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8 articles avec homelie

10 septembre : l'homélie de ce dimanche à Fresnay

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Le Ciel, oui, mais pas tout seul !
 
Un peu secoués par la première lecture peut-être ? Et comme le Seigneur y va franco –une première couche puis une deuxième pour que ça prenne bien– rebelote dans l’Evangile. Je résume pour ceux qui auraient pu avoir un petit coup de mou dans les lectures : en tant que catholiques, disciples du Christ, membre de l’Eglise, porteurs de la Parole de vérité, nous sommes invités à une vie exemplaire –glups…– à nous corriger de nos propres défauts, faiblesses, manques, péchés –reglups… Ça, c'est le message en creux. Mais aussi, et ça, c'est le message explicite de ce dimanche, à redresser, si nécessaire, nos frères, à leur montrer leurs défauts, faiblesses, manques, péchés et, le cas échéant à les remettre dans le bon chemin. C’est ce que l’on appelle la « correction fraternelle » qui est un acte de charité.
Vous avez bien compris dans quel esprit cela est vécu : le but de ma vie sur terre, c’est de me préparer au Ciel. Ce pèlerinage ici-bas nous en donne le temps et les moyens, avec la grâce de Dieu toujours donnée. Notre objectif, c’est le Ciel ! Eh bien quand je pèche, quand je pose objectivement une parole, un acte qui est contraire à l’Amour de Dieu, je me détourne de mon but, je ralentis ma course vers le Ciel. D’où cette conversion permanente, pas facile, exigeante, lourde parfois parce que mon humanité est pesante : « L’esprit est fort mais la chair est faible… » C’est là que mes frères et sœurs chrétiens ont un rôle à jouer. Quand saint Paul nous demande de « porter les fardeaux les uns des autres », c’est entre autres à cela qu’il fait allusion. Les parents et grands-parents, les enseignants, les éducateurs le savent bien : il faut parfois redresser le cap, remettre sur le bon chemin, indiquer la bonne
direction et montrer soi-même l’exemple : c’est cela la charité fraternelle. Sauf qu’il faut se coller le tête-à-tête indispensable avec la discussion qui va remettre d’aplomb ; il faut prendre la feuille de papier et le crayon et bien choisir les mots que l’on va envoyer pour que mon frère, ma sœur comprenne son erreur ; il faut réfléchir à deux fois avant de taper sur les touches du clavier pour le petit message internet qui va permettre de revenir sur le bon chemin.
D'abord la discussion personnelle...
Jésus donne un moyen que nous avons entendu dans l’Evangile : d’abord la discussion personnelle, puis, si nécessaire, un ou deux amis en appui et, si la situation ne s’améliore pas, l’aide de la communauté (ce qui signifie très concrètement sa prière, sa supplication, son jeûne pour celui qui s’est détourné du droit chemin –la première communauté chrétienne ne lésinait pas sur l’esprit de sacrifice quand il s’agissait de sauver les âmes. « On ne fait rien sur terre qu’en se consumant » dit un chant scout : les premiers chrétiens ne le savaient que trop bien et ils savaient payer de leur personne). Et enfin, en cas d’échec, l'exclusion de la communauté (re-re-glups...) Cela peut nous sembler dur, mais cette méthode est considérée comme un remède, sans doute amer mais efficace.

 

