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10 articles avec homelie

20 septembre : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Au boulot, dans la vigne du Seigneur !
 
 
Chère Clara, c'est d'abord à toi que je voudrais m'adresser. Je voudrais te remercier, toi et ta famille, de votre patience et de votre persévérance. Quelle longue route ! Lors de la Messe de rentrée de l'an dernier -c'était le 29 septembre (cliquez ICI)- nous t'avons accueillie avec d'autres enfants. Vous aviez frappé à la porte de l'église et, devant tout le monde, avez demandé à vous préparer au baptême. Avec Chantal et Véronique, nous vous avons invité à plusieurs reprises le dimanche matin, avant la Messe, pour une rencontre dont le but était d'approfondir votre relation avec le Seigneur Jésus et, avec la communauté paroissiale, vous avez vécu différentes étapes qui vous acheminaient vers le baptême.
 
Des églises vides de fidèles pendant plusieurs semaines...
 
Sauf que le 15 mars, tout s'est arrêté. A partir de ce dimanche-là, les catholiques n'ont pu eu la possibilité de se rendre à la Messe, et comme nous étions confinés chez nous, impossible de poursuivre nos rencontres et continuer ce chemin vers le baptême. Le jour de Pâques, tu aurais du être baptisée avec les autres enfants... sauf que les paroissiens étaient toujours enfermés chez eux. Tu nous as envoyé les photos de ton jardin de Pâques (cliquez LA), témoignant ainsi que tu continuais à te préparer à la grande Rencontre avec le Seigneur Jésus. Mais ce n'est qu'au retour des vacances d'été que nous avons pu poursuivre ta préparation, en "présentiel" pour reprendre l’expression à la mode.
 
J'imagine combien c'est long pour une jeune fille de CM2 d'attendre ainsi le baptême, cet instant unique où Dieu vient Se cacher en toi. Merci de ta ténacité, Clara, merci pour ta patience qui a permis à ton désir de grandir et de s'approfondir ! Merci aussi de ta persévérance : tu faisais partie des enfants qui répondaient aux mails envoyés par les catéchistes pendant le confinement, -et tout le monde se souvient combien cela a été une période bousculée, tant pour les parents que pour les enfants- montrant ainsi que tu gardais les yeux fixés sur ton objectif : donner à Jésus la place qui Lui revient. Oui, le français, les math, l'histoire-géo, les leçons à apprendre et devoirs à rendre, c'est important. Mais le lien avec Jésus, l'amitié avec Lui, c'est juste primordial, vital...
 

C'est ce que dit saint Paul dans la lettre que nous avons entendu en deuxième lecture : "Pour moi, vivre, c'est le Christ !" Pour nous, catholiques, cette phrase devrait être un phare, un moteur ! Par le baptême, j'ai Dieu qui est caché en moi. Les années de catéchisme -qui se poursuivent toute la vie, permettez-moi de le rappelez, pas seulement pendant quatre ans- nous permettent d'approfondir cette relation. Merci, chers parents, d'avoir respecté cet engagement pris le jour du baptême de votre enfant. Vous vous souvenez ? Le prêtre, à l'entrée de l'église vous a interrogé solennellement : "Vous demandez le baptême pour votre enfant. Vous devrez l'éduquer dans la foi, lui apprendre les commandements et à aimer son prochain comme le Christ nous l'a enseigné..." C'est aussi le sens de la progression de votre enfant : une rencontre de caté chaque semaine où on prie, on chante, on écoute la Parole de Dieu, on découvre la vie du Seigneur Jésus. La Messe une fois par semaine, qui est le rassemblement de la communauté chrétienne, tous ceux qui croient en Dieu. Ensemble, nous prenons une heure de notre temps pour rendre à Dieu l'hommage qui lui est du. Et puis la première Communion, ce jour béni où votre enfant reçoit pour la première fois la petite hostie qui est le Corps de Jésus et dans cette communion, qui se répète ensuite chaque dimanche, c'est un lien d'amitié vital qui s'installe avec Dieu. Puis la profession de foi en 6ème, le sacrement de la confirmation dans les années qui suivent.

