17 février : L'homélie du mercredi des cendres

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Prendre un bon départ
et tenir dans la durée
 
Allez hop, c’est parti ! Quarante jours + les six dimanches = 46 jours de course de fond jusqu’à Pâques. Vous avez pris le départ ce matin, en commençant cette sainte quarantaine du carême par un temps de prière (pour ceux qui se souviennent de l’homélie de l’an dernier, je vous invite à glisser une pomme de pin dans vos chaussons pour ne pas oublier cette rencontre matinale avec la sainte Trinité et à la mettre sur votre oreiller pour en faire de même le soir avant de vous endormir.) Peut-être que vous avez mis moins de confiture sur votre tartine pour essayer de pratiquer le jeûne recommandé par l’Eglise. Voire, vous n’avez pas mis de confiture du tout et même pas de beurre non plus, ou alors vous avez jeûné de radio, de télé et de réseaux sociaux, ce qui me semble une excellente idée –vous devriez même allez beaucoup mieux à la fin de ce carême si vous vous en abstenez complètement ! Et vous avez pris le temps de faire un petit coucou à votre voisin (parce qu’un grand sourire sous votre masque, ça n’est pas forcément super visible), même s’il n’est pas toujours super aimable. C’est un acte de charité, de bonté. Si c’est uniquement parce que vous êtes bien élevés, c’est bien. Mais si vous le faites par amour, par bonté d’âme, m’est avis que le Bon Dieu vous le rendra au centuple, tout simplement parce que vous mettez en application Sa parole : « Aimez-vous les uns les autres. »
Entrée en carême 2020 : quand les charantaises et les chaussons se révèlent une véritable aide pour la prière !
 
Bref, vous avez pris le départ. Bravo ! Le coureur qui participe à un marathon (un marathon, je le rappelle, c’est un peu plus de 40 kms : ça colle bien avec notre carême, non !?) porte un maillot avec un numéro dessus. Le fait d’arborer ce maillot signifie que l’on participe à la compétition. Dans quelques instants, je vais vous remettre votre maillot à travers ces poussières de cendre que je vais déposer sur votre tête. Vous savez peut-être que le diocèse nous a transmis les consignes du cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, qui recommande en raison de la pandémie de laisser tomber la cendre sur votre tête. C’est un geste tout à fait traditionnel qui trouve ses racines dans la culture juive : celui qui faisait pénitence se couvrait la tête de cendre ou de poussière. Nous nous arrêterons là parce que la suite logique, c’est de déchirer ses vêtements (mais le prophète Joël nous a bien recommandé de déchirer nos coeurs plutôt que nos vêtements) et d’avancer tête baissée à tout petits pas (sauf qu'avec nos lunettes pleines de buée à cause des masques, ce n'est pas super simple de marcher la tête baissée !) Une fois que vous aurez reçu cette pincée de cendres sur la tête, vous vous souviendrez que vous-mêmes êtes poussière et qu’un jour vous retournerez en poussière. Bref, vous êtes fin parés pour le carême.
Au Vatican, les papes, les cardinaux et 
ceux qui les assistent reçoivent les cendres sur le sommet de la tête
 
L’autre formule liturgique est la suivante : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! » En effet, pour être fidèles disciples du Christ –et c’est ce que nous souhaitons et, le cas échéant, que nous voulons retrouver grâce à ce carême en Lui redonnant la première place– il faut bien Le connaître, Le fréquenter régulièrement, Lui parler et Le laisser nous parler. Où trouver Jésus pendant ce temps du carême ? A l’église ! Celle de Fresnay sera ouverte tous les jours pour que vous puissiez venir prier devant le tabernacle. Vous savez aussi que le Saint-Sacrement est exposé les jeudis et vendredis matin. Je vous propose de le faire aussi le mercredi, le matin ou l’après-midi en fonction des Messes que je dois célébrer à la maison de retraite de Champfleur. Un slogan simple : du temps avec et pour Jésus !
Mais l’évangéliste nous propose aussi de nous retirer dans notre maison. L’église, c’est la maison de Dieu, le lieu de la rencontre par excellence puisqu’Il y est présent sous la forme des Saintes Espèces. Néanmoins, nos maisons sont aussi des lieux pour rencontrer le Christ. Par le service et l’attention aux autres : son mari, son épouse, les enfants, les parents… « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’avez fait » nous susurre Jésus à l’oreille quand nous rendons service, quand nous donnons de notre temps, de notre énergie. C’est le lieu de la prière quotidienne, celle du matin et du soir (la pomme de pin, je vous rappelle), du benedicite avant le repas (ou pas). Puis-je vous proposer d’aller un peu plus loin. Accrochez-vous bien, ça pourrait secouer un peu…
Différentes façons de trouver le Sei
gneur à la maison : s'aimer, servir,
lire la Parole de Dieu chaque jour
 
Vous savez qu’il y a quatre versions de l’Evangile : Matthieu, Marc, Luc et Jean ont raconté l’histoire de Jésus, nous livrant Ses paroles, Ses actions. Fréquenter l’Evangile, c’est fréquenter Jésus. J’ai fait un petit calcul : Matthieu, c’est 28 chapitres, Marc, 16, Luc 24 et Jean 21. Si j’additionne ces chapitres, cela me donne 89 chapitres à répartir sur 40 jours. J’enlève ce mercredi car cela fait peut-être un peu court. Il nous reste donc 39 jours (dimanche non compris). Eh bien, si vous lisez chaque jour trois chapitres, vous aurez largement terminé pour les rameaux. Maintenant, cela ne dépend plus que de vous ! Alors, en sortant de la Messe, vous vous précipitez sur votre bible, vous la dépoussiérez si nécessaire et vous vous choisissez le moment le plus opportun chaque jour –hormis le dimanche car vous devez déjà préparer les lectures de ce jour–là- pour lire trois chapitres d’affilée. Il me semble que c’est un bon moyen d’entrer dans l’intimité de Jésus, non !?
 

Publié dans Homélie, Carême

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