Cela vaut le coup de s'arrêter un instant pour expliquer une telle rigueur. D’abord il faut marquer le coup : l’Eglise, ce n’est pas une bande de copains, de pote, qui sont contents de se rassembler le dimanche pour chanter dans l’église. Ce sont des frères –frères et sœurs de Jésus, excusez du peu !– qui ont à cœur d’imiter le Christ, Dieu venu sur terre pour nous sauver. Le modèle des chrétiens, c’est le Seigneur Jésus venu combattre le Mal… et nous savons de quelle façon Il l’a fait, n’est-ce pas !? Ensuite, il faut donner le goût de l’Eglise. Celui qui en a été exclu, qui ne peut plus faire partie de la communauté à cause de son attitude qu’il refuse d’amender va faire comme le fils prodigue qui se retrouve seul, à garder les cochons : c’est l’occasion de réfléchir, de rentrer en soi, de faire amende honorable et de revenir… pour être accueilli à bras ouverts. Et vous savez sans doute que lors des grandes persécutions des premiers siècles, à l’époque des empereurs romains païens et sanguinaires, la question s’est posée de façon concrète pour les chrétiens qui, par peur des souffrances et de la mort, avaient apostasié mais ont voulu revenir dans la communauté chrétienne. Il y a eu des discussions tendues pour savoir ce que l’on allait faire de ces « relaps » : rejet, pénitence
exemplaire, mise à l’épreuve, réintégration ? C’est le parti de la miséricorde et du pardon qui l’a emporté… J'en profite pour poser une question -peut-être la question qui fâche : quand les évêques, les prêtres et les fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X vont revenir pleinement dans l'Eglise catholique, et y prendre leur place, avec leur style propre, saurons-nous les réintégerer et les accueillir tels qu'ils sont ?
Je veux aller au Ciel, mais pas tout seul : je veux y aller avec vous ! Vous voulez aller au Ciel, mais pas tout seul : avec vos frères ! Alors, ensemble, charitablement, nous nous épaulons, nous nous soutenons, nous nous encourageons. Et parfois, il faut dire les choses, pointer du doigt telle maladresse, redresser telle erreur, dire non au Mal. Merci à ceux qui savent le faire avec charité, dans un vrai but de faire grandir pour que l’arbre donne des fruits encore plus beaux. Ensemble, avançons sur le chemin du Ciel, les yeux résolument tournés vers le Ciel, avec au cœur cet amour premier pour le Christ et Sa loi d’amour. Demandons à Notre-Dame son aide et sa prière pour mettre nos pas dans les siens à la suite du Christ. Amen !

Publié dans Homélie

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3 septembre : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un évangile de rentrée... dur à encaisser !
 
Chers paroissiens, à la fin de cet Evangile, peut-être que vous l’avez un peu mauvaise… Voici que le Père André vient de proclamer pour la première fois chez nous l’Evangile de Jésus-Christ, la Bonne Nouvelle qui sauve. C’est une joie, une joie profonde, d’accueillir un nouveau prêtre dans nos Alpes mancelles : un jeune en plus qui va faire passer votre curé pour un vieillard cacochyme ! Un missionnaire en plus qui va stimuler notre foi, notre espérance et notre charité, qui va nous aider –Monsieur le curé en premier– à mieux aimer Dieu et notre prochain ! Père André, bienvenue et merci de votre oui à l’appel de Dieu qui vous entraîne si loin de votre famille et de votre pays ! Et en même temps, quelles paroles de la part du Seigneur Jésus, notre Maître ! « Si quelqu’un veut marcher à Ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive. » Cela renforce les paroles déjà dures entendues dans la première lecture : « À longueur de journée, je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi. À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. » Tu parles d’un accueil ! Cher Père André, nous aurions préféré des paroles plus douces en guise de bienvenue, un évangile plus souriant, moins rugueux… mais c’est celui-là que l’Eglise nous donne à entendre le jour de votre accueil ! Alors nous allons le prendre comme il est, ce passage d’évangile, nous allons l’accepter brut de décoffrage cette Parole de Dieu qu’il nous est donné de ruminer et nous allons la recevoir –vous êtes bien accrochés, ça va ?– alors nous allons la recevoir comme un cadeau du Ciel même, avec un message à décrypter, à décoder et à intégrer.
Les apôtres savent que Jésus est la Vérité de Dieu : "Tu es le Fils de Dieu !"
 
