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9 articles avec homelie

16 juillet : l'homélie de ce XVème dimanche du temps ordinaire

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Le Bon Dieu veille au grain...
 
« Le semeur est sorti pour semer… »  Avons-nous conscience, frères et sœurs bien-aimés, que toute l’année, le Semeur a semé le bon grain dans les cœurs ? Au caté que ce soit à l’école Notre-Dame-Saint-Joseph, au collège Sainte-Thérèse de Beaumont ou au caté paroissial à Fresnay, à Fyé et à Champfleur pour ici, ou dans vos paroisses, chers amis de passage, le Semeur a semé le bon grain. Dans la préparation à la première Communion, à la profession de foi, à la confirmation, le Semeur a semé le bon grain. Dans le cœur des enfants qui ont vécu le sacrement de réconciliation et de pénitence, le Semeur a semé le bon grain. Dans les préparations aux baptêmes et mariages, le Semeur a semé le bon grain. Lors de l’écoute des familles en deuil et la célébration des sépultures, le Semeur a semé le bon grain. Lors de l’accompagnement au cimetière du défunt, le Semeur a semé le bon grain. Mais quand vous avez pris du temps pour lire la Parole de Dieu, pour réciter le chapelet, pour adorer le Saint-Sacrement, pour venir à la Messe en semaine ou le dimanche, le Semeur a semé le bon grain. Quand vous êtes venus vous confesser, quand vous avez prié dans votre voiture plutôt que d’écouter la radio ou que vous avez fait monter vers le Ciel vos intentions de prières, le Semeur a semé le bon grain. Quand vous avez fait attention à votre prochain ou que vous avez rendu service par amour du Christ, le Semeur a semé le bon grain. Dans l’Evangile, le Seigneur Jésus explique à Ses apôtres que la semence, le grain, c’est la Parole de Dieu qui est faite pour germer et porter du fruit. Je voudrais aller plus loin, le temps de cette homélie, et voir dans le bon grain l’action de Dieu en nous, Sa grâce, Sa force, Sa présence.
 

Ça en fait du bon grain semé dans nos vies, non !? Du bon grain qui a été planté dès le début de notre vie en Christ. Et nous l’avons entendu dans la première lecture, une fois que le grain est semé, il est fait pour pousser, pour donner du fruit. En effet, le Seigneur est à l’œuvre dans nos vies du début jusqu’à la fin, certes discret mais véritablement agissant et efficace : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer. » Il faut vraiment une terre particulièrement dure, sèche, aride pour que l’eau ne puisse y pénétrer et la féconder ! Et cen’est pas notre cas, n’est-ce pas !?

Le grain a été planté en nous lors de notre baptême : c’est la semence de la foi. Cette petite graine de foi a été demandée par nos parents à l’Eglise et, après les rites du baptême posés sur nous par un prêtre ou un diacre, ce sont nos parents qui l’ont entretenue. C’est là le sens du signe de croix qu’ils tracent après le prêtre juste avant que leur enfant n’entre dans l’église : ils sont les garants de cette foi qui va être offerte à leur tout-petit. Ce sont eux les premiers jardiniers qui vont sarcler, biner, désherber, poser un tuteur et permettre à cette petite graine de foi de prendre son essor. Chers paroissiens et amis, si vos parents ont joué le jeu, s’ils ont rempli, vaille que vaille, cette mission, est-ce que vous avez pensé à leur en rendre grâce, à remercier le Ciel pour eux !? Ce sont eux qui ont essayé de couper les ronces, qui se sont penchés, courbés, afin de ramasser les cailloux et autres pierres afin que la graine puisse s’enraciner dans de la bonne terre. Ce sont eux qui ont chassé les oiseaux qui menaçaient d’engloutir les graines fraîchement semées.
 