Oui, "Pour moi, vivre, c'est le Christ !" écrit saint Paul. Dans l'idéal, il faudrait que, quoi que je fasse, je le fasse avec Jésus, je le fasse pour Jésus. Vaste programme avec un idéal haut placé. Chacun y va à son rythme, le principal étant de s'y mettre. Regardez les ouvriers de la parabole : il y en a qui se sont mis au boulot dès le petit matin, d'autres qui les ont rejoints dans la matinée et certains qui sont arrivés dans la vigne une heure avant la fin du travail. Mais chacun a été rémunéré selon le coeur de Dieu. Cette parabole du Seigneur Jésus peut nous heurter, tant les adultes que les enfants -"c'est pas juste !" que les derniers reçoivent autant que les premiers !- mais le message pour nous ce matin est le suivant : "Es-tu prêt, toi, à aller travailler dans Ma vigne ?" Est-ce que j'accepte de me mettre au service du Seigneur, de me reconnaître comme l'un de Ses ouvriers, plutôt que de buller sur la place à ne rien faire ? Chers parents, chers enfants, notre vie sans le Christ n'a pas de sens : nous ne sommes pas faits pour nous tourner les pouces sur la place, nous sommes faits pour le bonheur qui passe par le Christ. La vigne dans laquelle Il nous envoie travailler, c'est notre vie de tous les jours : la maison, l'école, le collège, le lycée, la fac, l'entreprise, le commerce ou la ferme. C’est là qu’Il nous attend pour y vivre en, chrétien !

Je m’arrête là : il y une petite ouvrière qui a hâte de travailler dans la vigne du Seigneur et qui piaffe à la porte ! Elle demande que je lui ouvre et je vais le faire avec joie pour qu’elle puisse, elle aussi, avec son style propre, travailler avec et pour Jésus…

Publié dans Homélie

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19 septembre : Homélie de la Messe anticipée

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Frères et sœurs bien aimés, en principe, là, vous êtes bien remontés, bien énervés –allez, pour les plus placides d’entre vous, au minimum agacés ou interloqués. Comment ? Ceux qui travaillent une heure de temps reçoivent la même somme, la même paie, le même salaire que ceux qui triment depuis le petit matin, que ceux qui, pliés en deux, ont du cueillir le raisin, le mettre dans les hottes, le transbahuter dans les grandes charrettes, conduire les dites charrettes jusqu’au pressoir, déverser les grappes juteuses dans le pressoir, les écraser, les presser pour en tirer tout le jus qui servira à faire le bon « vin qui réjouit le cœur de l’homme » et tout cela sous le grand soleil méditerranéen qui brûle et éblouit !? Tel le Calimero moyen, engoncé sous notre coquille d’œuf, nous avons envie de protester « C’est trop injuste ! » et je sais que c’est votre bonne éducation –et votre foi aussi !– qui vous empêchent de quitter cette église en claquant la porte rageusement !

Parce qu’en fait, ce passage d’évangile, vous l’entendez avec un cœur de croyant, cette parabole de Jésus, vous l’écoutez dans une attitude de foi. Avec le psalmiste, nous pouvons redire avec foi, avec conviction : « Le Seigneur est juste en toutes Ses voies, fidèle en tout ce qu’Il fait. » Cette histoire racontée par Jésus, vous ne la recevez pas au premier degré, avec une mentalité de syndicaliste hargneux, au « mauvais regard ». Vous devinez bien qu’à travers cette parabole, le Seigneur veut nous pousser plus avant : Il nous invite à regarder plus loin que le bout de notre nez…

