8 août : Homélie du XIXème dimanche du TO

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Rendons grâce,
nous qui pouvons recevoir le "Pain des forts" !
 
Frères et sœur bien-aimés, il y a quelques semaines, nous avons vu le Seigneur en situation d’échec, de rejet : alors qu’Il enseignait dans la synagogue de Nazareth, chez lui, dans le village où Il a grandi, Ses auditeurs n’ont pas été capables d’accueillir Sa parole. Suspicion, défiance, méfiance. Et Jésus de se désoler de leur manque de foi, au point de partir ailleurs. Chez les Siens, Il ne peut pas réaliser signes et miracles : les cœurs sont trop endurcis, fermé, obtus… alors Jésus S’en va plus loin, là où Son message sera accueilli avec confiance. Il y a là déjà en filigrane une annonce que le peuple juif sera rétif au message de la Bonne Nouvelle et, hormis quelques âmes privilégiées, le Messie, l’Envoyé de Dieu, ne sera pas reconnu…
Ce matin, rebelote ! Après le miracle de la multiplication des pains, alors qu’Il a trouvé les foules assemblées sur la plage à Capharnaüm et qu’Il les enseigne, Jésus ne trouve en face de Lui que grincement de dents, récriminations et incompréhension. Et vous avez noté que ce sont les mêmes arguments qu’à Nazareth qui lui sont opposés : « Il exagère : n’est-Il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien Son père et Sa mère ! Bravo d’avoir réussi à nourrir une telle foule mais là, dans son discours, Il va trop loin. » Son message sur le Pain de vie n’est pas compris, pas accepté. Quelle tristesse ! Quel gâchis !
Maintenant, soyons lucides : le discours sur le Pain de vie est-il accepté aujourd’hui ? Par les païens, ceux qui ne partagent pas la foi, évidemment non ! Quand nous témoignons que la petite hostie consacrée à la Messe, c’est le Corps très saint de Jésus, ils nous regardent au mieux comme de doux dingues, au pire comme de dangereux illuminés. Ce n’est pas très nouveau : les premiers chrétiens étaient considérés comme des anthropophages puisque l’on disait d’eux qu’ils mangeaient la chair d’un homme mort… Pour les membres d’autres religions, le discours sur le Pain de vie est tout simplement incompréhensible : il est sacrilège, impie d’affirmer que l’on puisse manger Dieu. Même chez certains de nos frères chrétiens, le message ne passe pas : les protestants entendent ce passage d’évangile de façon purement symbolique mais quant à la Présence réelle du Seigneur Jésus dans la sainte hostie, c’est une pierre d’achoppement qui risque de nous opposer un bon bout de temps. Et chez les catholiques, ceux qui ont reçu le baptême, qui ont été au caté et qui ont vécu leur première communion, vous pensez que le message de Jésus a été compris, assimilé dans la foi ? Permettez-moi d’en douter. Je le dis sans jugement : mon propos n’est que de l’ordre du constat. Mais ils ne sont pas là : des parents ont demandé le baptême pour leur enfant mais ont oublié dans la foulée leur engagement à lui transmettre la foi ; d’autres disparaissent après la première Communion ou la profession de foi. C’est bien la preuve que, malgré notre bonne volonté et notre désir de transmettre ce trésor de l’Eucharistie, le message n’est pas passé. Les catéchistes, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, ne sont pas soutenus en ce domaine par les parents des enfants. Et si les parents ne sont pas convaincus de cette grâce immense qu’est l’Eucharistie, il sera difficile aux enfants d’en vivre… Enfin, les journaux catholiques ont posé ce bilan terrible qu’après les confinements et autres couvre-feux, plus de 30% des fidèles ont renoncé au fait de venir à l’église. C’est le constat dans nos paroisses, partagé par les confrères avec qui nous abordons le sujet…
Alors, mes frères, merci, un grand merci pour votre présence ce matin en cette église ! Merci pour votre foi, pour votre ténacité, pour votre fidélité. Il y a une expression expressive dans l’Ancien Testament : « le petit reste d’Israël », c’est-à-dire le tout petit groupe des fidèles, le dernier carré des pratiquants, de ceux qui vivent de leur foi au quotidien, chaque jour que le Bon Dieu fait, et qui viennent le dimanche recharger leurs batteries en écoutant en communauté la Parole de Dieu et en recevant avec dévotion le Corps très saint du Seigneur Jésus, « le pain vivant, qui est descendu du Ciel », ce « pain des forts » pour reprendre l’expression du psaume 77 entendu dimanche dernier, ce « pain des forts »  pour nous qui sommes si faibles et qui avons tant besoin de la force de Dieu agissant en nous ! Rendons grâce à Dieu qui nous aide à être cohérents et dans notre foi et dans notre vie et ne manquons pas de continuer à fortifier notre foi à travers la Messe dominicale : elle est notre force, elle est notre vie et elle nous permet d’entrer déjà dans cette vie éternelle que nous appelons de nos vœux !
Bonne préparation à la sainte Communion, chers paroissiens : que Dieu Lui-même, qui Se donne à nous, soit notre force. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Publié dans Homélie

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