Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

18 articles avec homelie

15 novembre : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Que ferez vous de ce temps de confinement ?
 
Chers paroissiens et vous qui lirez cette homélie sur la toile, voici le deuxième dimanche sans Messe en France. Vous n’avez pas la possibilité de vous rendre à la Messe, vous êtes privés de l’Eucharistie. Pour sauver votre vie et celle des autres, vous êtes privés du Pain de vie. Le sacrifice est rude !
Il est rude et il est douloureux ! Si certains catholiques font contre mauvaise fortune bon cœur, si d’autres acceptent volontiers ces règles et s’y plient de bonne grâce, si certains militent même en ce sens, d’autres de nos frères vivent cette décision de façon amère. Être privés de la Messe les fait souffrir. Vraiment ! Et ce n’est pas aux autres de juger –et encore moins de condamner– cet état de fait. C’est la grande diversité du peuple de Dieu… et c’est notre richesse de prêtres de côtoyer des fidèles aussi différents, de travailler avec des catholiques aux sensibilités parfois si divergentes –et d’essayer de les faire travailler ensemble à l’avènement du Règne de Dieu. Mais il suffit de regarder le collège des Douze que Jésus S’est choisi pour se dire que, finalement, « rien de nouveau sous le soleil… »
En tout cas, quel que soit l’état d’esprit de chacun, le maître est absent, substantiellement parlant. Il est comme « parti en voyage » nous dit l’Evangile de ce matin. Quand mon grand-père s’offrait une petite virée, il ne manquait de nous envoyer une jolie carte postale. Cela fait plaisir, cela fait du bien ! Il pense à moi, il a pris du temps pour moi. N’empêche qu’il n’est pas là… C’est un peu notre situation actuelle : je sais bien que Jésus m’aime, qu’Il prend soin de moi, qu’Il répand sur moi Ses bénédictions. Dans la foi, c’est une certitude. Vous-mêmes, chers paroissiens, vous peaufinez vos temps de prière : un temps tous les jours avec Dieu (et même un peu plus que d’habitude), la lecture des textes du jour dans votre livret de prières, la lecture continue –un petit bout chaque jour–  des quatre Evangile (ou, soyons fous, de tous les livres prophétiques à la queue leu leu), le chapelet en solo ou en direct de la grotte de Lourdes, de multiples petits moyens pour rester connectés au Ciel. Et puis, ce matin, la Messe ce matin devant KTO ou France 2, ou sur votre écran d’ordinateur, par le biais d’une communauté connectée. Un prêtre, ou plusieurs, quelques instruments, une homélie ciselée et percutante : ce n’est pas tout à fait la même chose que la Messe en paroisse (c’est d’ailleurs peut-être mieux, techniquement parlant) mais c’est déjà ça : « faute de grive, on mange des merles… »

A chacun, le Maître a accordé des grâces spéciales, particulières, personnelles. C’est ce que Jésus appelle « les talents », cette valeur monétaire juive. Mais là, vous dites : « Il est gentil, l’abbé : mais Jésus ne nous a pas dit, yeux dans les yeux : "Toi, Je te donne la patience ; et à ta sœur le don de l’écoute et des bons conseils ; et pour ton frère, la grâce de la prière sans difficulté. Tu ne me verras pas pendant quelques temps mais Je compte sur toi, hein : tu exploites à fond ce don durant Mon absence pour faire du bien aux autres." Non-non : nous sommes largués, pris au dépourvu… » J’entends cette remarque : pour ma part, quel don ai-je reçu ? Quelle grâce dois-je exploiter ? Quels moyens le Maître m’a-t-Il accordé pour grandir dans la foi et soutenir mes frères dans leur chemin de sainteté ?

