Opération carême 2026 : les Chrétiens du Liban

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En ce 3ème dimanche de Carême, nous poursuivons l’Opération « Carême 2026 : Soutien aux Chrétiens d’Orient ».

Il y a deux semaines, l’association « Fraternité chrétienne Sarthe Orient » (FCSO) nous avait présenté les actions de soutiens financier et spirituel qu’elle développe depuis 2012 au profit de communautés chrétiennes au Liban et en Syrie.

L’actualité internationale s’est dramatiquement emballée au Moyen-Orient depuis les bombardements engagés le 28 février par les États-Unis et Israël en Iran, suivis des ripostes de l’Iran. Au Liban en particulier, cette escalade aggrave une situation déjà fragile à plusieurs égards, mettant en difficulté toute la population et en particulier les communautés chrétiennes.

Avant de vous présenter dimanche prochain un projet de l’association FCSO que notre Ensemble paroissial propose de soutenir au Liban, je vous dis aujourd’hui quelques mots sur ce pays. Le Liban constitue un fort point d’ancrage des chrétiens au Moyen-Orient, depuis les premiers siècles du christianisme et aujourd’hui encore. Par leur rôle et le message de paix qu’ils délivrent, relayé et encouragé par le Pape Léon XIV lors de sa récente visite, les chrétiens du Liban représentent un enjeu en termes de paix dans tout le Moyen-Orient.

1. Les chrétiens représentent un pilier historique du Liban

Le pays a longtemps été un refuge pour diverses communautés chrétiennes du Moyen-Orient, notamment les Maronites, majoritaires parmi les chrétiens.

Saint Maron (350-410)

L'Église Maronite :
Rite de langue syriaque et arabe.

C'est la communauté chrétienne majoritaire au Liban. Fondée par les disciples de saint Maron (ou Maroun), prêtre ermite qui a vécu dans le nord de la Syrie dans la 2e moitié du IVe siècle. Le premier patriarche de l'Église maronite est saint Jean Maron (mort en 707). Au IXe siècle, les chrétiens maronites sont chassé de Syrie par des persécution et se réfugient dans la région du Liban. La particularité de l'Église maronite est qu'elle est unie à Rome depuis sa fondation, contrairement aux autres Église catholiques d'Orient.

Saint Jean Maron (+707)

L'Église grecque-catholique Melkite :
Chrétiens de rite byzantin (langue grecque). En 451, les chrétiens de rite byzantin adhèrent aux conclusions du concile de Chalcédoine et rejettent le monophysisme (hérésie qui professe que le Christ a une seule nature divine, mais pas de nature humaine). En cela, ils soutiennent l'empereur Marcien et reçoivent le sobriquet de « royalistes » (« malkâyâ », en syriaque). En 1724, une partie de l'Église melkite s'unie à l'église catholique, donnant ainsi naissance à l'Église grecque-catholique melkite.

L'Église catholique arménienne :
Rite de langue arménienne, unie à Rome depuis 1740.

L'Église catholique syriaque :
Église qui relève du patriarcat antique d'Antioche. Une première tentative d'union de l'Église syriaque à Rome remonte au concile de Florence (1439), mais est restée sans landemain. La naissance de l'Église catholique syriaque est liée à l'archevêque syriaque d'Alep Michel Jarweh, qui s'est converti au catholicisme. En 1782, il est élu patriarche d'Antioche et rend publique sa conversion au catholicisme, ce qui aboutira à la scission entre l'Église orthodoxe syriaque et l'Église catholique syriaque (unie à Rome en 1783).

L'Église catholique Chaldéenne :
Apparue avec l'élection de Yohannan Soulaqa comme patriarche de Mossoul en 1552, elle regroupe les chrétiens catholiques d'Assyrie. Une petite communauté est présente au Liban.

Outres les Église catholique orientales, sont aussi présentent les Églises de la communion orthodoxe : Église apostolique arménienne, Église syriaque orthodoxe et Église copte orthodoxe.

2. Un système politique fondé sur l’équilibre confessionnel

Les confessions religieuses au Liban

Le Liban présente la particularité d’avoir organisé un système de partage du pouvoir “confessionnel” entre communautés religieuses.
Règles principales :

• le Président de la République est chrétien maronite,
• le Premier ministre est musulman sunnite,
• le Président du Parlement est musulman chiite.
Ce système découle du Pacte national de 1943, puis des accords de Taëf (1989) qui ont mis fin à la guerre civile.
Aujourd’hui, les chrétiens disposent d’un poids politique institutionnel important, bien que moins dominant qu’avant la guerre civile.

3. Évolution démographique
La part des chrétiens dans la population a fortement diminué : de la moitié il y a un siècle au tiers aujourd’hui.
Les causes principales :
• émigration massive depuis la guerre civile (1975-1990),
• crise économique et politique récente,
• taux de natalité plus faible que dans certaines communautés musulmanes.
La diaspora chrétienne libanaise reste aujourd’hui très importante en Europe, en Amérique et en Afrique. On compte ainsi environ 14 millions de chrétiens libanais dans le monde.

4. Rôle culturel et économique
Malgré la baisse démographique, les chrétiens restent influents dans plusieurs domaines :

• éducation : nombreuses universités et écoles privées
• médias et culture
• secteur bancaire et entrepreneurial
• vie intellectuelle et artistique.
Historiquement, ils ont contribué à faire du Liban un pôle et un exemple de pluralisme religieux et culturel apaisé au Moyen-Orient.

5. Défis actuels
Les chrétiens du Liban font face à de
graves défis :
1. crise économique profonde depuis 2019
2. instabilité politique et paralysie des institutions
3. émigration des jeunes
4. tensions régionales et polarisation interne.

Cependant, contrairement à d’autres pays de la région, les chrétiens libanais ne sont pas une minorité persécutée : ils restent protégés par le système politique et fortement intégrés dans l’État.

En résumé :

Les chrétiens constituent une composante historique essentielle du Liban. Bien que leur poids démographique ait diminué et qu’ils soient touchés par l’émigration et la crise économique, ils conservent une influence politique, culturelle et institutionnelle importante dans le pays.

Comme chaque dimanche, la vente de savons d’Alep et de CD de musique liturgique orientale vous seront proposés au prix de 5 € à l’issue de la messe, au profit des actions de l’Association FCSO.

Vous pourrez par ailleurs déposer un don - si vous le souhaitez défiscalisé - dans les 3 boîtes prévues à la sortie de l’église, en suivant les indications figurant sur la feuille d’annonces.

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Publié dans Carême, Vie d'Eglise

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