En ce 4ème dimanche de Carême, nous poursuivons l’Opération « Carême 2026 : Soutien aux Chrétiens d’Orient », en lien avec l’association « Fraternité chrétienne Sarthe Orient » (FCSO).
De tout le Moyen-Orient parviennent des nouvelles qui suscitent la consternation et le désarroi devant notre impuissance.
Au Liban en particulier, qui connaissait une situation déjà fragile à plusieurs égards, on compte sans doute 800 000 déplacés du fait des bombardements, soit 15 % de la population du pays.
Écoutons le témoignage de Mère Joumana, Supérieure du couvent de Notre-Dame du Bon Service, dans la Plaine de la Beeka : « Nous recevons actuellement des familles déplacées, réfugiées, que nous accueillons dans notre foyer. Leur situation est très difficile et elles ont besoin d’aide pour tout ce qui est essentiel. » Parmi les différents projets d'aide au Liban portés par la Fraternité Chrétienne Sarthe Orient, nous proposons de soutenir celui de l'Orphelinat et de l'Ecole dirigés par Mère Joumana.
L’orphelinat et l’école de Jabbouleh : un havre d’espoir au Liban
Depuis 1954, cet orphelinat accueille gratuitement une centaine d’enfants défavorisés, orphelins ou issus de familles en grande difficulté. Leur mission ? Offrir un foyer, une éducation et un avenir à ces enfants, malgré les crises qui secouent le Liban.
Un refuge et une école pour grandir L’orphelinat recrée un cadre familial pour les enfants sans parents, tout en les aidant à surmonter les traumatismes et à vivre ensemble, au-delà des divisions religieuses ou des tensions régionales. L’école, quant à elle, scolarise les enfants de la maternelle au brevet, en insistant sur l’hygiène, le respect mutuel et l’accès gratuit à l’éducation.
Des dons qui changent tout
Grâce à des soutiens comme celui de la Fraternité Chrétienne Sarthe Orient, l’orphelinat et l’école peuvent poursuivre leurs missions. En 2023, un don de 5 000 € a permis d’acheter des fournitures scolaires pour l'école et de la nourriture pour l'orphelinat. En 2024, face aux bombardements, l’école est devenue un refuge pour de nombreuses familles désemparées, ce qui est à nouveau le cas aujourd’hui. Mère Joumana souligne dans ses lettres que chaque aide est une « grâce » et une « force » pour persévérer, malgré l’incertitude politique et économique.
Un message d’espérance
En 2025, elle écrit : « Nous avons choisi l’espérance. » Malgré les épreuves, l’équipe éducative multiplie les activités pour offrir aux enfants, je cite : « un souffle de vie, de beauté et de lumière ». Leur engagement est un appel à la solidarité : chaque don permet de maintenir ce lieu de paix et d’éducation, essentiel pour l’avenir de ces enfants.
Vous pouvez soutenir ce projet en faisant un don à la sortie de la messe de dimanche prochain (10h30, en l'église de Fresnay), ou bien en cliquant sur ce lien.
La prochaine messe des familles aura lieu ce dimanche, 15 mars, à 10h30, en l'église de Fresnay. Ce sera également la troisième étape de préparation à la première communion pour les enfants, et la troisième étape de préparation au baptême des enfants en âge de scolarité.
"Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois."
En ce 3ème dimanche de Carême, nous poursuivons l’Opération « Carême 2026 : Soutien aux Chrétiens d’Orient ».
Il y a deux semaines, l’association « Fraternité chrétienne Sarthe Orient » (FCSO) nous avait présenté les actions de soutiens financier et spirituel qu’elle développe depuis 2012 au profit de communautés chrétiennes au Liban et en Syrie.
L’actualité internationale s’est dramatiquement emballée au Moyen-Orient depuis les bombardements engagés le 28 février par les États-Unis et Israël en Iran, suivis des ripostes de l’Iran. Au Liban en particulier, cette escalade aggrave une situation déjà fragile à plusieurs égards, mettant en difficulté toute la population et en particulier les communautés chrétiennes.
Avant de vous présenter dimanche prochain un projet de l’association FCSO que notre Ensemble paroissial propose de soutenir au Liban, je vous dis aujourd’hui quelques mots sur ce pays. Le Liban constitue un fort point d’ancrage des chrétiens au Moyen-Orient, depuis les premiers siècles du christianisme et aujourd’hui encore. Par leur rôle et le message de paix qu’ils délivrent, relayé et encouragé par le Pape Léon XIV lors de sa récente visite, les chrétiens du Liban représentent un enjeu en termes de paix dans tout le Moyen-Orient.
1. Les chrétiens représentent un pilier historique du Liban
Le pays a longtemps été un refuge pour diverses communautés chrétiennes du Moyen-Orient, notamment les Maronites, majoritaires parmi les chrétiens.
Saint Maron (350-410)
L'Église Maronite :
Rite de langue syriaque et arabe.
C'est la communauté chrétienne majoritaire au Liban. Fondée par les disciples de saint Maron (ou Maroun), prêtre ermite qui a vécu dans le nord de la Syrie dans la 2e moitié du IVe siècle. Le premier patriarche de l'Église maronite est saint Jean Maron (mort en 707). Au IXe siècle, les chrétiens maronites sont chassé de Syrie par des persécution et se réfugient dans la région du Liban. La particularité de l'Église maronite est qu'elle est unie à Rome depuis sa fondation, contrairement aux autres Église catholiques d'Orient.
