13 juin : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Venez vous reposer à l'ombre du grand arbre !
 
Chers enfants qui vivez votre première Communion ce dimanche, merci, parce que, votre présence et votre engagement ce matin, vous montrez que l’arbre dont il était question dans les lectures de ce dimanche continue à grandir, à pousser. Aujourd’hui, le Seigneur vient vous visiter et s’installer en vous par la communion. Cette hostie consacrée, c’est Jésus Lui-Même et communier, c’est Le recevoir en vous. Huit enfants vont accueillir en eux leur Sauveur et vont repartir chez eux avec Jésus caché en leur âme. Chers paroissiens, chers parents, avons-nous bien conscience que grâce à ces nouvelles communions, notre communauté va être plus forte, plus vigoureuse ? Chaque fidèle qui communie avec cœur, avec foi, avec conviction reçoit véritablement son Seigneur en personne au plus profond de son être et, évidemment, celui qui s’est préparé à cette Rencontre en reçoit force et vigueur. Quand le Seigneur arrive dans une âme, Il y entre avec Son amour, Sa paix, Son courage : chacun reçoit ce dont il a besoin.
Et ce matin, huit d’entre nous vont recevoir cette force, cette présence. Huit fidèles de plus qui à la fin de la Messe vont repartir qui à Chérisay, à Saint-Aubin, à Bourg-le-Roi, à Ancinnes, à Champfleur et ailleurs et y porter le Christ caché au fond de leur âme ! Certains haussent peut-être un sourcil dubitatif : « Holà, il s’enflamme notre curé, là ! Sérieusement, en quoi la première Communion de huit jeunes enfants va changer la donne ? » C’est là, frères et sœurs bien aimés, qu’il faut poser un acte de foi. Si cette Communion –celle des enfants pour la première fois aujourd’hui et prémice de toutes celles qui suivront, ou la nôtre pour la 500ème fois peut-être !– ne change pas quelque chose en nous, si nous ne croyons pas que la célébration de cette Messe peut nous transformer, excusez-moi mais nous pouvons crier « au feu ! » Là, il y a danger ! Le grand arbre de l’Eglise, ou la petite graine de moutarde de ma foi, a besoin pour croître, pour grandir, des sacrements. Et parmi les sept sacrements, le premier, le plus important, celui qui est source et sommet de tous les autres, c’est l’Eucharistie. Jésus, ce matin, vient visiter cette église, Jésus vient rencontrer notre communauté et, de façon ultime, Il vient non seulement visiter chacun d’entre nous mais, même plus, S’installer en nous. Cette présence est destinée à donner du fruit comme le grain planté en terre « germe et grandit. »
Est-ce que j’ai bien conscience que cette Messe, cette communion va changer quelque chose en moi ? Chers parents, je vais faire un peu de rentre-dedans mais c’est dit avec toute ma conviction de prêtre qui vit de sa foi et veut partager ce grand bonheur qui ne demande qu’à se donner ! Votre enfant ne fait pas sa première Communion, et encore moins sa « petite communion » ou « sa communion privée » –s’il vous plaît, bannissez ces expressions-là de votre vocabulaire– parce que c’est l’habitude, la tradition ou parce que ça fait partie de la dynamique du caté. Votre enfant vit sa première Communion aujourd’hui d’abord parce que Jésus a le désir de venir en lui. Parce que c’est Jésus qui est notre vie et se nourrir de Sa vie, de Sa présence, c’est le gage de grandir dans la foi. L’arbre grandit, la graine de moutarde pousse et se développe parce qu’ils reçoivent ce dont ils ont besoin. Aujourd’hui, à travers la Communion, votre enfant rencontre Jésus de la façon la plus intime qui soit.
Mais ce n’est pas Jésus qui fait tout, ou pour être plus précis, Il veut Se servir de vous à qui Il a confié ces enfants. Pour grandir, pour croître, la petite graine, le germe a besoin d’un terreau nourricier –c’est la vie de famille par exemple où la charité se développe, où le sens du service et l’attention aux autres se déploient– de chaleur et de lumière –c’est la prière qui assouplit notre âme– et d’eau. L’eau, symbole de vie, c’est la Communion régulière, hebdomadaire. L’eau est indispensable à toute vie –sans eau, la vie ne peut pas se développer. La Messe dominicale, qui est cette rencontre intime avec le Seigneur avec mes frères autour de moi, est indispensable à la vie chrétienne. En fait, la Messe du dimanche, c’est le point culminant de la semaine, « le grand cèdre » planté au sommet de « la montagne très élevée » de la première lecture. Toute la semaine, nous grimpons la montagne –ce sont nos efforts, notre travail, notre attention aux autres, la prière seul ou en famille, les petits services de tous les jours, les menus sacrifices et parfois grands renoncements, les déceptions et les joies. C’est tantôt exaltant et tantôt fatigant… éreintant même ! Certaines familles portent si lourd parfoi... Mais quand nous sommes arrivés au sommet, nous sommes comme les petits oiseaux qui s’abritent « à l’ombre des branches » du grand cèdre, nous nous posons devant Dieu et nous rechargeons nos batteries auprès de Lui parce que demain une nouvelle journée, une nouvelle semaine commencent.
Chers enfants, chers parents, chers paroissiens, venez reprendre des forces auprès du Seigneur, dans la rencontre personnelle que vous vivez avec Lui dans la prière et dans la rencontre communautaire de la Messe, à cinq ou six ou quinze en semaine ou avec tous ceux qui viennent le dimanche. C’est ainsi que nous mettrons en application ce beau programme que nous présente le psalmiste : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. » C’est ce bonheur-là que je vous souhaite. Amen.

Publié dans Homélie

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