Et si ce nouveau temps de confinement nous était donné pour approfondir notre lien avec Dieu ? Et si nous avions laissé passer la première opportunité offerte par le Seigneur entre mars et mai dernier ? Nous nous sommes distraits, nous avons occupé le temps, mais avons-nous vraiment pris du temps pour Dieu (et soyez bien persuadés que le tout premier à qui je m’adresse, c’est moi-même…) ? Est-ce que, pendant le premier confinement, j’ai fait grandir l’intimité avec Dieu ? Par exemple, est-ce que je connais les qualités qu’Il m’a accordées, ces dons qui me permettent de Lui rendre l’hommage qui Lui est dû et de servir mes frères ? Ou bien moisissent-ils quelque part dans le tréfonds de mon âme, enterrés bien profondément ? Est-ce que je reconnais que telle ou telle qualité me vient de Dieu, qu’elle est un cadeau du Ciel… ou bien suis persuadé –à tort– qu’elle vient de moi, de ma volonté, de mes petits bras musclés ? Un jour, à l’heure solennelle de la grande Rencontre, j’aurai des comptes à rendre et, tout comme les trois serviteurs de ce maître, il me faudra présenter à Dieu un bilan de ma vie. Et cela tiendra en un mot : l’amour que j’aurai donné… ou pas. Les qualités, les dons, les talents reçus n’ont qu’un but : aimer Dieu plus que tout et mieux aimer les autres. C’est sur l’amour que nous serons jugés au Ciel et je ne veux pas, ni pour vous ni pour moi, que nous subissions le même sort que le troisième serviteur paresseux ou négligent. C’est le Seigneur qui parle quand il fait dire au maître courroucé : « ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents ! » tout comme Il faisait répondre aux jeunes filles insensées de la semaine dernière qui frappaient à la porte : « En vérité, je vous le dis : je ne vous connais pas… » Alors, profitons de ce temps pour découvrir dans une relation cœur à cœur avec le Seigneur nos dons, capacités, charismes et talents, faisons-les fructifier et utilisons les à bon escient pour la plus grande gloire de Dieu et le service de nos frères. Amen.

 

Publié dans Homélie, Coronavirus

Partager cet article

Repost0

8 novembre : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Ne perdons pas notre temps : allons à l'Essentiel !
 
Chers paroissiens, en préparant cette homélie, j’étais un peu embêté : Messe avec vous, sans vous ? Dans tous les cas : pour vous !
Et l’homélie ? Devant une assemblée ou uniquement sur internet ? Sur la forme, la question ne se pose pas. C’est sur le fond qu’il est intéressant de se pencher. L’homélie, c’est le fruit de la réflexion, de la prière de celui qui a la mission de prêcher : l’évêque, le prêtre, le diacre qui devra parler devant l’assemblée des fidèles, lit les textes liturgiques, s’en imprègne, s’en imbibe -si j’ose dire-, y revient ; il laisse ces paroles inspirées directement par le Saint-Esprit descendre en lui. Et puis, ça germe, ça pousse, irrigué par la prière quotidienne, par les petits coups d’œil vers le Ciel au milieu des nombreuses activités que nous avons. Dans notre vie de consacrés, c’est avant tout le Seigneur que nous cherchons, que nous servons, que nous aimons. Certains passent des heures devant la télévision ou l’oreille tournée vers la radio et font entrer en eux ces flots d’informations, de nouvelles, d’événements qui les façonnent, qui leur imposent une certaine tournure d’esprit. Nous, consacrés, tout en étant attentifs aux bruits de ce monde dans lequel nous évoluons, nous nous désaltérons à une autre source bien plus rafraîchissante, porteuse de joies et d’espérance : Dieu Lui-Même qui Se donne au quotidien dans Sa Parole –la lecture amoureuse de la Bible, la méditation des textes liturgiques, le bréviaire. Il Se donne aussi –et c’est le niveau du dessus– dans les sacrements, l’Eucharistie en tout premier lieu, « source et sommet de la vie chrétienne » [Lumen Gentium 11] nous rappelle le concile Vatican II. Pour rencontrer Dieu en direct, rien ne vaut la fréquentation assidue de Sa Parole et de Ses sacrements.
 
Alors, que nous dit aujourd’hui Sa Parole, Son Evangile ? Sans doute que chacun pourra y butiner son petit pollen parce que le Saint-Esprit S’adresse chacun de façon personnelle : Il sait de quoi chacun a besoin. Le but pour nous, c’est bien de recharger notre lampe afin de pouvoir entrer dans la salle du banquet, d’avoir accès au repas de fête, de saluer le marié et de partager sa joie. Un jour, je viendrai me présenter devant la porte du Paradis ; ma vie sur terre sera terminée et tout ce temps qui m’a été accordé pour me préparer à cette rencontre tiendra dans la petite lampe de mon âme.
 