 

Cette petite graine est fragile et on ne compte plus les prédateurs, des corbeaux voraces aux ronces qui étouffent en passant par la pierraille qui empêche de prendre racine. Il lui en faut de la force, de la ténacité, de la persévérance à cette petite graine de foi pour tenir le coup, grandir et se développer. Deux événements récents –puisqu’ils datent de cette semaine– témoignent de cette hostilité contre Dieu et Sa puissance d’amour. Il y a d’abord ce laïcisme à tout crin tellement franco-français, qui fait  que certains media main stream s’émeuvent voire s'indignent qu’un président américain invité pour le 14 juillet –The Bastille day disent les américains– puisse terminer son discours officiel par « May God bless France » - « Que Dieu bénisse la France » (il est vrai que ce christianisme américain, aussi décomplexé et naturel, est difficilement compatible avec la Révolution française profondément anticléricale, voire satanique, qui a lutté de toutes ses forces contre l’Eglise et son enseignement et qui a massacré à tour de bras prêtres, religieux et catholiques…) Il y a aussi ces attaques systématiques contre le clergé au point que lorsqu’un cardinal français est attaqué en justice pour des histoires profondément douloureuses, tout la presse anticléricale le condamne et salit l’Eglise du même coup, sans aucun égard pour la présomption d’innocence pourtant si chère en d’autres circonstances ; mais lorsque ce même cardinal est blanchi par la justice, un silence assourdissant accompagne cette décision de justice…

 
En France, nous ne sommes -pour le moment...- pas attaqués jusqu’au sang pour notre foi. C’est le cas en Irak, en Syrie, en Egypte, en Corée du Nord, au Vietnam, en Chine, en Indonésie. Pas chez nous –ou alors de façon tout à fait exceptionnelle : nous ne manquerons pas de faire mémoire du Père Jacques Hamel le 26 juillet prochain, date anniversaire de son assassinat. En revanche, il y a ces petites attaques perfides, par en-dessous, lâches le plus souvent. Je pense à ce collégien qui m’avait dit : « L’abbé Gaëtan, ce n’est pas juste : dans mon collège public, on m’a interdit de porter mon sweat du groupe Hopen parce que c’est un groupe catho et je n’ai pas le droit de parler de Jésus, mais quand mon prof d’histoire attaque l’Eglise et se moque d’Elle, à lui, on ne dit rien… » N’empêche que cette petite graine de foi est plus forte, plus résistante : elle s’accroche, persiste et ne lâche rien ! Alors, profitons de cette Messe pour dire merci à Dieu d’avoir ancré en nous la semence de la foi, et de l’arroser si souvent de Sa grâce ! Merci à Dieu aussi d’avoir placé autour de nous des semeurs, des jardiniers, qui labourent, sarclent, binent et entretiennent. Et puis ce peut être l'occasion de prendre la décision de plonger la main dans le sac à grain et de le répandre largement, ou de mettre la main à la houe, à la binette et au sarcloir pour continuer cette belle œuvre qui a commencé il y a 2000 ans en Palestine et qui n’est pas prête à s’arrêter grâce à Dieu qui veille au grain… 
 

Publié dans Homélie

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9 juillet : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"Vos vacances, avec ou sans Jésus ?"

Mes frères, les vacances viennent de commencer, au moins pour les plus jeunes de nos communautés qui viennent de quitter officiellement l’école, pour presque deux mois sans classe, sans devoir, sans interro’. Evidemment, je n’oublie pas les sacro-saints « devoirs de vacances » achetés par les parents consciencieux, mais, dans l’ensemble, nous entrons dans une autre dimension pendant ces mois de juillet et août : la période estivale si attendue, espérée, presque fantasmée pour ceux qui ont le nez dans le guidon et qui n’aspirent plus qu’à un plongeon dans l’Atlantique ou une randonnée dans les Alpes pour ceux qui ont la chance de partir. Pour ceux qui resteront, c’est l’occasion sans doute de grasses matinées, d’un plouf à Coco Plage que j’ai découvert pendant le camp vélo [cliquez ICI], de balades autour de Saint-Léonard où nous étions la semaine dernière en paroisse [cliquez LA], de lectures, de siestes et de visites aux amis ou tout simplement du farniente si cher aux Italiens et qui trouve toute sa place aussi à Fresnay ou dans nos autres clochers !
 