La clé de lecture, comme très souvent, se trouve dans la première lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos chemins ne sont pas Mes chemins. » Trop souvent, nous nous faisons un Dieu à notre image, à notre ressemblance : plutôt que de nous élever jusqu’à Dieu, de nous conformer à Sa sainte volonté –c’est bien ce que nous demandons dans la prière du Notre Père : « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel », n’est-ce pas !?– nous voudrions Le mettre, Le descendre à notre niveau. Dieu aime de façon divine, rétribue de façon divine –et non pas humaine– et Il veut le salut de tous les hommes. Mais Il ne l’imposera pas, nous laissant notre liberté pleine et entière. Alors, comment Dieu nous sauvera ? Humblement, voici ma réponse : je n’en sais rien mais j’ai confiance dans Sa justice et Sa miséricordes infinies. Pour ceux qui sont de Ses disciples, qui essaient de vivre selon Sa doctrine et Son enseignement, nous serons jugés sur notre fidélité, notre engagement, notre implication, notre cohérence de vie. Pour les autres, ceux qui n’ont pas été appelés à travailler dans la vigne, ils seront très certainement jugés sur l’amour qu’ils ont mis dans leur vie – cet amour qui est l’action incognito de Dieu en eux.
 
« L’important est de participer ! » Pourvu que cela marche aussi pour le Ciel !
 
Que le grand saint Jean de la Croix, réformateur de l’ordre du Carmel, me pardonne de le comparer à Pierre de Coubertin, mais leurs phrases fétiches me semblent bien se compléter. Le saint carme prédisait qu’« au Ciel, nous serons jugés sur l’amour » tandis que le rénovateur des jeux olympiques affirmait que « l’important est de participer. » Les ouvriers de la dernière heure se sont mis à l’ouvrage bien tard mais est-ce vraiment de leur faute ? Ils précisent bien que « personne ne [les] a embauchés. » Au moins, ceux-là ont participé et ont été rémunérés au-delà de leur espérance. Mais tous les autres, ceux qui restent en plan ? Je pense à tous ces hommes à qui personne n’a jamais parlé du Christ, à tous ceux qui ne fréquentent pas l’Eglise et qui ne la connaissent qu’à travers ce qu’en disent les media. Par Sa passion du vendredi saint, Sa mort sur la croix et Sa résurrection, Jésus a sauvé tous les hommes, racheté les péchés de l’humanité toute entière : il n’y a pas un homme qui ne puisse être sauvé par le Sang du Christ. C’est une immense tristesse de savoir que parmi les hommes, certains n’entendront jamais parler de Jésus, de Son amour pour les hommes, de Son désir de les sauver du Mal et du péché. C’est le cri de détresse, la grande plainte, de saint Dominique : « Mon Dieu, que vont devenir les pauvres pécheurs ? » C’est le coup de gueule monumental d’un saint François-Xavier dans une lettre adressée à saint Ignace : « Des foules ici [à Goa] manquent de devenir chrétiennes, faute d’hommes qui se consacrent à la tâche de les instruire. Bien souvent, il me prend envie de descendre vers les universités d’Europe, plus spécialement celle de Paris, et de crier à pleine voix […] à ceux qui ont plus de science que de désir de l’employer avec profit : "combien d’âmes manquent la gloire du Ciel et tombent en enfer à cause de votre négligence." »
Mes frères, et nous !? Si comme saint Paul, je peux affirmer que « pour moi, vivre c’est le Christ » et que je mets en application sa recommandation : « ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ », suis-je prêt à témoigner de Jésus, à agir pour Jésus ? Ai-je ce désir d’appartenir toujours plus au Christ et de Le faire découvrir à mes frères incroyants pour qu’à leur tour, ils vivent de la foi, qu’ils partagent le bonheur des catholiques et leur espérance du Ciel ? Le Seigneur embauche, le Seigneur recrute et c’est par nous que Sa voix résonne et appelle ! Une des pistes du synode diocésain est de lancer des fraternités afin de permettre aux fid-les d'un même quartier, d'un même village, de se regrouper, de prier ensemble, de partager sur la Parole de Dieu, d'échanger des nouvelles et de prendre soin des autres. Une vie fraternelle catholique authentique ne peut pas ne pas porter du fruit et attirer nos frères en recherche... Avez-vous lancé une telle fraternité ? Il est de votre devoir de croyants de vivre en croyants et d'en témoigner pour ne pas s'entendre dire en arrivant au Ciel : « Qu'as-tu fais de ton frère ? » Je laisse cela à votre discernement : mon petit doigt me dit que cela devrait animer votre réflexion tout au long de la semaine, n'est-ce pas ?