Ce qui m’intrigue, c’est le fait que les dix vierges s’endorment, s’assoupissent. Je connais bien ce texte : j’ai eu l’occasion de réfléchir et de prier dessus mais je ne m’étais jamais arrêté sur cet aspect. Pourquoi Jésus précise-t-Il : « Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. » Pourquoi l’époux tarde-t-il ? Pourquoi met-il du temps à arriver ? En général, c’est l’épouse qui se fait attendre, qui se fait désirer. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait de notre endormissement spirituel, lié au train-train, au quotidien, au côté répétitif des choses qui endort, anesthésie notre acuité à prier. C’est une approche possible. Peut-être peut-on lier cette attente à notre vie parfois longue, qui s’étire. J’entends des personnes âgées qui soupirent après la mort, qui ne comprennent pas pourquoi elles survivent si longtemps à leur épouse, à leur mari défunts. Je vois aussi dans mon ministère des personnes très âgées, séniles, grabataires, qui ne peuvent plus communiquer, qui semblent avoir perdu la tête à cause de l’âge ou de la maladie. Je ne sais pas ce qui se passe en leur âme, qui est la résidence de Dieu en elles. Mais, n’ayant plus leur raison, elles ne peuvent plus poser d’actes de charité, je ne suis pas certain qu’elles puissent encore prier ou aimer. Nous avons notre vie pour remplir notre lampe alors ne perdons pas notre temps : par l’amour de Dieu et du prochain –l’un ne va pas sans l’autre– par la fréquentation assidue des sacrements, de la Parole de Dieu, de la prière (« soyez toujours joyeux et priez sans cesse » nous rappelle saint Paul), par le service de nos frères. Le service concret, en actes, sur le terrain ! Pas en blabla ! Tout ce temps nous est octroyé pour que nous puissions faire le bien, pour que nous remplissions notre devoir d’état avec cœur, dans la joie, sûrs que nous accomplissons ainsi la volonté de Dieu. C’est ainsi que l’on remplit la lampe à l’huile. C’est ainsi que cette huile de la charité, de la prière, de la grâce de Dieu se mélangent et remplissent notre âme qui est la lampe de notre vie, cette lampe qui devra briller à l’heure de la rencontre avec l’époux.
 
Notre vie nous est donnée pour approfondir notre relation avec Dieu. Alors, d’abord, rendons grâce d’avoir la foi, de croire en Dieu, de vivre de cette vertu d’espérance par laquelle nous croyons que Dieu met tout en œuvre pour nous sauver. Ensuite, soyons bien persuadés que chaque instant nous est donné pour faire le bien, pour vivre en plus grande intimité avec Dieu. Et ce temps de confinement –qui est permis par Dieu– est sans doute, de façon mystérieuse, un moyen d’approfondir notre proximité avec Dieu qui est prêt à nous accorder toutes les grâces dont nous avons besoin à la mesure de notre disponibilité et de notre engagement. Alors, veillons, soyons actifs à faire le bien, enfonçons-nous dans la prière, dans l’accomplissement de notre devoir d’état avec au cœur cette certitude : le Seigneur vient et nous invite à aller à Sa rencontre !
8 novembre : L'homélie de ce dimanche

Publié dans Homélie, Sacrements

Partager cet article

Repost0

1er novembre : L'homélie de la Toussaint

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Même au milieu des difficultés...
...vivre de la sainteté de Dieu !
 
Chers paroissiens habitués et vous qui êtes venus nous rejoindre à l’occasion de cette Messe de Toussaint, nous voici confrontés à une situation quelque peu inconfortable. Notre cœur devrait être dans la joie en ce jour où nous célébrons tous les saints du Ciel qui sont une invitation pour nous à la sainteté : ces hommes, ces femmes, quel que soit leur état de vie, se sont ouverts à l’amour de Dieu et Lui ont laissé toute la place dans leur âme, dans leur cœur, dans leur vie. C’est cela la sainteté : laisser toute la place à Dieu dans notre vie. Ces saints représentés sur les vitraux de nos églises, en statues, sur les tableaux, ont existé en chair et en os –hormis les anges dont mon cher saint Michel au fond de l’église de Fresnay– ils ont mangé, ils ont bu, ils ont ri, prié et aimé, ils ont souvent souffert et offert. Bref, ils sont comme nous, quoi, avec leurs qualités et leurs défauts, leur style propre, leur éducation et leur histoire ! Ce dimanche est donc un dimanche de la joie : le Ciel, c’est la joie, la joie sans fin et sans fard ; le Ciel, c’est l’Amour de Dieu qui déferle  dans notre âme, qui nous envahit en permanence tout en se renouvelant ; bref, le Ciel, c’est la présence de Dieu en face à face. C’est cela que je veux pour moi, pour vous et pour les autres. Oui, ce dimanche de la Toussaint est un dimanche de la joie, de l’allégresse, de la confiance, de l’espérance du Ciel.
 