Très bien ! Nous en avons besoin. C’est utile ; c’est même nécessaire ! Mais « et Jésus dans tout ça !? » Vous savez que Celui qui n’est jamais en vacances, c’est Dieu. Cet échange d’amour perpétuel, infini, sans cesse renouvelé ne s’arrête pas entre le 7 juillet et le 3 septembre : vous imaginez le panneau à l’entrée du Ciel : « absent pour cause de congé » ou le message téléphonique sur le répondeur du Ciel : « Votre prière ne peut accéder : veuillez renouveler votre appel ultérieurement » avec la petite musique angélique qui va bien ? Non, ce n’est pas sérieux ! Ce n’est tout simplement pas réalisable.
Ce matin, Jésus nous dit justement exactement le contraire : « Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, Je vous procurerai le repos. » Cette année a peut-être été une période difficile : beaucoup de pression au boulot, des soucis familiaux, des pépins de santé pour vous ou des êtres chers, des difficultés avec vos chers enfants ou adolescents, des séparations, des crises peut-être… Et si le Bon Dieu a été toujours là, délicatement présent, prêt à donner le coup de pouce qui remet en selle, vous, vous L’avez peut-être oublié, ou même carrément squezzé, écarté, mis de côté… Vous Lui en avez voulu… ou, tout simplement, vous ne vous êtes pas souvenu de Lui, trop accaparé par la gestion du quotidien… C’est dommage pour des catho’, c’est regrettable. Mais Dieu, Lui, reste fidèle. Alors, si vous profitiez de ce temps d’été pour Le retrouver ? D’une part, vous allez avoir quinze jours ou trois semaines où vous allez pouvoir souffler. Le plouf à Coco Plage, c’est bien –c’est super agréable surtout quand il fait chaud comme en ce moment !– mais le plouf en
Dieu, c’est carrément vital ! C’est ce qu’il y a de plus ressourçant ! Je me permets d’entrer un peu plus dans le détail. S’il vous plaît, si vous êtes aoûtien –c’est-à-dire, si vous prenez vos vacances en août, préparez déjà ce rendez-vous avec le Seigneur. La maison est sans doute plus calme avec le départ des enfants en colo ou en camp : un peu moins de boulot, un peu moins de bruit et de pression ! Super occasion de retrouver le Seigneur par petites touches : cinq minutes le matin ou le soir –et plus si affinités. Vous préparerez bien vos vacances et bien, préparez bien cette rencontre avec le Seigneur. car comme nous l'a rappelé saint Paul, nous ne vivons pas seulement seulement la chair qui conduit à la mort mais selon l'Esprit qui donne la vie ! Et puis, la bonne nouvelle c’est que si les vacances se terminent un jour, le lien intime avec Jésus ne prendra jamais fin : déjà, ici-bas, c’est 7 jour sur 7, 24h sur 24, jour et nuit sans interruption jusqu’à la grande Rencontre d’amour… qui ne prendra jamais fin, au Ciel dans la joie parfaite de Dieu !
Un petit mot pour les retraités de notre assemblée –il me semble qu’il y en a quelques-uns– qui se sentent moins concernés par les vacances puisque pour eux, après de longues années de labeur, ils n’y a plus de lever aux aurores pour aller au boulot. Soit vous avez les enfants et petits-enfants à la maison : joie ! Mais c'est une période un peu moins calme pour vous, n’est-
ce pas ! Eh bien comme tout ce petit monde se lève plutôt tard (d’ailleurs, il a fallu secouer les petits-enfants pour ne pas être en retard à la Messe ce matin !), vous qui êtes plutôt du genre lève-tôt, profitez du calme et de la fraîcheur matinale pour un petit rendez-vous avec Jésus ! Le Magnificat trouve parfaitement sa place sur la table du petit-déj’ entre le pain frais et les croissants achetés spécialement pour la famille, la confiture de rhubarbe cusiné avec amour par Bonne Maman et la tasse de Ricoré, « l’ami du petit-déjeuner ». Car ce moment de tranquillité peut aussi être moment d'intimité avec le Seigneur. Puis-je vous recommander aussi le soir, au moment de coucher les petits-enfants les plus jeunes ? Belle occasion de vous tourner ensemble vers le Ciel, confiant à Dieu les joies et les peines de la journée, Lui présentant toutes les activités vécues et les personnes rencontrées.

Mes frères, le message est simple : pas de vacances sans Dieu ! Au contraire, resserrons les liens avec Lui, replongeons-nous en Lui si nous L’avons tenu à l’écart de notre vie ces derniers mois. Et puis, quand vous vous rendrez compte, avec émerveillement, combien ce « repos » en Dieu vous est profitable, vous ne manquerez pas de continuer après la rentrée, prolongeant ainsi vos vacances et cette chère période estivale ! Amen.