Publié dans Homélie

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6 septembre : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un appel à la vigilance !
Frères et sœurs bien aimés, ça y est : la rentrée a eu lieu ! Les plus jeunes ont repris le chemin de l’école, du collège, du lycée, de la fac, du BTS et IUT et autres écoles de formation et d’apprentissage. Pour les adultes, le retour en entreprise, à l’usine, au magasin, s’est effectué ces dernières semaines. Les grands-parents, eux, ont vu la maison se vider, à la fois avec un petit pincement au cœur et en même temps, un soulagement de retrouver le rythme habituel. Bref, une nouvelle année s’offre à nous, une année avec le Seigneur, sous Son regard et Sa protection.
Et peut-être plus encore cette année que les années précédentes. Je n’apprends rien à personne : le COVID complique les choses, à l’école, au collège, au lycée, à la fac, en entreprise, dans les activités sportives, musicales et artistiques, et jusque dans l’église. Ordres, contre-ordres, tergiversations, hésitations : oui, c’est compliqué… et pour tout le monde. Le but n’est pas de juger : c’est de l’ordre du constat. Et je constate que les gens sont inquiets, tristes, préoccupés. Certains ont changé leurs habitudes de vie, renonçant –pour des raisons qui peuvent être légitimes (je redis bien qu’il s’agit d’un constat de ma part et en aucun cas d’une condamnation)– aux vacances, à des activités de loisirs, à des visites et rencontres, à la participation à la Messe. Je sens même, ici ou là, de la fatigue, un ras-le-bol, une certaine tension.
"Je fais de toi un guetteur..."
 