Pourtant, ma joie est ternie ce matin. Non pas que je doute de l’Amour du Seigneur, ni même de Ses grâces qu’Il est toujours prêt à accorder très largement à ceux qui les Lui demandent. Mais les événements de ces derniers jours sont tellement lourds : d’une part, l’assassinat d’un enseignant le soir du départ en vacances par un terroriste islamiste, celui de trois catholiques par un autre fanatique en la basilique Notre-Dame à Nice, le jour où les musulmans fêtent l’anniversaire de la naissance de Mahomet, et hier après-midi un prêtre orthodoxe qui se fait tirer dessus en plein Lyon, d’autre part, ce nouveau confinement décrété par le gouvernement avec l’interdiction des Messes publiques, alors qu’aucun cluster n’a été identifié dans une église catholique… et ce sans aucune concertation avec les autorités catholiques. Et je n’oublie pas la fermeture des petits commerces qui signe inéluctablement leur mise à mort. Alors, oui : ma joie est salie. Je le dis simplement parce qu’il faut que cela sorte. J’ai mal parce qu’autour du petit Selli que j’ai baptisé hier après-midi il n’y avait que cinq personnes, alors que le baptême, c’est l’entrée officielle dans l’Eglise et que, d’habitude, la famille se presse en nombre autour de l’enfant. Je souffre parce que les personnes âgées en EHPAD vont à nouveau être privées des sacrements. Et cela va être le cas des catholiques à travers la France : la Messe publique a été interdite… mais pas la fréquentation des transports en commun ou des supermarchés. J’ai mal parce que je ne vois pas la cohérence de ces décisions. Voilà, c’est dit !
Visiblement, il y a deux poids-deux mesures :
 un virus actif dans l'église mais pas dans le métro...
 
Est-ce que pour autant, je vais me calfeutrer dans mon presbytère en attendant que le président ne m’autorise à en sortir ? Est-ce que je vais me tourner les pouces en attendant des jours meilleurs ? Pas question : si la mer est agitée en surface, si cela gronde et fulmine à l’extérieur, au plus profond, cela ne bouge pas. Ma joie profonde n’est pas atteinte : je sais, dans la foi, que le Christ est ressuscité, qu’Il est vainqueur de la méchanceté, du mensonge, de l’incompétence, de la lâcheté. Il est plus fort que la mort, que la haine, que le terrorisme. Il a vaincu, Il a écrasé le péché, Il l’a cloué à la croix. C’est pour cela que ceux qui sont venus se confesser ces derniers jours se sont vus immédiatement pardonnés, relevés, envoyés en mission. C’est pour cela que nous pouvons raisonnablement invoquer Nadine, Vincent et Simone, tués en haine de la foi à Nice, tout comme nous le faisons avec le Père Jacques Hamel, égorgé à Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016 et pour lequel un procès de béatification est ouvert. C’est pour cela que Dieu est venu chasser les ténèbres de l’âme de ce petit Selli et S’y installer avec joie –et qu’il y ait 5 ou 50 personnes, dans la foi, cela ne change rien. Pour le moment, je me sens bien impuissant pour les petits commerçants, pour les personnes âgées en maison de retraite mais je sais bien que ce n’est pas en chouinant, en pignant comme on dit en Sarthe, que cela changera la donne pour eux. En revanche, de célébrer avec plus de ferveur, de dire le chapelet avec confiance, de m’accrocher à ma bible ces matins où je n’ai pas très envie de la lire, ça, ça peut les aider. Et puis de demander aussi aux autorités compétentes que le droit soit respecté…
Vincent, Nadine, Simone, priez pour nous !
 