Jésus n’est pas un commercial chargé de nous vendre un produit et qui nous en présente uniquement les côtés positifs. Jésus est la Vérité, la Vérité de Dieu. Il prépare tout doucement Ses apôtres, ces hommes qu’Il a choisis, Ses amis, à la réalité brutale de Sa mission. Bien sûr qu’Il est venu annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu ! Bien sûr qu’Il est la réalisation de la promesse de Dieu ! Et Ses apôtres le savent : par la bouche de Pierre, ils ont proclamé leur foi en la divinité de Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Bien sûr qu’Il est Celui qui guérit, qui Se penche sur les malades, les souffrants et sur tous ceux qui crient vers Lui, les Juifs et les païens, témoignant ainsi de la bonté, de la tendresse, de la compassion du Dieu de miséricorde. Mais Jésus est venu avant tout pour S’offrir en sacrifice, pour mourir pour les hommes afin de racheter tous les péchés de l’humanité : c’est le mystère immense de la Rédemption : Dieu qui rachète nos fautes par Sa Passion, Ses souffrances et Sa mort sur la croix ! Peut-être que cela vous étonne, vous surprend, vous scandalise… Comme Pierre ! Qui s’entend rétorquer : « Tu es pour Moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Dur à encaisser, non ! ? En fait, le message en creux, c’est : « nous devons penser comme Dieu » ! Rien que ça… Je vous laisse digérer l’info…
Alors concrètement, « penser comme Dieu » cela veut dire quoi ? Sans doute prendre de la hauteur par rapport aux événements de notre vie, ne pas tant subir les évènements de nos vies, mais les offrir, leur donner un sens. A vue humaine, la mort de Jésus sur la croix est une injustice, un non-sens, n’est-ce pas !? Maintenant, regardons cette arrestation à la sauvette, ce jugement inique, cette condamnation odieuse, cette flagellation et ce portement de croix atroces avec les yeux de la foi : Jésus sauve l’humanité par le don de Lui-même, Il S’offre en sacrifice pour racheter, expier tous les péchés et cela passe par cette injustice.
« Très bien », allez-vous dire : « c’est bien compris ! Mais, Lui, Il est Dieu, tout-puissant et éternel : Il sait pourquoi Il endure tout cela ! Mais nous ? Quels sens ont nos souffrances, nos croix ? » A vue humaine, aucun sens : la souffrance n’a pas de sens ! Le dos en vrac, la bagnole qui ne démarre pas, les travaux qui ne sont pas terminés pour accueillir le Père
André, le chômage, la maladie, les eng… en famille ou entre amis n’ont pas de sens : elles sont autant de croix, de souffrances… et nous connaissons tous des proches qui ont abandonné la foi, qui ont quitté l’Eglise, en raison d’un deuil ou d’une souffrance sur le coup insurmontables. Eh bien « penser comme Dieu » cela signifie donner du sens à toutes les difficultés inhérentes à notre vie. Des enquiquinements, des incompréhensions des maladies, il y en aura toujours, il y en aura tous les jours. Eh bien, pour que cs souffrances ne soient pas stériles, inutiles, offre-les à Dieu –ou plus précisément, unissez-les au sacrifice du Fils à Son Père. Après la Passion et la Croix, il y a la Résurrection ; après notre vie ici-bas, il y le Ciel, le Ciel préparé par notre union à Dieu, dans la prière, le service, l’amour du prochain… et l’acceptation de nos croix unies à celle de Jésus qui a sauvé le monde.
Cher Père André, nous aurions tous souhaité des textes plus glamour pour votre arrivée mais c’est ceux-là que l’Eglise nous a offerts et ils nous ont permis, j’espère, de nous recentrer sur l’Essentiel : l’union au Christ, dans Sa joie… qui passe aussi par la Croix. Mais ce n’est pas à un membre de la congrégation des Martyrs de Corée que je vais l’apprendre, n’est-ce pas !? Et je pense que vous aurez l’occasion de nous dire comment la croix du Christ plantée dans le sol de Corée par les missionnaires venus de France nous donne la grâce et la joie de vous accueillir aujourd’hui parmi nous… Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Publié dans Homélie

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27 août : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

« Pour vous qui suis-je ? » : la question-vérité !
 
Une vraie question de devoir de vacances ! Ou alors du style de la petite interro de rentrée afin de s’assurer que les élèves n’ont pas trop perdu la main durant les deux mois d’été : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Mais, cette question-là, c’était l’apéritif ou l’entrée car le plat de résistance, le solide, le compact, c’est la question suivante : « Pour vous qui suis-Je ? » Là, Jésus demande à Ses apôtres de s’engager, de témoigner de leur conviction profonde, de dire ce qu’ils ont dans le ventre, quoi… C’était facile de répondre : « Rabbi, certains estiment que Tu es Jean-Baptiste ; en revanche d’autres affirment que Tu es Elie revenu sur terre. Tandis que certains ne se mouillent pas trop : ils Te décrivent comme l’un des prophètes, Jérémie ou un autre… » Trop bien cette question : elle permet aux apôtres de montrer qu’ils sont ouverts sur le monde, qu’ils s’intéressent à ce qui se passe autour d’eux et qu'ils sont les yeux et les oreilles de Jésus...
 