Saint Jean Maron (+707)
L'Église grecque-catholique Melkite :
Chrétiens de rite byzantin (langue grecque). En 451, les chrétiens de rite byzantin adhèrent aux conclusions du concile de Chalcédoine et rejettent le monophysisme (hérésie qui professe que le Christ a une seule nature divine, mais pas de nature humaine). En cela, ils soutiennent l'empereur Marcien et reçoivent le sobriquet de « royalistes » (« malkâyâ », en syriaque). En 1724, une partie de l'Église melkite s'unie à l'église catholique, donnant ainsi naissance à l'Église grecque-catholique melkite.
L'Église catholique arménienne :
Rite de langue arménienne, unie à Rome depuis 1740.
L'Église catholique syriaque :
Église qui relève du patriarcat antique d'Antioche. Une première tentative d'union de l'Église syriaque à Rome remonte au concile de Florence (1439), mais est restée sans landemain. La naissance de l'Église catholique syriaque est liée à l'archevêque syriaque d'Alep Michel Jarweh, qui s'est converti au catholicisme. En 1782, il est élu patriarche d'Antioche et rend publique sa conversion au catholicisme, ce qui aboutira à la scission entre l'Église orthodoxe syriaque et l'Église catholique syriaque (unie à Rome en 1783).
L'Église catholique Chaldéenne :
Apparue avec l'élection de Yohannan Soulaqa comme patriarche de Mossoul en 1552, elle regroupe les chrétiens catholiques d'Assyrie. Une petite communauté est présente au Liban.
Outres les Église catholique orientales, sont aussi présentent les Églises de la communion orthodoxe : Église apostolique arménienne, Église syriaque orthodoxe et Église copte orthodoxe.
2. Un système politique fondé sur l’équilibre confessionnel
Les confessions religieuses au Liban
Le Liban présente la particularité d’avoir organisé un système de partage du pouvoir “confessionnel” entre communautés religieuses.
Règles principales :
• le Président de la République est chrétien maronite,
• le Premier ministre est musulman sunnite,
• le Président du Parlement est musulman chiite.
Ce système découle du Pacte national de 1943, puis des accords de Taëf (1989) qui ont mis fin à la guerre civile.
Aujourd’hui, les chrétiens disposent d’un poids politique institutionnel important, bien que moins dominant qu’avant la guerre civile.
3. Évolution démographique La part des chrétiens dans la population a fortement diminué : de la moitié il y a un siècle au tiers aujourd’hui.
Les causes principales :
• émigration massive depuis la guerre civile (1975-1990),
• crise économique et politique récente,
• taux de natalité plus faible que dans certaines communautés musulmanes.
La diaspora chrétienne libanaise reste aujourd’hui très importante en Europe, en Amérique et en Afrique. On compte ainsi environ 14 millions de chrétiens libanais dans le monde.
4. Rôle culturel et économique
Malgré la baisse démographique, les chrétiens restent influents dans plusieurs domaines :
• éducation : nombreuses universités et écoles privées
• médias et culture
• secteur bancaire et entrepreneurial
• vie intellectuelle et artistique.
Historiquement, ils ont contribué à faire du Liban un pôle et un exemple de pluralisme religieux et culturel apaisé au Moyen-Orient.
5. Défis actuels
Les chrétiens du Liban font face à de graves défis :
1. crise économique profonde depuis 2019
2. instabilité politique et paralysie des institutions
3. émigration des jeunes
4. tensions régionales et polarisation interne.
Cependant, contrairement à d’autres pays de la région, les chrétiens libanais ne sont pas une minorité persécutée : ils restent protégés par le système politique et fortement intégrés dans l’État.
✅ En résumé :
Les chrétiens constituent une composante historique essentielle du Liban. Bien que leur poids démographique ait diminué et qu’ils soient touchés par l’émigration et la crise économique, ils conservent une influence politique, culturelle et institutionnelle importante dans le pays.
Comme chaque dimanche, la vente de savons d’Alep et de CD de musique liturgique orientale vous seront proposés au prix de 5 € à l’issue de la messe, au profit des actions de l’Association FCSO.
Vous pourrez par ailleurs déposer un don - si vous le souhaitez défiscalisé - dans les 3 boîtes prévues à la sortie de l’église, en suivant les indications figurant sur la feuille d’annonces.
Le denier est la participation financière annuelle que chaque catholique est appelé à
verser pour assurer la vie matérielle des prêtres de nos paroisses et le salaire des laïcs en
mission. Avec le denier nous faisons tous vivre l’Église de manière concrète, par exemple : célébrer les sacrements, faire la catéchèse, organiser les camps de jeunes, accueillir tous
ceux qui se présentent à l’Église….
L’Église vit sobrement (le revenu d’un prêtre en activité est de 1 250 € par mois) ; et si la mission de l’Église n’a pas de prix, elle a quand même un coût (entre 25 et 30 000 € par an pour financer le revenu d’un prêtre, sa protection sociale et ses déplacements, mais aussi les salaires des laïcs en mission).
Plusieurs moyens pour donner : avec les enveloppes qui vous seront remises à la fin de la messe, par carte bancaire sur le site du diocèse, par prélèvement.
Chacun est invité à participer librement, selon ses possibilités. Merci par avance !