Alors, ce matin, je ne me laisserai pas voler ma joie de catholique et de prêtre : le terrorisme peut frapper dans nos églises, le gouvernement peut empêcher aux catholiques –qui ont pourtant été exemplaires pendant et après le premier confinement– de vivre leur foi à travers les sacrements, cela m’affecte, cela me touche, cela me blesse, mais cela n’affecte en rien mon amour de Dieu et de l’Eglise et cela ne m’empêchera pas non plus de vivre ma mission de curé. La sainteté, c’est de faire ce que nous avons à faire sous le regard de Dieu. Et si, au lieu de nous laisser tétaniser par le démon de la peur, nous allions vraiment de l’avant,  –« nous qui marchons par le chemin de la foi, nous hâtons le pas » dit la préface, ce qui permet de poser la question avec un clin d’œil malicieux : tandis qu’un président qui se réclame « En Marche » met pour la deuxième fois la France à l’arrêt, et si les vrai « En marche », c’était nous, les catholiques, les fidèles du Christ ? Oui, allons de l’avant, « hâtons le pas » même : notre monde en sera plus beau car il sera plus saint : Dieu qui peut agir en chacun de nous, qui peut étendre Son action à travers car nous Lui laissons la première place !
Ne nous laissons pas tétaniser par le démon de la peur ! Allons de l'avant !

Publié dans Homélie

Partager cet article

Repost0

25 octobre : Homélie pour les premières Communions à Sougé

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Communier, c'est vivre de Jésus Lui-Même !
 

Chers enfants, chers parents, chers paroissiens, l’abbé Chevalier m’a proposé de prêcher à l’occasion de la première Communion de cette célébration de première Communion et je l’en remercie vivement. En effet, dans ma vie de prêtre, la Messe, la Communion, c’est vraiment quelque chose d’important, de primordial, de vital même ! Et de pouvoir en parler simplement avec vous ce matin, ce m’est un cadeau ! Alors, cher Maurice, merci de ce cadeau  que vous me faites !

Cela fait longtemps que vous attendez ce moment, chers enfants… Au mois de mai, en juin dernier... Les événements que nous vivons ont retardé ce jour béni où Dieu vient Se donner à vous dans cette petite hostie consacrée qui est le Corps de Jésus –qui est Jésus Lui-même. Mais nous y sommes : tout à l’heure, l’abbé Maurice va déposer entre vos mains cette petite hostie blanche, Jésus, notre Sauveur, notre Roi, notre Dieu. Et le plus heureux ce matin, ce n’est pas vous, chers enfants, ni vos parents, ni même vos prêtres qui se réjouissent de vous voir progresse dans la foi. Non, le plus heureux ce matin, c’est Jésus. Savez-vous pourquoi ? Pour avoir la réponse, il faut remonter au jour de votre baptême. Ce jour-là, grâce à vos parents, Dieu est venu Se cacher en vous, présence discrète mais constante. Par la suite, vos parents vous ont parlé du Seigneur Jésus, de la sainte Vierge, de l’Eglise. Ils vous ont expliqué pourquoi il y a ces calvaires qui se dressent à la croisée de nos chemins, ce qu’est une église et pourquoi les cloches retentissent, qui est le Pape. Bref, ils ont répondu à vos questions et interrogations d'enfants. Puis ce sont les catéchistes qui ont pris le relais : elles vous ont fait découvrir l’histoire sainte, l’histoire de Dieu avec les hommes, Adam et Eve, Abraham, Moïse, les prophètes, puis la venue sur terre de Jésus, Dieu fait homme, Ses miracles, Ses paraboles, Son dernier repas avec Ses disciples, Son arrestation au jardin des oliviers, Sa Passion, Sa mort sur la croix et, surtout, Sa résurrection ! Puis vous savez qu’Il est parti au Ciel –c’est la fête de l’Ascension– et que, de Là-haut, Il veille sur Ses amis. Il leur a envoyé l’Esprit-Saint le jour de la Pentecôte et, à compter de ce jour, les apôtres sont partis à travers le monde annoncer la Bonne Nouvelle du Salut !

Et l’aventure continue jusqu’à aujourd’hui. Des hommes, des femmes, des enfants décident d’être amis de Jésus, de vivre selon Son enseignement, de vivre de Sa vie à Lui. Pour ce faire, Jésus Se donne Lui-Même à eux, Il leur procure Sa force, Sa présence, Sa puissance. Vous avez appris au caté que vous pouvez retrouver Dieu dans la prière, dans le service, dans l’obéissance à vos parents, grands-parents, professeurs. Mais le meilleur moyen, le plus efficace, c’est la Messe, qui est la plus grande, la plus belle des prières. La Messe nous unit intimement à Dieu le Père par le sacrifice de Son Fils. Et la Communion, c’est recevoir Jésus en personne en nous. Alors, vous imaginez Sa joie de pouvoir S’établir physiquement en vous, de S’installer en Votre âme, qui est Sa demeure depuis votre baptême.

