3 septembre : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Un évangile de rentrée... dur à encaisser !
 
Chers paroissiens, à la fin de cet Evangile, peut-être que vous l’avez un peu mauvaise… Voici que le Père André vient de proclamer pour la première fois chez nous l’Evangile de Jésus-Christ, la Bonne Nouvelle qui sauve. C’est une joie, une joie profonde, d’accueillir un nouveau prêtre dans nos Alpes mancelles : un jeune en plus qui va faire passer votre curé pour un vieillard cacochyme ! Un missionnaire en plus qui va stimuler notre foi, notre espérance et notre charité, qui va nous aider –Monsieur le curé en premier– à mieux aimer Dieu et notre prochain ! Père André, bienvenue et merci de votre oui à l’appel de Dieu qui vous entraîne si loin de votre famille et de votre pays ! Et en même temps, quelles paroles de la part du Seigneur Jésus, notre Maître ! « Si quelqu’un veut marcher à Ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive. » Cela renforce les paroles déjà dures entendues dans la première lecture : « À longueur de journée, je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi. À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. » Tu parles d’un accueil ! Cher Père André, nous aurions préféré des paroles plus douces en guise de bienvenue, un évangile plus souriant, moins rugueux… mais c’est celui-là que l’Eglise nous donne à entendre le jour de votre accueil ! Alors nous allons le prendre comme il est, ce passage d’évangile, nous allons l’accepter brut de décoffrage cette Parole de Dieu qu’il nous est donné de ruminer et nous allons la recevoir –vous êtes bien accrochés, ça va ?– alors nous allons la recevoir comme un cadeau du Ciel même, avec un message à décrypter, à décoder et à intégrer.
Les apôtres savent que Jésus est la Vérité de Dieu : "Tu es le Fils de Dieu !"
 
Jésus n’est pas un commercial chargé de nous vendre un produit et qui nous en présente uniquement les côtés positifs. Jésus est la Vérité, la Vérité de Dieu. Il prépare tout doucement Ses apôtres, ces hommes qu’Il a choisis, Ses amis, à la réalité brutale de Sa mission. Bien sûr qu’Il est venu annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu ! Bien sûr qu’Il est la réalisation de la promesse de Dieu ! Et Ses apôtres le savent : par la bouche de Pierre, ils ont proclamé leur foi en la divinité de Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Bien sûr qu’Il est Celui qui guérit, qui Se penche sur les malades, les souffrants et sur tous ceux qui crient vers Lui, les Juifs et les païens, témoignant ainsi de la bonté, de la tendresse, de la compassion du Dieu de miséricorde. Mais Jésus est venu avant tout pour S’offrir en sacrifice, pour mourir pour les hommes afin de racheter tous les péchés de l’humanité : c’est le mystère immense de la Rédemption : Dieu qui rachète nos fautes par Sa Passion, Ses souffrances et Sa mort sur la croix ! Peut-être que cela vous étonne, vous surprend, vous scandalise… Comme Pierre ! Qui s’entend rétorquer : « Tu es pour Moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Dur à encaisser, non ! ? En fait, le message en creux, c’est : « nous devons penser comme Dieu » ! Rien que ça… Je vous laisse digérer l’info…
Alors concrètement, « penser comme Dieu » cela veut dire quoi ? Sans doute prendre de la hauteur par rapport aux événements de notre vie, ne pas tant subir les évènements de nos vies, mais les offrir, leur donner un sens. A vue humaine, la mort de Jésus sur la croix est une injustice, un non-sens, n’est-ce pas !? Maintenant, regardons cette arrestation à la sauvette, ce jugement inique, cette condamnation odieuse, cette flagellation et ce portement de croix atroces avec les yeux de la foi : Jésus sauve l’humanité par le don de Lui-même, Il S’offre en sacrifice pour racheter, expier tous les péchés et cela passe par cette injustice.
« Très bien », allez-vous dire : « c’est bien compris ! Mais, Lui, Il est Dieu, tout-puissant et éternel : Il sait pourquoi Il endure tout cela ! Mais nous ? Quels sens ont nos souffrances, nos croix ? » A vue humaine, aucun sens : la souffrance n’a pas de sens ! Le dos en vrac, la bagnole qui ne démarre pas, les travaux qui ne sont pas terminés pour accueillir le Père
André, le chômage, la maladie, les eng… en famille ou entre amis n’ont pas de sens : elles sont autant de croix, de souffrances… et nous connaissons tous des proches qui ont abandonné la foi, qui ont quitté l’Eglise, en raison d’un deuil ou d’une souffrance sur le coup insurmontables. Eh bien « penser comme Dieu » cela signifie donner du sens à toutes les difficultés inhérentes à notre vie. Des enquiquinements, des incompréhensions des maladies, il y en aura toujours, il y en aura tous les jours. Eh bien, pour que cs souffrances ne soient pas stériles, inutiles, offre-les à Dieu –ou plus précisément, unissez-les au sacrifice du Fils à Son Père. Après la Passion et la Croix, il y a la Résurrection ; après notre vie ici-bas, il y le Ciel, le Ciel préparé par notre union à Dieu, dans la prière, le service, l’amour du prochain… et l’acceptation de nos croix unies à celle de Jésus qui a sauvé le monde.
Cher Père André, nous aurions tous souhaité des textes plus glamour pour votre arrivée mais c’est ceux-là que l’Eglise nous a offerts et ils nous ont permis, j’espère, de nous recentrer sur l’Essentiel : l’union au Christ, dans Sa joie… qui passe aussi par la Croix. Mais ce n’est pas à un membre de la congrégation des Martyrs de Corée que je vais l’apprendre, n’est-ce pas !? Et je pense que vous aurez l’occasion de nous dire comment la croix du Christ plantée dans le sol de Corée par les missionnaires venus de France nous donne la grâce et la joie de vous accueillir aujourd’hui parmi nous… Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

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