Pour autant, malgré ces difficultés, malgré cet état de fait, nous restons chrétiens, nous demeurons catholiques. C’est facile de l’être quand tout va bien, quand tout nous sourit ; eh bien, nous tâchons aussi de vivre de notre foi, de notre espérance et de cette charité qui est le propre de la foi catholique, quand les choses sont plus compliquées, plus tendues. La divine Providence permet que nous ayons entendu en première lecture cette exhortation à veiller, à être attentif, à faire attention, à ne pas nous endormir. Le terme précis qu’utilise le Seigneur à l’égard du prophète, c’est : « Je fais de toi un guetteur. » Les plus anciens dans l’assemblée qui ont connu le service militaire, voire qui ont servi sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie, comprennent parfaitement ce que signifie cette expression. Le guetteur, c’est celui qui est chargé de rester vigilant, celui qui est posté pour observer, surveiller –en argot militaire, on dit chouffer, c’est-à-dire guetter ou veiller. La vigilance dont il est question ici, l’ennemi dont il faut surveiller la progression, l’avancée, c’est le Mal, le péché. Le psalmiste nous exhorte à ne pas « fermer [n]otre cœur » –cela a été le péché des Israélites au désert, quand ils se sont détournés de Dieu parce qu’ils avaient faim, soif et qu’ils ne se sentaient pas en sécurité alors que Yahvé veillait sur eux avec sollicitude. Au contraire, il nous invite à « crier de joie pour le Seigneur », à « aller jusqu’à Lui en rendant grâce », à L’« acclamer par nos hymnes de fête ». Oui, la situation est compliquée, pesante, mais est-ce que je me laisse entraîner par les sirènes de mauvaise aloi, est-ce que ma conscience est embrumée par les media au point d’oublier que le Seigneur est tout-puissant, qu’Il est plus grand que tout et qu’Il veille sur moi.
Saint Paul remet les choses bien droit : à son habitude, il ramène ses lecteurs et auditeurs -c'est-à-dire nous- à l’essentiel. « Le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour. » Aujourd’hui, cet amour qui vient du Christ –qui est le Christ– est mis à mal : certains considèrent l’autre comme un danger potentiel, le réduise à un "porteur de virus". Cris d’orfraie quand un masque est mal mis, inquiétude quand, spontanément, une main se tend pour saluer –et je ne parle pas des dénonciations à la mairie, à la gendarmerie, à la préfecture, à l’évêché, et j’en passe, qui nous rappellent « les heures les plus sombres de notre histoire » pour parler comme les journalistes… Puis-je vous rappeler que, dans l’Eglise, l’autre est un frère à aimer ? A corriger aussi parfois, quand objectivement, son attitude est déviante. Et Jésus, dans l’Evangile, précise bien qu’il faut corriger son frère quand il a commis un péché contre nous ou, par extension, contre la communauté. Mais il reste un frère. A aimer avant tout, même quand il doit se convertir. Evidemment, nous restons prudents, attentifs, précautionneux mais ne cédons pas à la peur qui est une arme du diable ! Au contraire, soyons attentifs envers nos frères, redoublons de délicatesse, de douceur. En ce monde si abimé, si tourmenté, voilà les armes les plus utiles, les plus nécessaires, les plus efficaces.
Je résume : en ce début d’année, soyons attentifs, tel le guetteur au sommet de sa tour, attentifs à nos frères et sœurs ; à leur égard, soyons remplis de bonté, d’amour. Aidons-les à traverser sereinement cette période de crise qui risque de durer. Et si nous gagnons notre frère, je suis bien certain que le Saint-Esprit, qui est l’amour entre le Père et le Fils, nous couvrira de Ses bontés et de Ses grâces ! Bonne année à tous, sous le regard du Seigneur.

Publié dans Homélie

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30 août : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Une confiance à renouveler chaque jour !
 