Qu’est-ce que ça change de communier ? Je viens de vous le dire : vous avez Jésus substantiellement en vous. C’est un mot un peu compliqué à saisir à votre âge, mais, pour faire simple, cela signifie que Jésus est présent en vous avec Son corps et Son âme, Son humanité et Sa divinité : Il est là tout entier. Il devient donc votre moteur. C’est Lui qui vous apprend à vous tourner vers Dieu. Nous l’avons entendu dans l’Evangile : le premier commandement, c’est d’aimer Dieu plus que tout ! Et c’est Jésus qui nous aide à aimer Son Père « de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit. » C’est Lui aussi qui nous aide à aimer les autres puisqu’Il est amour. C’est une des grâces de la sainte communion fervente, régulière, bien préparée. Cela me permet de supporter mon petit frère qui est parfois agaçant, d'accepter telle ou telle décision des parents que, spontanément, je n'aurai pas choisie : dans la sainte communion, Dieu m'aide à aimer les autres, malgré leurs défauts... et les miens !

Mais vous vous dites : « pourquoi Jésus nous aide à aimer ? » Parce qu’en fait, comme le propre de Dieu, c’est d’aimer, Jésus qui est Dieu ne peut qu’aimer. Et aimer, cela rend heureux et c’est cela que Jésus veut pour nous : le bonheur ! Et le grand bonheur, le vrai bonheur, c’est cet amour de Dieu. C’est cela que nous cherchons toute notre vie : je veux me plonger dans cet Amour qui est Dieu dont je pressens qu’Il me donnera le bonheur sans fin. Cela s’appelle la sainteté.

Chers parents, le dernier mot est pour vous : aidez vos enfants à vivre de cette foi. J’entends parfois dans leur bouche : « je ne peux pas aller à la Messe ; les parents, ils disent qu’on a trop de choses à faire à la maison ! » Sérieux !? Si cette communion est importante, permettez à vos enfants de la vivre souvent, régulièrement afin qu’ils puissent approfondir ce lien vital avec le Christ. Aujourd’hui et demain, cela dépend de vous… jusqu'au jour où ils pourront Le choisir d'eux-mêmes et devenir de Ses disciples.

Publié dans Homélie, Sacrements

Partager cet article

Repost0

24 octobre : L'homelie de la Messe anticipée

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Une invitation radicale à la conversion
 

Bon, mes frères, encore des textes sacrés qui nous secouent, qui nous malmènent. A moins d’avoir piqué un petit roupillon entre le Gloria et la fin de l’Evangile, il n’est pas possible, après avoir entendu la première lecture, la seconde et l’Evangile, que cela ne vous démange pas ou que cela ne vous gratte pas aux entournures, là. Ah, vraiment, quand l’auteur de la Lettre aux Hébreux écrit que « la Parole de Dieu est vivante, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. », eh bien c’est vrai. Pardonnez-moi d’être aussi cash mais si vous n’avez pas été percutés, bousculés, remis en cause par ces lectures, ne venez plus à la Messe ! Car cela signifie que la Parole de Dieu glisse sur vous comme sur les plumes d’un canard, qu’elle n’a aucun impact, qu’elle est inutile, vaine. Que ce soit l’Ancien ou le Nouveau Testament, c’est Dieu qui S’adresse à nous, qui nous parle, nous façonne, nous modèle selon Son projet. En outre, Jésus est « le Verbe de Dieu », Il est Sa Parole, Il parle et enseigne en Son Nom. Ne pas écouter Sa Parole ou considérer que tel texte n’est pas pour nous –pour les autres peut-être, mais pas pour nous– c’est rejeter Dieu Lui-Même…