 

Publié dans Homélie

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18 juin : homélie pour la Fête-Dieu

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un Dieu qui Se laisse manger...
 

...pour nous donner Sa vie
 
Mes frères, avons-nous faim de Dieu ? Nous qui ne loupons jamais un repas, qui prenons soin de notre corps, qui aspirons aux vacances pour pouvoir souffler, reprendre des forces, bref, nous qui goûtons la vie qui nous est offerte et qui l’entretenons soigneusement, avons-nous faim de l’Essentiel qui est Dieu ? Nous courrons tous après le bonheur, les plus jeunes qui tannent leurs parents pour avoir un hand spinner, les adultes qui pensent que c’est une nouvelle bagnole qui va les rendre heureux… Tout ça, même si cela n’est pas désagréable et sans doute pas mauvais en soi, c’est du vent, du flan… Ce n’est pas cela qui nous donnera la vie ! Jésus l’affirme dans Son magnifique discours à la synagogue de Capharnaüm : « Amen, amen, Je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas Son sang, vous n’avez pas la vie en vous. » Discours magnifique, mais difficilement compréhensible et tout aussi difficilement acceptable pour Ses contemporains. D’ailleurs, nous savons que certains de Ses disciples, scandalisés par Ses propos, L’abandonnerons dans la foulée, obligeant les apôtres à un véritable acte de foi : « A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! » La vie, une fois encore, et la vie éternelle, s’il vous plaît : la vie qui ne cesse pas, la vie sans fin, la vie heureuse sans plus aucune entrave !
 
Cette vie, notre vie, n’a de sens qu’en Jésus, qu’avec Jésus. Sans le Christ, notre vie n’a pas de raison d’être : nous allons grandir 9 mois dans le ventre d’une femme, naître, nous développer, apprendre à marcher, à parler, puis à lire, à compter et à écrire, nous allons entrer à l’école, puis au collège et au lycée ou en apprentissage, faire des études supérieures ou entrer très vite dans le monde du travail, nous marier, avoir des enfants, prendre notre retraite puis mourir et pourrir dans un cercueil à moins que ce ne soit le feu qui vienne réduire en cendres 30-50-70 ou 90 ans de vie terrestre. Si Jésus est absent de ma vie, si elle se bâtit sans Lui, c’est comme la maison du premier des petits cochons : une maison de paille qui s’envole au moindre coup de vent et dont il ne restera rien –rien de rien !
 
C’est Jésus qui donne sens à notre vie, qui lui donne un but, une direction : c’est Jésus qui est notre GPS. Et la ligne d’arrivée est simple, c’est le Ciel, le Paradis, la vie éternelle en Sa présence, avec le Père et le Saint-Esprit. La direction pour y aller peut varier, les chemins sont nombreux pour s’y rendre. En revanche, c’est avec Lui, toujours ! Et le meilleur moyen de ne pas se tromper de chemin, de ne pas trop perdre de temps à errer et tourner en rond, c’est d’avoir Jésus avec nous, à bord, qui nous indique le chemin, qui nous montre la route à suivre. Mais comment faire pour avoir Jésus avec nous ? La réponse vient, une fois encore de Sa bouche : « Celui qui mange Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi, et Moi, Je demeure en lui. » Celui qui reçoit le Corps du Christ avec amour, qui s’est préparé à cette grande rencontre du dimanche, qui prépare avec soin ce rendez-vous hebdomadaire, a peu de chance de s’égarer. Il a Dieu en lui, qui l’éclaire et l’illumine, qui l’aide à se corriger de ses défauts, de ses mauvaises habitudes, de ses travers qui sont autant d’obstacles sur la route de la sainteté. « Celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
 