Mais vous pensez vraiment que Jésus S’intéresse aux cancans, qu’Il Se préoccupe de Sa réputation, qu’Il entretient Son aura ? Les instituts de sondage, c’est pour les présidents qui dégringolent dans l’opinion publique et qui cherchent comment, à coup de com’ et de photos soigneusement sélectionnées, remonter dans l’estime des gens. Jésus n’est pas du monde, Il est venu du Ciel pour nous sauver, du Ciel où tout est immuable et éternel, et donc ne S’intéresse nullement à cet aspect des choses, qui va et vient, passe et disparaît. Je crois que j’ai déjà eu l’occasion de vous dire qu’« être dans le vent, c’est un spiritualité de feuille
morte ! » Donc, cette première question posée par Jésus aux Siens permet d’introduire la suivante, beaucoup plus profonde, personnelle, intime même : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-Je ? » Et là, Pierre se lance. Pierre la grande gueule, Pierre le spontané, Pierre qui parfois réagit trop vite, Pierre qui a bien conscience déjà qu’il a une place particulière dans le collège des Douze, Pierre répond aussitôt, du tac au tac : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Christos, c’est le mot grec pour Envoyé. En araméen, cela se dit Messiah, ce qui a donné notre terme Messie. Pierre vient de proclamer sa foi, sa conviction profonde, sa certitude qui jaillit de son cœur, de son âme : « Toi, Seigneur, qui m’as appelé, que je vois vivre, qui partage mon repas, dont j’écoute la Parole avec passion, Toi, Maître, qui imposes les mains, bénis, relèves, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le Messie promis par les Ecritures, Tu es l’Envoyé, annoncé par les prophètes, Tu es le Libérateur espéré contre vents et marées par nos pères. Et tu es là devant moi et Tu me fais la grâce d’être mon ami. »
Jésus, qui sait tout, est touché par cette spontanéité de Pierre, par cet élan du cœur et de l’âme. Il sait très bien que Pierre s’est exprimé sous l’influence du Saint-Esprit de Dieu, du Saint-Esprit qui est Dieu, et Il rend grâce pour la disponibilité de Son apôtre aux motions célestes. Puis Il enchaîne : « Tu dis que Je suis le Messie, le Fils de Dieu et tu as raison : Je le suis. Mais Je t’annonce que Moi, Je te désigne pour être la Pierre angulaire, solide, ferme, inébranlable, sur laquelle Je bâtirai Mon Eglise ! Je te donne à toi une partie de Mon autorité, de Ma puissance, de Mon pouvoir pour édifier, bâtir et construire. »
Un homme, un homme de chair et de sang, un homme né de l’amour d’un homme et d’une femme, un homme faillible, faible, pétri de défauts, qui devient le chef terrestre de l’Eglise parce que la grâce de Dieu est sur lui et l’accompagne ! Bien sûr que le Chef suprême est et reste le Dieu trois fois saint, mais cette institution d’origine divine a à sa tête un homme, avec son histoire, sa culture, son éducation, son expérience de vie, ses choix, ses questions, ses doutes et ses décisions qui l’ont formé. Au long des siècles, ils vont porter le nom de Pierre, Lin Clet, Clément, Sixte, Martin, Jean, Pie, Léon, Paul, Jean-Paul, Benoît, François. Certains seront des saints vénérés, d’autres vont marquer durablement l’histoire de l’Eglise et d’autres encore sont complètement oubliés –et pour certains d’entre eux, cela vaut peut-être mieux…
Les derniers papes demandaient souvent avec humilité mais aussi avec insistance la prière de ceux qu’ils rencontraient. Le Pape François l’a fait très simplement, dès le premier soir, quand il est apparu à la loggia de la basilique Saint-Pierre, demandant à la foule de le bénir et d’intercéder pour lui, pour sa mission. Un des leitmotivs de François, à la fin des rencontres, c’est : « S’il vous plaît, priez pour moi ! » C’est pour cela que la liturgie de l’Eglise insiste pour qu’à chaque prière universelle la première intention soit pour le pape et ses collaborateurs, afin que soutenus par la prière de l’Eglise, du peuple de Dieu, épaulés, éclairés par la grâce divine, ils prennent soin du petit troupeau qui leur est confié, qu’ils le sanctifient et qu’ils l’enseignent des choses du Ciel.
Rendons grâce pour le Pape François et confions-le à Dieu : qu’il sache gouverner la barque de Pierre avec simplicité, humilité et prudence au milieu des flots impétueux et des bourrasques. Prions aussi avec ferveur, souvent, pour notre évêque, Monseigneur Yves Le Saux, successeur des apôtres, dont la mission délicate est de mener les catholiques de Sarthe, mais aussi les hommes de bonne volonté, au Ciel. Voulez-vous, enfin, prier pour vos prêtres, leurs collaborateurs : qu’ils soient saints, remplis de foi et d’ardeur, de joie et de ferveur afin de bien vous montrer le chemin du Ciel. Pour info, c’est une prière dont vous serez les premiers bénéficiaires. A bon entendeur, salut !