 
Pauvre Pierre ! Pauvre, pauvre saint Pierre ! La semaine dernière, nous entendions le Seigneur Jésus l’encourager, le féliciter devant tout le monde. Pas seulement parce qu’il avait donné la bonne réponse sur l’identité de Jésus devant tout le monde –« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »– mais parce qu’il s’était ouvert au Saint-Esprit, qu’il avait été à Son écoute. Rappelons-nous, au passage, que lorsque nous faisons du bien, lorsque nous prions en vérité, lorsque que nous faisons preuve de charité à l’égard de notre prochain, c’est l’Esprit-Saint qui est à l’œuvre, c’est Dieu qui agit à travers nous. Bien sûr que c’est nous qui agissons quand nous servons un de nos frères, c’est nous qui prions de tout notre cœur –c’est mon esprit qui est engagé, ce sont mes mains qui se joignent, c’est ma bouche qui fait monter vers Dieu des paroles de louange et d’action de grâce néanmoins, c’est Dieu qui opère à travers moi et qui m’aide à bien faire. N’oublions pas, frères et sœurs bien aimés, de rendre grâce pour cette délicatesse de Dieu qui nous permet, à nous, de faire le bien en un monde qui en a tellement besoin et qui s’efface au moment des compliments : « Oh, merci de ton aide ! – Si tu savais combien je te suis reconnaissant de ta présence ! – Ton conseil m’est extrêmement précieux et m’éclaire sur la marche à suivre : je t’en remercie ! Maman, ce gâteau est tout simplement délicieux… » Nous –ne soyons pas ingrats !– n’oublions pas de remercier le Bon Dieu qui Se sert de nous pour faire le bien, proclamer la vérité, faire plaisir aux autres !
Revenons sur saint Pierre. Alors, non seulement, il est félicité par Jésus devant la petite cohorte des apôtres et la foule des disciples mais le Seigneur y ajoute une promesse d’autorité, de pouvoir : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux ! » Excusez-moi mais si cela n’est pas là, pour Pierre, un moment de gloire, une véritable consécration, moi je veux bien devenir petit rat de l’opéra… J’imagine les autres le regardant avec admiration : « Il a bien parlé, il a bien répondu ! Et sans hésitation ! Cash ! Dis donc, quand le Saint-Esprit Se met en marche, ça dépote dur ! »
Jésus et Ses apôtres continuent leur route vers Jérusalem. Il y a sans doute chez tel ou tel un peu d’inquiétude, une angoisse un peu sourde. Cela n’échappe à personne que les pharisiens sont remontés contre Jésus et des bruits courent sur l’animosité des grands prêtres du temple à l’égard du Rabbi de Nazareth. Alors sans doute que pendant la marche ou, le soir, quand la nuit tombe et que la pénombre favorise les confidences, l’un ou l’autre s’est approché de Jésus pour lui demander au creux de l’oreille pourquoi ils montaient à la ville sainte ou si cela était bien sérieux de le faire. Si bien que Jésus commence à préparer le terrain : Il passe au cran du dessus, Il dévoile ce qui va venir, montrant par là même que l’avenir est entre Ses mains.
J’en profite pour rappeler, mes frères, que Jésus ne S’est pas fait piéger, qu’Il n’est pas tombé dans un traquenard, que Sa mission n’a pas échoué à cause d’un retournement de situation inattendu. Non, non : Jésus sait parfaitement ce qui va se passer, ce qui se trame et comment cela va s’accomplir. Il est venu pour cela : pour racheter, par le don de tout Lui-même, les péchés des hommes, depuis le péché originel d’Adam et Eve, jusqu’à nos péchés à nous, en passant par celui de présomption que va commettre Pierre dans un instant. Jésus annonce Son arrestation, Sa passion, Sa mort et Sa résurrection. Mais les apôtres, les disciples, ne peuvent pas comprendre