Frères et sœurs bien aimés, êtes-vous persuadés, intimement convaincus, que c’est le Christ qui donne le bonheur de la vie éternelle ? Sans doute puisque vous êtes venus à la Messe ce matin. Mais ai-je conscience que c’est une grâce de participer à la Messe, de pouvoir y recevoir le Corps très saint de Jésus, à travers lequel je reçois Son Corps et Son âme, Son humanité et Sa divinité, bref, Sa vie toute entière. Quand je viens communier, c’est la vie de Dieu qui m’est offerte en cadeau, c’est Dieu Lui-Même qui vient S’offrir à moi, tout petit devant Lui et pourtant rendu digne par le sacrifice de Jésus qui a racheté tous mes péchés. Mes frères, en cette fête du Saint-Sacrement, je vous demande très simplement de prendre la décision, tant que votre santé le permet, de ne jamais manquer la Messe du dimanche, de ne jamais vous écarter de ce don de vie qui nous est offert. Notre force est là ! Notre vie est là ! Et vous le savez ! Et vous en vivez ! Alors, à Dieu la première place dans notre vie ! C’est pour cela qu’Il est venu sur terre : pour nous permettre de vivre cette relation d’amour ! Et elle se vit au maximum de Sa puissance dans l’Eucharistie. Il n’y a qu’au Ciel que notre relation sera aussi forte et intime et l’Eucharistie nous prépare au Ciel. Alors ne passons pas, par notre faute ou notre négligence, à côté de l’Essentiel ! Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Publié dans Homélie

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4 juin : homélie du dimanche de la Pentecôte

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Le Saint-Esprit passe à l'attaque !
 
Nos chers apôtres reclus, enfermés, barricadés au cénacle ont du être bien surpris de la forme qu’a pris l’Esprit-Saint pour débarquer dans leur vie ! Le Seigneur leur ayant promis un Défenseur, un Avocat, sans doute s’attendaient-ils à voir arriver un homme à la stature imposante, sûr de lui, tout habité par la force de Dieu –vous savez, ces personnalités dont on sent intuitivement qu’elles sont habitées, qu’il y a une présence plus grande qu’elle en elle. Je les imagine se relayant à la fenêtre, surveillant les allées et venues, tâchant de repérer Celui que Dieu leur avait promis. Sauf que c’est un coup de vent « imposant, sûr de lui, tout habité par la force de Dieu » qui S’est engouffré dans le cénacle, se jouant des cadenas, serrures et autres clenches. La seule chose que demande le Saint-Esprit pour pénétrer quelque part, pour investir une âme ou un lieu, pour donner la force du Ciel à ceux qui sont sur terre, c’est notre disponibilité : depuis 10 jours 10 jours ! les apôtres étaient en prière, suppliant le Très-Haut d’accomplir Sa promesse, Lui demandant Sa force, tournant leur regard vers le Ciel pour qu’ils soient exaucés ! Eh bien, cela a été le cas, mais pas comme ils l’imaginaient…
 
Est-ce qu’il n’en est pas un peu ainsi avec nous, mes frères ? Nous avons beau savoir que le Saint-Esprit est Dieu, qu’Il est la troisième Personne de la Sainte Trinité –nous le rappelons à chaque signe de croix– néanmoins beaucoup de catholiques restent un peu mal à l’aise avec Lui, ne sachant trop sur quel pied danser…

C’est pourquoi je vous propose une valse à trois temps, à travers les textes de la sainte Ecriture de ce dimanche –que vous avez eu la bonne idée de préparer avant de venir à la Messe pour mieux les goûter, n’est-ce pas !
 
Quand nous avons du mal à expliquer quelque chose, nous essayons de le décrire. C’est exactement ce que fait le Livre des Actes des Apôtres. Les deux images utilisées par saint Luc pour décrire l’action de l’Esprit nous sont familières : le vent et le feu. Le vent, c’est la brise légère qui rafraîchit les soirs d’été et agite les feuilles des arbres. Mais c’est aussi l’Esprit de force : le vent qui souffle dans la voile des navires, le vent impétueux qui fait envoler les chapeaux et arrache les tuiles. De même avec le feu : il représente la joie et l’allégresse sur un gâteau d’anniversaire, il réchauffe dans la cheminées les soirs d’hiver, mais il est aussi celui qui embrase chaque été nos belles forêts. Le Saint-Esprit est donc douceur et force intimement mêlées. Si nous nous laissons habiter par cet esprit de feu, nous pourrons mettre le feu à notre paroisse. Et si tous les chrétiens étaient mus par le Saint-Esprit, c’est le monde qui serait embrasé…
 
Le psaume 103 nous décrit l’Esprit comme souffle de vie : « Tu envoies Ton souffle : ils sont créés ; Tu renouvelles la face de la terre », rappel explicite du Livre de la Genèse puisque c’est par Son Souffle que le Dieu éternel et tout-puissant créé et donne vie. Nous sommes vivants pour transmettre la vie : ouvrons-nous donc sans crainte au Souffle de vie !
 