Oui, ces textes nous secouent ; ils nous dérangent peut-être, ils nous mettent mal à l’aise. Car je sens bien qu’entre l’exigence de la vie évangélique et ma vie tout court, il y a parfois une distance, un fossé… un abîme ? Le but des Saintes Ecritures, de l’enseignement de l’Eglise, ce n’est pas de nous accuser, de nous faire des reproches : c’est de nous obliger à réfléchir, à nous remettre en cause pour une conformité à l’enseignement du Christ, pour une sainteté toujours plus grande. « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »

Dans la première lecture, c’est Dieu en personne qui donne des consignes, des recommandations à Moïse. Il précise les dix commandements qu’Il vient de lui remettre, Il entre dans le détail, donne des exemples précis, concrets : on n’aime pas Dieu et son prochain en gros, en vrac, à la louche. S’il a vocation à l’universalité –c’est chacun de nos frères que nous devons aimer, sans exception– cet amour est concret, précis, incarné, individualisé. Le Seigneur va jusqu’à désigner ceux que nous devons aimer, ceux que nous devons servir, ce vers qui notre cœur devrait se tourner. Il cite nommément « l’immigré, la veuve et l’orphelin et le pauvre ». Et Dieu S’abaisse jusqu’à donner des détails : prêter de l’argent sans intérêt, rendre son manteau à celui qui n’a pas de quoi se couvrir la nuit. Ce faisant, Dieu nous montre comment Il agit Lui-même avec nous : Il ne nous aime pas de façon globale, par paquet de dix, indifféremment. Dieu nous connaît mieux que nous-mêmes : Il sait quels sont nos joies et nos soucis, nos inquiétudes ; Il sait de quoi nous avons besoin, ce qui nous est nécessaire –le seul problème, c’est que nous ne Lui demandons pas, nous L’écartons de nos petites contingences matérielles. Czette attitude est une erreur et si nous avions suffisamment confiance en Dieu et assez d’humilité pour Lui demander Son aide et Son soutien, nous serions exaucés au-delà de nos espérances… S’il Se préoccupe du manteau du pauvre et qu’Il promet une punition exemplaire à celui qui néglige la veuve ou l’orphelin, Il aura bien pitié de nos problèmes de santé, de voiture ou de maison, si cela peut contribuer à notre sanctification.

Le Seigneur Jésus résume cet enseignement en quelques mois –car figurez-vous que les consignes de Yahvé à Moïse courent quand même sur  trois chapitres dans le Livre de l’Exode avec une deuxième couche dans le Lévitique et une troisième dans le Deutéronome (et je vous fais grâce de celles qui forment le fil rouge du Livre des Nombres…) D’où la question de ce docteur de la loi à Notre Seigneur : « quel est le grand commandement ? » Je traduis : « Rabbi, quand je parcours les Ecritures, la Loi et les prophètes, je trouve des tas d’instructions, de consignes, de règles, de recommandations… Qu’est ce qui prime ? Qu’est-ce qui est le plus important ? » Vous connaissez la réponse, incisive, exigeante, décapante : aimer Dieu plus que tout et aimer notre prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. C’est là notre ADN de chrétiens, de disciples du Christ.

Alors, concrètement, qui est mon prochain ? Mon mari, ma femme, mes enfants, mes parents, mes frères et sœurs et leurs proches, ça c’est évident. Les amis, plus ou moins proches, les collègues de boulot, mes supérieurs et mes subordonnés –pour les plus jeunes : les enseignants, le CPE, le directeur. Mon prochain, il est là. Et « le dirlo », c’est du concret ! La boulangère à qui j’achète mes croissants ou ma baguette tradition aussi ! Jésus ne me demande pas de leur faire bisou-bisou (je vous recommande d’ailleurs d’éviter aussi bien avec le directeur qu’avec la boulangère, n’est-ce pas…) mais il nous demande d’avoir de la considération pour eux, de les regarder, de faire attention à eux. Il y a quelques mois, les Français applaudissaient les infirmières tous les soirs à 20h ; depuis, elles ont disparu des radars­... Je dis ça, je dis rien... D'autre part, il a fallu la mort ignominieuse d’un enseignant pour que les profs soient mis en valeur –m’est avis, malheureusement que cela ne durera qu’un temps… Et reconnaissons que nous faisons assez peu attention à la caissière du Leclerc d’Arçonnay ou du Super U de Fresnay… et je ne parle même pas du clochard qui demande une petite pièce à la sortie de La Poste du Mans ou d’Alençon. Or chacun d’eux est mon frère, ma sœur, et Jésus a souffert et donné Sa vie pour chacun d’eux, le riche comme le pauvre, le sympa comme l’enquiquineur.