Publié dans Homélie

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20 août : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Jésus mon Sauveur ! Et Lui seul !
 
Il n’y a rien qui vous chiffonne dans ce passage d’Evangile, frères et sœurs bien-aimés, rien qui vous titille voire vous hérisse le poil ? Bon… Très bien. C’est peut-être moi alors… Je vous le dis très simplement mais, la première fois que j'ai entendu ce texte -ce devait être au caté ou à la Messe, j'ai été surpris, peiné, choqué –je ne sais pas quel est l’adjectif le plus juste– par l’attitude du Seigneur Jésus, mon Maître, Celui à qui j’ai donné ma vie, Celui qui est mon exemple, mon modèle, ma raison de vivre. Au premier abord, devant ce passage, j'étais resté sans voix, dubitatif. Très simplement, je ne comprenais pas.
Voilà une femme qui, apprenant la venue de Jésus dans son village, pleine de confiance –de foi devrais-je dire ?– s’approche de Lui. Elle connaît Sa réputation, l’aura qui L’entoure, elle a entendu parler des miracles qui accompagnent Ses pérégrinations : partout où Il passe, Il fait le bien, Il Se penche sur les petits, les malades, Il entend tous ceux qui crient vers Lui. Bien sûr, elle sait qu’elle n’est pas juive, qu’elle ne fait pas partie du peuple élu, mais Jésus a bien écouté la requête d'un officier romain à Capharnaüm, la demande d'un étranger qui occupe Son pays. Alors que là, Jésus vient chez elle, en terre phénicienne. En plus, elle est femme, donc, évidemment, pas forcément très bien considérée… Mais Jésus a bien accepté Marie de Magdala comme disciple, non ? Enfin, pour les juifs, si sa fille est possédée par un démon, c'est que sa conduite est impure, mais Jésus n’a-t-Il pas touché un lépreux -c’est bien pire ! Et puis, Alors, elle y va. Sa cause est juste : il s’agit de guérir sa fille. Les médecins sont impuissants devant ce cas. Il semble qu’il ne s’agisse pas d’une maladie physique mais d’une emprise maléfique : c’est Lui, Jésus, qui pourra combattre ce Mal-là. Il est venu pour cela, non ?
Eh bien, Jésus Se tait. Il ne dit rien. Il semble ne même pas faire attention à la supplique de cette femme, de cette maman en larmes. Elle a beau crier, implorer en exposant très précisément le fruit de sa requête –« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »le Seigneur ne répond rien. Il l’ignore… Il faudra l’intervention des apôtres pour que Jésus accède à sa requête. Au passage, mettez les apôtres, la Vierge, votre saint patron, votre ange gardien, les défunts de vos familles, tel ou tel saint dans le coup quand vous criez vers Dieu : visiblement, ça a de l’impact auprès du cœur de Dieu, même si, concrètement, dans ce passage, les apôtre intercèdent auprès du Maître uniquement parce que la Syro-Phénicienne leur casse les oreilles ! Mais je suis bien certain qu’au Ciel, tout ce petit monde est bien plus indulgent et attentif !
L’attitude de Jésus n’en est que plus déroutante car parfois, dans notre vie à nous, nous faisons cette expérience douloureuse du silence de Dieu. Nous avons demandé humblement, sans aucune arrogance ; notre prière était juste, raisonnable. Et Là-Haut, calme plat : rien ne bouge. Pas un bruit, pas un signe. Rien ne change. Dieu reste silencieux.
