6 juin : Homélie pour la Fête-Dieu

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Dieu premier servi !

 

Frères et sœur bien-aimés, dimanche dernier, à l’occasion de la première Communion, ici à Fresnay, de dix enfants de nos paroisses, j’ai eu l’occasion de rappeler que le plus important à la Messe, c’était Jésus. Tout ce que nous développons autour pour la beauté de la liturgie, même si c’est important, cela reste accessoire ou en tout cas au service du Roi des rois. Pour ceux qui étaient peut-être à la Messe ailleurs ou qui étaient venus à la Messe anticipée à Rouessé-Fontaine, vous trouverez l’homélie en cliquant ICI.
En ce dimanche où l’Eglise fête solennellement le Saint-Sacrement du Corps et du Sang de Jésus, cela me donne l’occasion de continuer à approfondir avec vous ce sujet de l’Eucharistie. Pour nous, catholiques, c’est un thème central, primordial : nous croyons et nous affirmons qu’à la Messe, le Seigneur Jésus est véritablement présent dans le pain et le vin consacrés. C’est ce qu’Il a dit le soir de la dernière Cène célébrée avec Ses apôtres : « Prenez, ceci est Mon Corps. Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » Telle est la foi de l’Eglise catholiques, des véritables disciples du Seigneur Jésus : que cette petite hostie, c’est le Corps de Notre Seigneur et que le vin dans le calice devient Son Sang très précieux.
C’est pour cela que les catholiques multiplient les actes d’adoration, de vénération à la Messe. Sauf que nous ne sommes pas forcément de grands spirituels et notre façon à nous de rendre gloire à Dieu, c’est par nos gestes, notre action, notre attitude. A défaut d’aimer Dieu de « tout notre cœur, de toute notre esprit, de toute notre force », de toute notre âme, nous Lui rendons hommage avec nos mains, avec notre bouche. regardez dans le passage d'Evangile que nous venons d'entendre, les apôtres ont de multiples tâches pratiques à accomplir avant le repas de Pessah. Et pour nous, vous voulez du concret ? La propreté de l’église, la bonne odeur des bancs cirés, les bouquets de fleurs apprêtés avec soin –ça, tout le monde peut le constater et apprécier– mais aussi les linges d’autel bien propres, bien nets, repassés de frais. Là, souvent, il n’y a que le prêtre à s’en rendre compte mais, intérieurement, il rend grâce pour ceux qui se dévouent, humblement, sans bruit, dans ces petites tâches astreignantes mais qui rendent gloire à Dieu.
Il y a aussi la préparation de la liturgie, parfois bien en amont : des paroissiens se réunissent pour prier ensemble et choisir des chants qui accompagneront le mieux les textes du dimanche. Ils le font pour aider les fidèles à tourner davantage leur cœur et leur âme vers le Ciel –car c’est bien cela le rôle de la Messe : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû, Lui qui S’est offert en sacrifice par Sa Passion et Sa Croix pour racheter les péchés des hommes. De beaux chants, une pièce d’orgue, de violon, de flûte ou de trompette nous aident à honorer le Dieu trois fois saint qui Se donne à nous dans Sa Parole et dans l’Eucharistie. Cela reste des moyens très humains, limités, mais nous faisons de notre mieux pour magnifier Dieu qui est présent dans nos églises. La seule exigence, c’est que nous le fassions vraiment pour Dieu. C’est Lui qui est le centre de notre liturgie, pas nous ! Tant mieux si la chorale a chanté "divinement" bien, si la pièce d’orgue ou les instruments ont transporté nos âmes au septième ciel, mais souvenons-nous qu’ils ne sont que des moyens pour glorifier Dieu ! Ne manquez pas de remercier et d’encourager les animateurs liturgiques et les musiciens qui les accompagnent -je crois que nous n'imaginons pas la quantité de travail que cela demande...- mais souvenez-vous qu’ils le font pour Dieu et Sa plus grand gloire. D’ailleurs, il arrive parfois qu’il n’y ait pas de chants, pas de musique à la Messe. Dieu n’en est pas moins présent : après la consécration par le prêtre, Jésus est bien là dans les petites hosties blanches du ciboire et Il Se donne de la même façon pour notre sanctification.
