21 février : L'homélie du premier dimanche de carême

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

A peine partis, déjà arrivés ?
 
Frères et soeurs bien aimés, voici que nous avons pris le départ de notre course mercredi dernier. Nous venons donc à peine de partir, nous sommes encore dans l'échauffement, et pourtant les textes de ce premier dimanche de carême nous donnent l'impression que nous sommes déjà au bout de notre parcours, que les quarante jours de pénitences, de prières et de partage sont accomplis...
 
La première lecture nous fait entendre Dieu qui fait alliance avec Noé à la fin de ce terrible cataclysme qu'a été le déluge. L'épreuve est terminée : les eaux ayant baissé, l'arche s'est posée sur le mont Ararat et Noé a offert un sacrifice d'action de grâce. Dieu agrée ce sacrifice et bénit Noé et sa descendance et Il va même plus loin : Il établit une alliance avec lui, promettant qu'il n'y aura jamais plus de déluge destructeur.
 
L'arc-en-ciel, le signe de l'alliance avec Noé
 
Saint Pierre, dans la deuxième lecture, montre le lien entre le déluge et le baptême, cette eau qui lave, qui purifie du péché originel, qui redonne à l'homme sa dignité perdue par le péché d'Adam et Eve et rendue par la passion de Jésus : "Le Christ a souffert pour les péchés, Lui le juste pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu". L'allusion "aux esprits qui étaient captivité" à qui Jésus est "parti proclamer Son message" est un renvoi au samedi saint -le jour du grand silence- lorsque Notre Seigneur, qui a racheté tous les péchés des hommes sur la croix, "est descendu aux enfers" comme nous le proclamons dans le Credo, rechercher les âmes de tous les fidèles défunts qui ne pouvaient accéder au paradis fermé par le péché d'Adam et Eve : Il leur a ouvert le Ciel et va les chercher pour qu'ils puissent y entrer.
 
Bref, nous sommes le premier dimanche de carême et la liturgie nous propulse déjà au samedi saint et au dimanche de Pâques. C'est un peu le grand écart, non ?
Vous l'avez bien compris : c'est plus facile de courir, de se fatiguer, de transpirer même quand la l'arrivée est dans la ligne de mire. Nous venons à peine de partir que la liturgie nous montre le point d'arrivée, Pâques. Si nous avons accepté de commencer ce carême, c'est bien parce que nous en attendons un surcroît de grâces pour notre âme, pour notre vie. Nous savons bien que nous sommes déjà sauvés par la victoire du Christ sur le Mal, le péché et la mort ; nous savons bien que c'est Son Sang qui nous a racheté et lavé. Mais nous ne sommes pas "consommateurs" ! Nous voulons être "acteurs", avec la grâce de Dieu ! Nous voulons, en vivant ce carême de façon authentique, briser en nous ce qu'il y a d'"injuste" pour reprendre les mots de saint Pierre, museler le péché et choisir le Christ.
 
C'est le rôle de l'Evangile qui nous fait contempler Jésus au désert. Je vous ai invité à lire les quatre versions de l'Evangile par petites touches, trois chapitres chaque jour. Quand vous aurez terminé saint Matthieu, vous vous rendrez compte que saint Marc est beaucoup moins prolixe (il vous faudra moins d'une semaine pour lire son évangile). Dans sa description des quarante jours de Jésus au désert, il reste discret sur les tentations rencontrées par le Seigneur -mais si vous avez commencé à lire l'Evangile dans son intégralité, vous avez déjà du les découvrir dans le 4ème chapitre de saint Matthieu et vous les retrouverez, dans un ordre différent, au 4ème chapitre de saint Luc. Saint Marc nous dit juste en passant que le Seigneur est parti au désert après Son baptême et nous comprenons bien que c'est un temps de préparation à la mission qui L'attend.
Vous rendez-vous compte, frères et soeurs, qu'il nous est proposé chaque année la même expérience : prendre davantage de temps pour Dieu. Parce que nous aussi, nous avons une mission à accomplir, cette mission reçue le jour de notre baptême : celle de vivre en catholiques et de témoigner du Christ. Nous ne pourrons le faire qu’en vivant du Christ, en Lui laissant la première place dans notre vie. C’est cela le but du carême : nous déposséder de tout ce qui peut entraver Son action en nous. Alors oui, c’est un temps de prière plus approfondie ; c’est un temps où je veille sur mes sens (c’est le rôle de la pénitence qui m’aide à maîtriser mon corps, mes pulsions et ma volonté) ; c’est un temps où je sors de moi-même, de mon petit nombril, par le partage et l’attention aux autres.
Voilà, vous avez le programme en main. Bon temps au désert, mes frères, certes avec des tentations et des difficultés, peut-être même des chutes et des velléités de tout balancer et de tout envoyer balader. Mais si vous donnez vraiment à Jésus la première place, pas d’inquiétude, Il vous aidera à vous relever, à avancer et vous parviendrez avec Lui à la Résurrection !

Publié dans Homélie, Carême

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