Cette femme n’abandonne pas. Elle ne baisse pas les bras. Au contraire : elle crie plus fort, elle s’approche, elle s’accroche. Elle veut que Jésus ne puisse pas faire autrement que de l’entendre. Et, ce faisant, elle va creuser son désir. Vous avez remarqué que sa prière change, qu’elle se fait plus simple, qu’elle va à l’essentiel : « Seigneur, viens à mon secours ! » Elle est là, la véritable prière, authentique et sans fard. Cette femme a besoin d’être sauvée par le Christ, j’ai besoin d’être sauvé par le Christ, nous avons tous besoin d’être sauvé par Jésus ! Il est mon Sauveur et mon Dieu !
En fait, Jésus ne dédaigne nullement la prière de cette femme, tout comme Il ne repousse pas nos demandes. Bien sûr que non ! Mais Il agit en bon père de famille qui sait très bien qu’il ne faut pas céder à toutes les demandes, à toutes les requêtes, à tous les caprices de ses
enfants. On voit bien le résultat avec certains petits enfants-rois à qui on a toujours cédé. Les psychologues pour enfants voient leur salle d’attente envahie par des pauvres parents déboussolés qui n’ont jamais su dire non, ou qui, plus simplement encore, n’ont pas appris la patience et la ténacité à leur progéniture. Jésus nous fait creuser notre désir. Quand nous demandons telle ou telle grâce parfaitement légitime !est-ce que nous ne cédons pas parfois à la facilité ? Est-ce que nous ne réduisons pas Dieu à un grand magicien qui claquerait dans les doigts pour résoudre tel souci ou tel tracas. « Je paye –pardon : j’ai pris le temps de prier : j’y ai droit. Dieu DOIT m’exaucer… » Eh bien, non : cela ne marche pas comme cela. Dieu sait ce qui est bon pour nous. Et ce qu’Il veut pour nous, ce n’est pas tant le bac, la guérison de tel ou tel mal, la résolution de tel problème, aussi grave soit-il –sur le coup… C’est notre salut qu’Il veut, que nous soyons sauvés. « Seigneur, viens à mon secours ! » Tout le reste, mes frères, c’est de la littérature. Alors demandons-Lui le courage dans les épreuves –parfois redoutablesque nous traversons. Et s’Il veut bien nous guérir, nous réconforter, nous rasséréner dans les difficultés, n’oublions de Lui en rendre grâce. C’est un surcroît d’amour qui nous est accordé, en attendant la grande grâce du Ciel. Amen.

Publié dans Homélie

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15 août : homélie de l'Assomption

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

La fête de l'Assomption : un appel à la conversion !
 
La dormition de la Vierge
Frères et sœurs bien-aimés, la fête de l’Assomption nous permet de commémorer dans la joie, dans l’émerveillement et l’action de grâce, la montée au Ciel de l’âme et du corps de la Vierge Marie au moment de sa mort –de son endormissement, de sa « dormition », disent nos frères orientaux et orthodoxes- C’est un privilège immense qui a été accordé à Notre-Dame. Elle a comparu devant Dieu avec son âme -avec son âme mais aussi avec son corps. J'y reviendrai tout à l'heure.