Attention, je vais un peu plus loin. Nous, catholiques, avons cette exigence de vivre du Christ. Ce dernier côtoyait tous ceux qui venaient à Lui et ne repoussait personne. C’est vrai qu’Il taillait des costards aux hypocrites, qu’Il remettait à leur place les tartuffes et les faux-jetons mais chacun pouvait s’approcher de Lui, changer son coeur, son attitude, se convertir et devenir disciple : je cite à la volée Pierre et André, de simples pécheurs de Galilée à l'accent rocailleux (avec eux, on ne fait pas dans la haute société), Matthieu le publicain, le collecteur d’impôt, le collabo’ des Romains, Marie-Madeleine (je ne vous fais pas de tableau). Il met en valeur les publicains, les Samaritains, les prostitués. Tout cela, c’est la compagnie de Jésus, les amis de Jésus… Maintenant, regardons-nous, mes frères. Jetez un coup d'oeil sur votre voisin de banc, et sur ceux qui sont de l'autre côté de la nef : il y a dans cette église des paroissiens que nous connaissons bien, qui sont des amis, des proches, ou au moins des connaissances. Il y a aussi des inconnus, des nouvelles têtes peut-être (les vacances de Toussaint nous amènent des fidèles qui viennent d'ailleurs). Eh bien, chacun m’est un frère ici. Que sa tête, son look, sa coiffure, sa façon de parler me reviennent… ou pas !

Permettez de citer un fait qui montre que ce n'est pas sinaturel que cela, même netre catho'... Vous rendez vous compte qu’il y a un peu plus de 20 ans, dans notre diocèse, il a été décidé d’ajourner l’ordination diaconale de deux séminaristes. Leur tort ? Faire partie de la communauté de l’Emmanuel. En effet, à l’époque, nous attendions un évêque pour succéder à Mgr Gilson et certains ont pensé qu’on ne pouvait pas décemment imposer au futur prélat des prêtres de cette communauté. Evidemment, Mgr Faivre a appelé imédiatement ces deux candidats au diaconat et au sacerdoce : ils sont catholiques, non !? Les choses ont bien changé depuis... Mais c’est incroyable de se dire qu’il y a 20 ans, le regard posé par les membres de l’institution sur ces deux garçons était un regard de soupçon et qu'ils n'étaient pas vu spontanément comme des frères... Oui, mais c’est du passé, « à tout péché miséricorde ! », il faut aller de l’avant. Bien sûr , mais sachons reconnaître et assumer nos erreurs, nos hésitations, nos tergiversations, bref, nos manques d’amour.

Toutefois, est-ce que nous ne faisons pas la même chose aujourd’hui dans notre propre paroisse, quand il y a des distinctions entre frères : « ceux de la Messe en latin »/« ceux de la Messe de 10h30 », « ceux qui restent debout »/« ceux qui se mettent à genoux », ceux qui lèvent les mains au ciel pendant un chant du renouveau »/« ceux qui restent bien droit », « ceux qui communient dans la bouche »/« ceux qui communient dans la main », « ceux qui gardent religieusement le masque sur le nez »/« ceux qui so'ctroient une petite pause de temps à autre » ? Chacun, à sa façon, à sa sauce, tâche d’aimer le Seigneur « de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit », certainement maladroitement, avec ses limites et ses défauts mais selon ses convictions et selon son cœur. Alors, maintenant la grande question : ils sont mes frères, oui ou non ? Ils adorent et servent le même Dieu que moi, oui ou non ? S’ils sont mes frères, Jésus me demande de les aimer comme ils sont et de les aimer comme moi-même. Reçu ?

Oui, ces textes, si nous les prenons au sérieux, si nous décidons de les mettre en application, déménagent, nous secouent et nous obligent même à nous remettre en cause –et ça, nous n’aimons pas bien… Et c’est pour cela que nous venons à la Messe : pour correspondre toujours plus à ce que Dieu veut pour nous. C’est cela la sainteté, cette sainteté que nous fêterons solennellement dimanche prochain. Prions les uns pour les autres, afin que Dieu nous aide à nous convertir pour Lui appartenir toujours davantage…

 

 

Publié dans Homélie

Partager cet article

Repost0

1 2 3 4 > >>