29 mai : Homélie de la Messe anticipée

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Quelle chance nous avons d'être les disciples d'un tel Dieu !
 
Chers paroissiens, pourquoi venez-vous à la Messe ? Pourquoi êtes-vous si fidèles, dimanche après dimanche ? Vous répondrez peut-être : « Parce que j’ai besoin de ce temps avec Dieu chaque semaine, une heure avec mes frères et sœurs dans la foi, pour faire le point, une heure pour chanter, pour écouter la Parole de Dieu et me nourrir de l’Eucharistie ! » Ce serait une excellente réponse : une heure avec Dieu et pour Dieu. C’est vrai que notre Dieu reste un mystère, un mystère à approfondir, à creuser –et plus nous progresserons dans la foi et dans la connaissance de Dieu, plus nous nous rendrons compte que nous ne savons rien. Et en même temps, notre Dieu veut Se laisser trouver, veut Se faire connaître. Dans la première lecture, c’est Moïse qui affirme qu’il a entendu « la voix de Dieu parlant du milieu du feu ». Mais avant lui déjà, Dieu S’était adressé à Adam et Eve, à Caïn, à Noé, à Abraham. Il a parlé à Isaac et Jacob. Et Moïse le rappelle : c’est Dieu qui a pris l’initiative, dans le buisson ardent, de parler à Moïse et de lui donner la mission de libérer le peuple élu opprimé en Egypte. Alors que Dieu semblait avoir abandonné Son peuple… Alors que le Dieu trois fois saint donnait l’impression de Se désintéresser du sort des hommes, les laissant dans leur misère.
Pas du tout ! Notre Dieu est un Dieu qui communique avec les hommes, qui les aide à choisir le bon chemin, qui les incite, qui les invite –sans les obliger– à se tourner vers le Bien et à refuser le Mal par une attitude juste et bonne. Moïse constate que Dieu a tenu Sa promesse : oui, Il a délivré le peuple hébreu de l’esclavage ! Oui, Il les a délivrés des ennemis ! Oui, Il leur a donné la terre promise ! D’où ce cri du cœur de la part du patriarche, cette proclamation de foi : « c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. »
Ce soir, nous fêtons la sainte Trinité, le Dieu trois fois saint, Père, Fils et Saint-Esprit. Notre Dieu unique Se manifeste, Se fait connaitre des hommes par différents aspects.
  • D’abord comme créateur, à partir de rien, à partir du néant. Il part du « tohu-bohu » pour reprendre l’expression du Livre de la Genèse, pour créer ce monde qui est beau. Et ce monde qui est beau, Il le donne à l’homme en lui demandant d’en être le maitre, d’en prendre soin et d’en tirer tous les bons fruits. Première manifestation de Dieu : la création de l’univers qui nous est donné comme un cadeau. Vous savez que l’homme, pour son malheur, s’est rebellé contre Dieu : par orgueil, il s’est cru au même niveau que Dieu –« vous serez comme des dieux » lui a susurré le démon à l’oreille.
  • Donc Dieu est venu sur terre en Jésus, Dieu fait homme. Jésus est pleinement Dieu : Ses miracles le montrent, le prouvent, avec, au sommet de ceux-ci, Sa résurrection d’entre les morts. Visiblement, cette résurrection, cela a été un gros morceaux à avaler : l’évangéliste saint Matthieu écrit dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre que « certains [apôtres] eurent des doutes » alors qu’au moment qu’il décrit, nous sommes quarante jours après la Pâques, juste avant l’Ascension du Seigneur au Ciel. Saint Thomas déjà s’était fait remarquer en voulant des preuves physiques de la résurrection. Il sera le premier à proclamer, à genoux devant Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Oui, Jésus est vrai Dieu et vrai homme, Dieu fait homme pour nous sauver !
  • Et le Saint-Esprit alors ? Il est la promesse que Jésus a faite aux apôtres. Et nous savons que Dieu tient toujours Ses engagements : c’est le cri du cœur de Moïse d’il y a quelques instants. Jésus a assuré Ses apôtres de ne pas les abandonner, de ne pas les laisser seuls et démunis face à l’immense mission qui les attend. Vous avez entendu comme moi : « De toutes les nations faites des disciples : apprenez-leur à observer tout ce que Je vous ai commandé. » Rien que ça… Evidemment, cela laisse songeur, en tous cas, si nous nous fondons sur nos simples forces humaines… Les apôtres n’ont pas bien compris ce qu’il les attendait : un « défenseur », un « paraclet », un « avocat »… Pas très précis tout cela ! Jusqu’au moment où le Saint-Esprit a débarqué à l’improviste dans le cénacle fermé à triple tour. Le plus fort, le plus miraculeux n’est pas tant d’avoir réussi à entrer dans la pièce où étaient enfermés les apôtres –dois-je vous rappeler que « rien n’est impossible à Dieu » ?– mais de leur avoir donné le courage de sortir pour témoigner que le Christ est ressuscité. Une fois que les apôtres ont montré leur disponibilité, Dieu, dans le Saint-Esprit, peut manifester Sa puissance infinie : le don des langues d’abord puis cette ténacité, ce courage, cette allant étonnants, inimaginables il y a peu. Ils vont aller jusqu’au bout de la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle, ne craignant ni les menaces, ni les tribunaux, se riant de la prison et des mauvais traitements et offrant leur vie sans crainte, sûrs que la récompense suprême les attend de l’autre côté de la mort.
Le voici notre Dieu : un Dieu qui veut Se faire connaître, qui Se donne Lui-Même pour le salut des hommes et qui les accompagnent de Sa présence discrète, bienveillante et ô combien efficace. C’est ce Dieu là que nous invoquons, à chaque fois que nous traçons sur nous le signe de la croix en disant « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Heureux sommes-nous d’êtres les serviteurs et les amis d’un tel Dieu !
Illustrations de Joëlle d'Abbadie

Publié dans Homélie

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