Puisque je parle de l’âme, un petit rappel catéchétique ne sera sans doute pas inutile : l’âme, c’est notre entité profonde, sanctifiée par la présence de la sainte Trinité depuis notre baptême ; l’âme, c’est la vie humaine dans toutes ses dimensions, c’est notre personne dans son intégralité (tout ce que nous avons dit, fait, pensé, omis est inscrit en notre âme), c’est ce qu’il y a de plus intime en l’homme et de plus grand et de plus profond en nous. L’âme d’un chrétien appartient à Dieu, c’est le lieu spirituel où Dieu habite depuis que l’eau a coulé sur notre front, le jour de notre baptême. Souvenons-nous que le baptême n’est pas un simple rite social d’accueil de l’enfant dans une famille : c’est l’entrée dans la famille de Dieu, c’est l’accueil du Dieu trois fois saint en nous. Au moment de notre mort, quand notre cœur, notre cerveau, notre corps arrêteront de fonctionner, notre âme ira se présenter devant Dieu pour le jugement particulier. Marie, elle, est montée au Ciel, s’est présentée devant Dieu avec son âme, mais aussi avec son corps. C’est un privilège, une grâce, dus à sa sainteté, à sa soumission sans faille à la volonté de Dieu. C’est cela la sainteté véritable : non pas tant réaliser des miracles ou faire des choses extraordinaires mais laisser à Dieu la première place dans nos vies, ce qu’a fait la sainte Vierge toute au long de son existence, à partir du moment où elle a posé les actes de sa vie en pleine connaissance de cause. Ni l’âme, ni le corps de la Vierge Marie n’ont été marqués, atteints par la laideur du péché : il n’y a en elle nulle trace de faute, d’opposition à Dieu ou aux autres. C’est pour cette raison que et son âme et son corps peuvent se présenter devant Dieu : elle est comme les créatures originelles créées par Dieu, sans faute, ni péché, et qui pouvaient se présenter devant Lui sans honte ni crainte.

Marie, reine de France
 
La fête de l’Assomption nous rappelle que Marie est reine de France, patronne principale de notre pays. Pour un catholique, la véritable fête nationale n’est pas le 14 juillet, cette prise de la Bastille qui, dans les années qui ont suivi, a vu couler tant de sang, notamment celui des « ennemis de la Nation », c’est-à-dire très précisément ceux qui était fidèles à Dieu et à l’enseignement de l’Eglise. Alors non, notre fête nationale à nous, ce n’est pas le 14 juillet : c’est le 15 août, la fête de Notre-Dame qui nous montre le chemin du Ciel et de la joie éternelle auprès de Dieu.
C’est un honneur que d’avoir Marie comme sainte patronne pour notre pays, Marie qui nous guide, qui nous accompagne, qui veille sur nous ! A de nombreuses reprises, le Ciel a envoyé la Bienheureuse Vierge Marie en notre beau pays pour nous appeler à la fidélité, à la constance… à la conversion parfois : c’est sainte Catherine Labouré qui reçut en 1830, rue du Bac à Paris, la mission de faire frapper la « médaille miraculeuse » qui assurera aux « personnes qui la porteront avec confiance de grandes grâces » ; en 1846, à La Salette, dans les montagnes grenobloises, le message sera plus dur, plus exigeant : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils… » En 1858, à Lourdes, sainte Bernadette sera exhortée à dire le chapelet : « Pénitence, pénitence : priez pour les pécheurs ! » Puis à Pontmain, en pleine guerre contre les Prussiens : « Mais priez mes enfants… Mon Fils Se laisse toucher. » Enfin, en 1876, à Pellevoisin, le message de Notre-Dame sonne comme une alerte : « Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant, encore, elle refuse d’entendre ! »
Alors, mes frères, en cette fête de l’Assomption, d’abord rendons grâce au Ciel pour Marie, pour son exemple et pour son attachement maternel à notre pays. Ensuite, regardons en quoi, nous-mêmes, nous pouvons nous convertir, faire pénitence, changer ce qui est de travers dans notre vie pour mieux correspondre au dessein de Dieu pour nous et notre pays. Ayons à cœur de servir, comme Marie l’a fait ! Soyons des hommes et des femmes de prière, de louange et d’adoration, en étant unis à Dieu, en vivant chaque instant de notre vie, « par Lui, avec Lui et en Lui ». Demandons cette grâce de l’union intime avec Dieu en levant souvent les yeux vers le Ciel où nous espérons entrer un jour, celui de notre mort terrestre, pour partager la joie sans fin de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints auprès de Dieu.
 

Publié dans Homélie

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