d’emblée. Le charisme, l’autorité naturelle de Jésus, Ses miracles, l’enthousiasme de la foule liés à ce phénomène de bande qui donne un sentiment de toute-puissance, que tout va plier sur notre passage, font que ceux qui suivent le Seigneur ne peuvent pas comprendre cette annonce prophétique. Sans doute qu’à l’écoute des paroles de Jésus, la foule a murmuré, échangeant des commentaires –« Vous avez entendu la même chose que moi ? J’ai bien entendu ce qu’Il a dit là ? Holala, Il est fatigué notre Jésus : Il déraille ! Il faudrait qu’Il Se repose un peu… »
C’est à nouveau Pierre qui monte au créneau, qui prend la parole. Ça a marché la première fois : il essaie de faire coup double… et il se fait ramasser en beauté et publiquement : « Passe derrière moi, Satan ! » Notre société moderne ne croit plus au diable –et c’est bien regrettable car le diviseur est à l’œuvre et il a les mains libres puisque nous sommes peu à le craindre et à le combattre– mais pour les Juifs l’injonction de Jésus est très claire et il y a du avoir un mouvement de recul, de repli autour de Pierre : « Il a le Shâtan ! Il s’est mis à l’écoute de l’adversaire, du maître des ténèbres, du prince du mensonge… Et Jésus l'a débusqué ! » Et Jésus de préciser aussitôt : « Pierre, Je t’ai promis les clés du Royaume, Je t’ai accordé le pouvoir de lier et de délier. Mais c’est un service que Je t’ai confié, pas un pouvoir ! Pas une autorité qui écrase et qui soumet mais une autorité qui fait grandir ! Répondre à Mon appel, se mettre à Ma suite, c’est accepter la contradiction, « l’insulte et la moquerie » pour reprendre les mots de Jérémie… Et c’est même aller jusqu’à la croix ! »
Frères et sœurs bien aimés, rendons grâce à Dieu d’avoir été choisis par le Christ pour nous mettre à Sa suite, pour vivre en catholiques. Remerciez vos parents pour la grâce du baptême –ou, si vous l’avez reçu plus tard, remerciez le Saint-Esprit d’avoir suscité en vous ce désir et d'y avoir répondu. Mais si nous pouvons, légitimement, être fiers d’être chrétiens, n’en tirons aucune vaine gloire. Nous savons bien que c’est le Bon Dieu qui nous récompensera de notre fidélité, surtout dans les épreuves : quand tout va bien, quand tout roule, c’est facile, non !? C’est quand la croix se profile, c’est quand elle se fait lourde et pesante que cela devient plus difficile, plus délicat : je reste ou je jette l’éponge ? Alors demandons cette fidélité du quotidien : je ne prie pas seulement quand ça va mal, quand j’ai besoin de l’aide du Ciel, du souffle du Saint-Esprit. Non, non : la fidélité, la confiance, l’oubli de soi, c’est la la prière quotidienne pour rendre grâce à Dieu, Le louer, Le bénir. Et c’est là, dans la prière de chaque jour, que nous puisons notre confiance dans l’Eglise, dans Son enseignement, dans Ses directives, dans Sa doctrine. Oui, l’Eglise est exigeante et la route est rude, elle monte et, parfois, je me dis que je n’y arriverai pas. Mais en ce cas, ce n’est pas le Saint-Esprit qui me parle, c’est le Shâtan, l’esprit déchu, le prince des ténèbres, de ta tristesse et de la désolation, qui s’adresse à mon âme, celui qui a fait trébucher Pierre. En ce cas, mes frères, un beau signe de croix, un regard vers le Ciel, un acte de confiance et d’amour au fond du cœur et en avant marche ! Au Ciel, quand je me présenterai, tout perclus par mes insuffisances, mes limites, mes péchés même, mais rempli de cette confiance en Dieu, je préfèrerai qu’Il me dise avec un sourire lumineux : « Entre dans la joie de ton Maître, bon et fidèle serviteur », plutôt que « Passe derrière moi, Satan ! » Pas vous !?

