15 août : Homélie de la Messe de l'Assomption

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Comme Marie, dire oui !
 
Frères et sœurs bien aimés, chaque été, au cœur du moins d’août, les catholiques célèbrent dans la joie Notre-Dame et la vénèrent en son Assomption au Ciel, c’est-à-dire son entrée en paradis avec son âme et son corps, privilège unique qu’elle partage avec son Fils, Notre Seigneur Jésus Jésus-Christ.
Cette année, la solennité de l'Assomption tombe un dimanche, si bien que les oraisons et les lectures propres à cette fête se substituent à celles du dimanche. C’est dire la vénération que les catholiques ont pour la Bienheureuse Vierge Marie ! Bien sûr, notre foi est avant tout christocentrique, c’est-à-dire centrée sur le Seigneur Jésus-Christ, Dieu fait homme pour sauver l’humanité. Mais nous savons aussi que rien ne se serait fait sans cet accord de la Vierge Marie à la volonté de Dieu, que nous fêtons le 25 mars, au jour de l’Annonciation, ce oui prononcé en toute confiance en réponse à la demande que l’archange Gabriel apportait du Ciel. Donc, oui : c’est le Dieu trois fois saint –Père, Fils et Saint-Esprit– qui tient la première place dans notre foi catholique mais nous savons que c’est Lui, dans Sa toute-puissance qui a accordé à la jeune femme de Nazareth la grâce d’être conçue sans péché –c’est ce que nous fêtons le 8 décembre, lors de la solennité de l’Immaculée Conception de Marie. Ce privilège, associé à la grande vigilance de Marie qui a toujours dit non au péché, qui n’a jamais, par force d’âme, succombé à la tentation, aux pièges de l’adversaire, fait que et son corps et son âme sont restés parfaitement purs, totalement indemnes de toute tache, de toute souillure. Si bien que lors de sa mort à Ephèse, ce n’est pas seulement son âme qui est montée vers Dieu pour la grande Rencontre, mais aussi son corps.
 
Pour entrer en paradis, dans l’amour et la gloire de Dieu, il convient que notre âme soit pure, lavée, exempte de tout péché, ce péché qui est un refus d’aimer. La Vierge Marie peut présenter au Créateur une âme toute transparente, limpide, lumineuse, mais aussi un corps qui n’a jamais été abîmé par le péché. Prenons un seul exemple : quand je mens, quand je critique, quand je dis du mal des autres, j'abîme ma bouche qui est faite pour proclamer la vérité, pour dire du bien. Jésus avait parlé de cette lumière intérieure dans un enseignement qui, sur le coup, a du sembler obscur à ses auditeurs : « si ton corps tout entier est dans la lumière sans aucune part de ténèbres, alors il sera dans la lumière tout entier. » Nous, nous comprenons que cette parole s’applique de façon toute particulière à Notre-Dame, qui peut présenter à Dieu une âme et un corps lumineux de sainteté. Mais c'est une invitation aussi pour nous à vivre dans cette lumière de Dieu, cette lumière de la sainteté. Vaste programme n'est ce pas !?
C’est pour cette raison que nous nous tournons souvent vers Notre-Dame avec confiance. Nous savons bien que c’est Dieu qui sauve, qui accorde les grâces nécessaires à notre sainteté, mais la Vierge nous est donnée comme modèle, un modèle à suivre, à imiter. Et nous pouvons lui demander aussi d’intercéder pour nous, notamment dans ce choix de Dieu que nous avons à poser tous les jours. Comme elle ! Par son oui, elle a changé la face du monde en permettant que le Fils de Dieu puisse Se cacher et grandir en son sein. Par nos propres oui à la volonté de Dieu, ces petits oui de tous les jours –le oui de la prière, le oui du service, le oui du don de soi, le oui de la patience, de l’abnégation– d’une part, nous aussi nous avançons dans le projet que Dieu a pour nous, le projet de la sainteté, de l’union intime avec Lui, mais, en plus, nous participons à Son projet d’amour pour le monde. Dieu veut le bien du monde, le bonheur des hommes, leur épanouissement. Et ce projet passe par l’engagement des catholiques et des hommes de bonne volonté. Nous sommes faits pour choisir le Bien, pour accomplir le Bien.
Concrètement, cela signifie dire non au Mal, tourner le dos au Mal, à renoncer à tout ce qui conduit au Mal. Marie est habituellement représentée avec un manteau de lumière, la lune sous ses pieds et couronnée de douze étoiles comme la décrit saint Jean dans le Livre de l’Apocalypse. Souvent, du pied, elle écrase un serpent, le démon, le Mal comme le Seigneur Dieu l’avait annoncé dans le Livre de la Genèse. C’est aussi notre combat quotidien : que ce monde soit délivré du Mal ! Demandons à la Bienheureuse Vierge Marie de nous aider à choisir le Bien tous les jours. Mais attention, mes frères, si nous le lui demandons, ce sera quand même à nous de combattre, de dire non à la tentation, de nous engager. Lors d’un match de foot ou de rugby, ou lors d’un tournoi de tennis, les joueurs sont encouragés, soutenus, applaudis par les spectateurs mais ce sont eux qui courent, se placent, frappent dans la balle ou le ballon. Marie agit de même : elle est à nos côtés, nous soutient, et sans doute que, parfois, elle donne une pichenette à la balle pour nous aider, ce que le spectateur du match de foot, lui, ne peut faire. Mais nous, depuis Cana, nous savons que Jésus ne peut rien refuser à Sa Mère.
Alors, chers paroissiens, ensemble, disons merci à Marie de son oui : qu’elle nous aide à en faire de même. Et que nous l’aimions toujours d’avantage d’un amour confiant et filial, elle qui nous tende la main depuis le Ciel et nous attire à son Fils.

Publié dans Homélie

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