Le risque, c’est de dévier, d’oublier le but de notre engagement : rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû. Lors de mes vingt années de ministère, j’ai été parfois le témoin attristé, peiné (oserais-je dire scandalisé) de certains de ces abus criants ou moins évidents mais qui ne rendaient plus hommage à Dieu : la décision de faire sauter une des deux lectures qui précèdent l’Evangile, sous prétexte que « c’est trop long » ou que « saint Paul est trop compliqué à comprendre » ou encore de remplacer le psaume par une chansonnette. N’oublions pas qu’il s’agit pourtant de la Parole de Dieu et que le concile Vatican II a souhaité par l’ajout d’une deuxième lecture mettre en valeur cette Parole qui est là pour nous édifier, nous faire grandir. C’est, ici ou là, des équipes qui se permettent de changer les oraisons du missel et d’imposer leurs petites idées au prêtre et à la communauté. Je reconnais qu’il pouvait arriver que, parfois, une oraison était bien trouvée, bien tournée, adaptée à une situation particulière… en revanche, je suis sûr que ce n’était plus la prière de l’Eglise mais celle de tel ou tel auteur plus ou moins inspiré des funestes Fiches de Saint-Brieuc, voire de M. ou Mme Tartemuche. En quel honneur, s’il vous plaît, imposeraient-ils leurs oraisons à eux à toute une communauté qui a le désir d’honorer Dieu comme l’Eglise souhaite le faire à travers les prières du missel ? Dans une paroisse où j’ai servi, j’ai subi ce diktat de certains paroissiens mal inspirés, jusqu’au jour où la préface avait été à son tour transformée : j’ai du prendre mon curé entre quatre yeux et lui demander si la prochaine étape était d’adapter les paroles de la consécration pour qu’elles soient davantage compréhensibles par les fidèles... Evidemment, ce jour-là, je ne me suis pas fait que des amis dans les équipes de liturgie mais, quand il s’agit des choses de Dieu, impossible de rester un chien muet.
Un autre risque, plus insidieux, est celui de mettre en valeur à tout prix le travail des équipes. Que les choses soient bien claires : merci et bravo à ceux qui s’engagent, d’autant plus qu’ils le font avec cœur, avec conviction, avec compétence. Mais quand à la fin de la Messe, avant la procession finale, un membre de l’équipe venait expliquer pourquoi un bouquet avait été composé de telle ou telle façon ou le choix des couleurs, nous pouvons nous poser la question : à travers cette intervention, est-ce vraiment Dieu qui est honoré ou mis à la première place, ou bien est-ce le travail de Ses serviteurs qui est mis en valeur… pour un travail certes de qualité mais éphémère ? « Qui s’élève sera abaissé mais qui s’abaisse sera élevé » nous dit Jésus. La seule vraie gloire, le récompense ultime sera celle que nous prodiguera notre Roi lors de notre tête-à-tête avec Lui : « Bon serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »
Ciric/P.RAZZO
Le plus beau des services, c’est le service de l’Eucharistie car c’est Jésus que nous servons en direct. En cette fête du Saint-Sacrement, demandons de le faire avec soin mais aussi avec abnégation. Tous ici, prêtre, enfants de chœur, animateur, lecteurs, fidèles, nous servons Jésus-Eucharistie de notre mieux, par nos gestes, notre engagement, notre prière, mettant au service de Dieu et de la communauté nos charismes, nos dons, nos capacités. Remercions Dieu de nous avoir donné tel ou tel talent mais n’en tirons aucune vaine gloire. C’est Lui que nous servons, c’est Lui que nous voulons honorer, c’est sur Lui que la lumière doit se poser, par sur nous ! Nous sommes des « serviteurs quelconques » nous rappelle notre Seigneur mais notre gloire est justement de Le servir et de Le servir de notre mieux !
Merci à tous ceux qui servent en paroisse de tout leur cœur ! Continuons à le faire par pur amour, avec le désir que l’amour pour Jésus grandisse et que nous nous diminuions, nous nous effacions derrière la mission que nous accomplissons de notre mieux. C’est ainsi que le Seigneur sera le plus honoré et le mieux servi. Amen.

Publié dans Homélie

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