit alors ? Il est la promesse que Jésus a faite aux apôtres. Et nous savons que Dieu tient toujours Ses engagements : c’est le cri du cœur de Moïse d’il y a quelques instants. Jésus a assuré Ses apôtres de ne pas les abandonner, de ne pas les laisser seuls et démunis face à l’immense mission qui les attend. Vous avez entendu comme moi : « De toutes les nations faites des disciples : apprenez-leur à observer tout ce que Je vous ai commandé. » Rien que ça… Evidemment, cela laisse songeur, en tous cas, si nous nous fondons sur nos simples forces humaines… Les apôtres n’ont pas bien compris ce qu’il les attendait : un « défenseur », un « paraclet », un « avocat »… Pas très précis tout cela ! Jusqu’au moment où le Saint-Esprit a débarqué à l’improviste dans le cénacle fermé à triple tour. Le plus fort, le plus miraculeux n’est pas tant d’avoir réussi à entrer dans la pièce où étaient enfermés les apôtres –dois-je vous rappeler que « rien n’est impossible à Dieu » ?– mais de leur avoir donné le courage de sortir pour témoigner que le Christ est ressuscité. Une fois que les apôtres ont montré leur disponibilité, Dieu, dans le Saint-Esprit, peut manifester Sa puissance infinie : le don des langues d’abord puis cette ténacité, ce courage, cette allant étonnants, inimaginables il y a peu. Ils vont aller jusqu’au bout de la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle, ne craignant ni les menaces, ni les tribunaux, se riant de la prison et des mauvais traitements et offrant leur vie sans crainte, sûrs que la récompense suprême les attend de l’autre côté de la mort.
Le voici notre Dieu : un Dieu qui veut Se faire connaître, qui Se donne Lui-Même pour le salut des hommes et qui les accompagnent de Sa présence discrète, bienveillante et ô combien efficace. C’est ce Dieu là que nous invoquons, à chaque fois que nous traçons sur nous le signe de la croix en disant « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Heureux sommes-nous d’êtres les serviteurs et les amis d’un tel Dieu !
Illustrations de Joëlle d'Abbadie

Publié dans Homélie

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