La deuxième lecture, l’épître de saint Paul, dépeint la troisième Personne de la Trinité à l’œuvre, au travail en permanence car le Saint-Esprit agit dans les âmes. Si nous prions, si nous proclamons notre foi, c’est l’Esprit qui agit en nous ! Alors, rendons-nous disponibles au Souffle du Saint-Esprit.
 
L’Evangile va plus loin, plus profond. Nous y contemplons Jésus ressuscité qui donne autorité aux Onze. Le Fils de Dieu donnait force aux malades, pardonnait les pécheurs. Au soir de Pâques, Il transmet Son pouvoir à Ses apôtres par le Saint-Esprit. Mais, attention, il ne s’agit pas d’une autorité qui écrase, asservit ou humilie : c’est une force qui se met au service des plus petits, des plus faibles. Les apôtres et leurs successeurs, les évêques, les prêtres, les diacres se mettent dans la droite lignée du Seigneur Jésus.
 
Et je voudrais m’arrêter sur un détail avec vous... un détail qui, en fait, n’en est pas un ! La scène évangélique se situe au soir de Pâques. Or, vous l’avez entendu, lorsqu’Il dit à Ses apôtres « Recevez l’Esprit-Saint », Jésus souffle sur eux : Il répand une première fois sur les Onze réunis au cénacle le Saint-Esprit de Dieu, le Saint-Esprit qui est Dieu. Puis 50 jours plus tard, ils Le reçoivent plénitude au jour de Pentecôte que nous fêtons aujourd’hui. C’est ce que nous avons entendu dans la première lecture. Les apôtres ont donc reçu deux fois le Saint-Esprit… comme vous, n’est-ce pas !? Une première fois le jour de votre baptême et une seconde lors de votre confirmation. Vous êtes donc bien Temple du Saint-Esprit, demeure du Dieu très-haut ! Nous comprenons mieux les paroles de salutation de Jésus : « La paix soit avec vous ! » En effet, nulle raison d’être inquiets, tourmentés puisque Dieu habite en nous, Dieu réside en nous ! Demandons à Dieu Sa force divine, demandons-Lui de nous posséder tout entier. Alors, alors seulement, nous serons les saints de ce monde et nous mettrons le feu au monde, ce feu sacré, ce feu divin que le monde attend.

 

 
 
 

Publié dans Homélie

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28 mai : Homélie du VIIème dimanche de Pâques

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"La Vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent..."
 
Pauvres Pierre, Jean, Jacques, Philippe et les autres : le Seigneur Jésus vient de disparaître devant leurs yeux. Il était là -là !- il y a un instant et zoup, voici qu'Il est monté aux cieux comme ça, presque sans crier gare. On a beau s'y attendre, se dire que c'est trop merveilleux, que ça ne va pas durer, que Jésus ne va pas rester 107 ans sur cette terre de Galilée... quand même, lorsque cela arrive, ça leur fait tout drôle aux apôtres ! Les voici qui retournent à Jérusalem et, avec un peu de nostalgie et de vague à l'âme, ils montent dans cette pièce où se sont déroulés tant d'évènements si importants pour la constitution de leur groupe : le cénacle, lieu du dernier Repas et de la première Messe, lieu de l'ordination des apôtres, lieu d'un certain nombre d'apparitions du Ressuscité, apparitions qui stupéfiaient les apôtres : Jésus entrait par surprise dans la pièce, Se riant des portes cadenassées, et, au milieu des Douze tétanisés de suprise et de joie, Il dégustait du poisson grilé et montrait Ses plaies sacrées à Thomas l'incrédule. Voilà donc où, spontanément, les apôtres dirigent leur pas vers le lieu de leurs souvenirs.
 