Publié dans Homélie

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23 août : L'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

"Et pour toi -oui toi !-, qui suis-Je ?"
 
Frères et sœurs bien aimés, avec l’évangile de ce dimanche, je crois que nous allons arriver à la fin de notre série de l’été qui a commencé il y a quelques semaines avec la parabole du trésor caché dans le champ : « quel est notre trésor, quel est notre essentiel à nous ? » [cliquez ICI]. Je résume en trois mots pour ceux qui ne nous rejoindraient que ce dimanche. Notre essentiel à nous, catholiques, c’est notre foi en Jésus-Christ sauveur : il est là notre trésor, Jésus qui prend soin de moi, et qui va jusqu’à Se donner à moi dans les sacrements [cliquez LA] –c’était l’évangile de la multiplication des pains, il y a quelques semaines–, Jésus que je retrouve dans l’intimité de la prière, Jésus que je suis invité à regarder yeux dans les yeux, comme saint Pierre lorsqu’il marche sur l’eau. Tant qu’il garde les yeux fixés sur le Christ, Pierre marche sur la mer. Evidemment que c’est impossible, humainement irréalisable… sauf si je garde les yeux fixés sur Jésus-Christ qui peut réaliser de grandes choses à travers moi. Il le promet d'ailleurs à Pierre : "tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux!" Rien que ça ! Oui, c’est Jésus mon trésor, ma perle précieuse, mon tout !
Aujourd’hui, le Seigneur Jésus nous colle une interrogation surprise. Désolé pour les plus jeunes qui repoussent de tout leur être la perspective de la rentrée scolaire, mais c’est exactement le cas : à l’improviste, Il Se tourne vers ceux qui Le suivent et les interroge : « Pour les foules, qui suis-Je ? » Et chacun d’y aller de son approche, de sa suggestion, de sa réponse. Je les imagine tellement, levant la main, et attendant sagement que Jésus les désigne : « Jean-Baptiste, Elie, Jérémie, un prophète… » Mais quand Jésus Se fait plus précis, plus incisif –« Et vous que dites-vous ? Maintenant, c’est votre avis à vous qui M’intéresse ! Pour vous qui suis-Je ? »– saint Pierre fait cavalier seul, déclarant tout de go « Tu es le Fils du Dieu vivant ! », affichant ainsi sa foi devant Jésus et les autres apôtres.
Maintenant, chers paroissiens et fidèles de passage, la même question nous est posée : « Et pour vous, qui suis-Je ? » En cette fin d’été, Jésus s’assoit à côté de vous, à l’heure tranquille où vous vous posez, où vous soufflez –pour certains c’est au moment du petit-déj’ devant le bol de café qui fume, pour d’autres, à l’heure de la sieste, pour d’autres encore, le soir, quand la maison s’endort– à chacun son moment à soi, vous savez, ce moment pour faire le point, pour se remémorer telle discussion ou telle activité, pour organiser la journée à venir ou celle du lendemain, le moment tranquille, peinard, celui où l’on en profite pour rendre grâce à Dieu, pour Le remercier, pour demander aussi. Et Lui vient se poser à côté de nous. Patiemment, Il entend, Il reçoit nos demandes, nos supplications, nos souhaits, nos projets, puis Il pose Sa main sur la nôtre et nous regard droit dans les yeux : « Et pour toi, qui suis-Je ? Un simple distributeur de grâces ? Une machine à exaucer ? Comme dans les gares : tu mets 1€ et ta canette de soda tombe ; là, tu dis une prière, et hop, te voilà exaucé… Un peu simpliste, voire utilitariste, non !? Ou parfois, tu Me vois comme un Dieu lointain, distant, froid, un mix entre juge et comptable de tes bonnes et mauvaises actions. Ou, et c’est l’excès inverse, comme un pote, un copain, ce qui est là aussi réducteur. Alors, dis-moi comment tu Me vois ? Dis-moi ce que Je suis pour toi ? »
Et si nous demandions à Dieu de nous éclairer sur Lui. Jésus félicite Pierre pour la justesse, la sûreté, de sa réponse, tout en précisant que c’est Dieu qui la lui a soufflée. Alors, nous aussi, demandons au Père éternel Ses lumières, Son éclairage que nous puissions aller plus loin en "profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu" afin que sachions bien parler de Lui, de la façon la plus juste qui soit. « Pour vous qui suis-Je ? » Pour que cette demande légitime, qui nous sera posée au Ciel lors de la grande rencontre, lors du tête-à-tête avec Dieu, ne nous prenne pas au dépourvu, à l’improviste, demandons à Dieu d’illuminer dès ici-bas notre âme, notre intelligence pour que nous Le connaissions plus intimement et que nous puissions faire grandir cette proximité, cette amitié avec Lui.
Seigneur, Vous êtes mon Dieu, mon roi, mon maître et mon ami tout à la fois : Vous m’aimez et prenez soin de moi. Tout en me laissant libre, Vous m’aidez à grandir dans la foi, dans l’amour, dans le service, dans le don de moi-même pour Vous ressembler, pour Vous laisser prendre place en moi et agir à travers moi. Jésus, mon tout, ma joie, je veux Vous connaître davantage, être plus proche, plus intime avec Vous, Vous aimer plus. Et cet amour, je veux le partager avec mes frères qui ne Vous connaissent pas, qui ont une fausse image de Vous, qui se trompent à Votre sujet. Seigneur, donnez-moi de faire grandir en moi Votre présence : qu’elle déborde de moi et atteigne mes frères, plus encore ceux qui sont en quête, en recherche. Mon Dieu, je vous aime et je veux vous servir tous les jours de ma vie. Amen.

Publié dans Homélie

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