Le cénacle, lieu de l'ordination des apôtres
 
Et là, quelle est leur première attitude ? Oh, un excellent réflexe : celui de se mettre en prière. Ils savent instinctivement que pour retrouver Celui qui vient de les quitter, il faut se mettre à genoux. Jésus ne leur avait-Il pas expliqué : « Si deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je suis là au milieu d’eux » ? La voilà, la première communauté chrétienne : des hommes et des femmes en prière, qui se souviennent avec émotion et gratitude de l’action du Seigneur dans leur vie et qui savent en rendre grâce en attendant que leur soit envoyé  le défenseur, l’Avocat, c’est-à-dire le Saint-Esprit promis par le Maître. Cette petite société des premiers chrétiens est un modèle pour nous tous les jours. Imprégnons-nous de ces paroles : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. » En cela, ils imitaient leur Maître qui, à genoux au Jardins des oliviers, priaient pour Ses disciples, ceux qui se trouvaient à quelques pas de Lui et des siècles à venir !
 
Parce que nous sommes disciples de Jésus, parce que nous sommes fils et filles de Dieu par le baptême et donc frères ou sœurs de Jésus, nous sommes invités à partager Sa gloire au Ciel. Hier, j’ai célébré le baptême d’un petit Florian et d’une petite Maëlys en l’église de Champfleur et, pendant la cérémonie, j’ai demandé aux personnes qui étaient présentes : « Quel est le but de notre vie sur terre ? Pourquoi sommes-nous vivants ? » En cette journée nationale de la vie [cliquez ICI], voulue par saint Jean-Paul II, cela vaut le coup de se poser la question, non ? Eh bien, mes interlocuteurs ont tous baissé la tête en se disant sans doute : « Mais qu’est-ce qu’il baragouine, le curé ? Il en a de ces questions ! » Nous sommes sur terre pour préparer notre entrée au Ciel qui passera par une rencontre personnelle avec Dieu, un tête-à-tête avec notre Créateur avant d’entrer –ou pas– dans Son paradis. Tout notre séjour ici-bas n’a qu’un seul but : préparer la grande Rencontre. Que je sois prêtre, exploitant agricole, banquier, militaire, collégien, Pape ou président de la République, les quelques années qui me sont accordée sur terre me sont données pour préparer mon Ciel. Nous l’avons entendu le jour de l’Ascension : Jésus est monté au Ciel avec Sa nature humaine, Son corps d’homme, pour nous inviter à Le rejoindre Là-Haut : "La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent !"
 

Alors ce temps qui m’est offert, que je l’utilise bien, n’est-ce pas !? Et la prière est une bonne occupation car elle me familiarise avec le Très-Haut, elle me permet une intimité avec Lui, ce qui fait qu’il n’y aura nulle crainte en moi quand j’irai me présenter devant Lui, à l’heure solennelle du jugement particulier.
 
Maintenant, nous avons entendu que les amis de Jésus prient ensemble, disciples et apôtres mélangés. La prière personnelle est d’un grand prix et –voilà : je vous livre mon cœur– elle fait partie pleinement, entièrement, de celui qui veut être intime du Seigneur. Nous, prêtres mais aussi les consacrés, nous tâchons de prendre du temps avec le Seigneur tous les jours, à travers l’oraison, la lectio divina, c’est-à-dire la lecture amoureuse de la Parole de Dieu, le chapelet, le bréviaire, l’adoration du Saint-Sacrement : c’est notre trésor à nous, c’est notre richesse, c’est ce qui donne sens à notre vie, ce contact intime avec notre Seigneur et Maître, notre Dieu d’amour. Néanmoins, la prière à plusieurs, la prière communautaire est d’une grande valeur et d’une grande puissance : la Messe, l’office divin quand il est dit ou chanté en groupe, la louange. Mes frères, ne nous privons pas de ces temps de prière ensemble, de ce rassemblement devant Dieu de Ses enfants : c’était ce qui donnait du sens à la vie des apôtres, c’est notre force à nous aussi, en ces temps où les chrétiens véritables, de conviction, sont de moins en moins nombreux. Nous avons la chance d’avoir la Messe tous les dimanches, soit directement chez nous, soit à portée de voiture. Ne laissons pas passer cette opportunité de rendre hommage à Dieu avec nos frères et sœurs. Car c’est comme cela que nous grandirons en sainteté, c’est comme cela que nous pourrons préparer notre âme à la grande Rencontre avec notre Seigneur et Maître. Amen !
 

 

Publié dans Homélie

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