27 août : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

« Pour vous qui suis-je ? » : la question-vérité !
 
Une vraie question de devoir de vacances ! Ou alors du style de la petite interro de rentrée afin de s’assurer que les élèves n’ont pas trop perdu la main durant les deux mois d’été : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Mais, cette question-là, c’était l’apéritif ou l’entrée car le plat de résistance, le solide, le compact, c’est la question suivante : « Pour vous qui suis-Je ? » Là, Jésus demande à Ses apôtres de s’engager, de témoigner de leur conviction profonde, de dire ce qu’ils ont dans le ventre, quoi… C’était facile de répondre : « Rabbi, certains estiment que Tu es Jean-Baptiste ; en revanche d’autres affirment que Tu es Elie revenu sur terre. Tandis que certains ne se mouillent pas trop : ils Te décrivent comme l’un des prophètes, Jérémie ou un autre… » Trop bien cette question : elle permet aux apôtres de montrer qu’ils sont ouverts sur le monde, qu’ils s’intéressent à ce qui se passe autour d’eux et qu'ils sont les yeux et les oreilles de Jésus...
 
Mais vous pensez vraiment que Jésus S’intéresse aux cancans, qu’Il Se préoccupe de Sa réputation, qu’Il entretient Son aura ? Les instituts de sondage, c’est pour les présidents qui dégringolent dans l’opinion publique et qui cherchent comment, à coup de com’ et de photos soigneusement sélectionnées, remonter dans l’estime des gens. Jésus n’est pas du monde, Il est venu du Ciel pour nous sauver, du Ciel où tout est immuable et éternel, et donc ne S’intéresse nullement à cet aspect des choses, qui va et vient, passe et disparaît. Je crois que j’ai déjà eu l’occasion de vous dire qu’« être dans le vent, c’est un spiritualité de feuille
morte ! » Donc, cette première question posée par Jésus aux Siens permet d’introduire la suivante, beaucoup plus profonde, personnelle, intime même : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous qui suis-Je ? » Et là, Pierre se lance. Pierre la grande gueule, Pierre le spontané, Pierre qui parfois réagit trop vite, Pierre qui a bien conscience déjà qu’il a une place particulière dans le collège des Douze, Pierre répond aussitôt, du tac au tac : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Christos, c’est le mot grec pour Envoyé. En araméen, cela se dit Messiah, ce qui a donné notre terme Messie. Pierre vient de proclamer sa foi, sa conviction profonde, sa certitude qui jaillit de son cœur, de son âme : « Toi, Seigneur, qui m’as appelé, que je vois vivre, qui partage mon repas, dont j’écoute la Parole avec passion, Toi, Maître, qui imposes les mains, bénis, relèves, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le Messie promis par les Ecritures, Tu es l’Envoyé, annoncé par les prophètes, Tu es le Libérateur espéré contre vents et marées par nos pères. Et tu es là devant moi et Tu me fais la grâce d’être mon ami. »
Jésus, qui sait tout, est touché par cette spontanéité de Pierre, par cet élan du cœur et de l’âme. Il sait très bien que Pierre s’est exprimé sous l’influence du Saint-Esprit de Dieu, du Saint-Esprit qui est Dieu, et Il rend grâce pour la disponibilité de Son apôtre aux motions célestes. Puis Il enchaîne : « Tu dis que Je suis le Messie, le Fils de Dieu et tu as raison : Je le suis. Mais Je t’annonce que Moi, Je te désigne pour être la Pierre angulaire, solide, ferme, inébranlable, sur laquelle Je bâtirai Mon Eglise ! Je te donne à toi une partie de Mon autorité, de Ma puissance, de Mon pouvoir pour édifier, bâtir et construire. »
Un homme, un homme de chair et de sang, un homme né de l’amour d’un homme et d’une femme, un homme faillible, faible, pétri de défauts, qui devient le chef terrestre de l’Eglise parce que la grâce de Dieu est sur lui et l’accompagne ! Bien sûr que le Chef suprême est et reste le Dieu trois fois saint, mais cette institution d’origine divine a à sa tête un homme, avec son histoire, sa culture, son éducation, son expérience de vie, ses choix, ses questions, ses doutes et ses décisions qui l’ont formé. Au long des siècles, ils vont porter le nom de Pierre, Lin Clet, Clément, Sixte, Martin, Jean, Pie, Léon, Paul, Jean-Paul, Benoît, François. Certains seront des saints vénérés, d’autres vont marquer durablement l’histoire de l’Eglise et d’autres encore sont complètement oubliés –et pour certains d’entre eux, cela vaut peut-être mieux…
Les derniers papes demandaient souvent avec humilité mais aussi avec insistance la prière de ceux qu’ils rencontraient. Le Pape François l’a fait très simplement, dès le premier soir, quand il est apparu à la loggia de la basilique Saint-Pierre, demandant à la foule de le bénir et d’intercéder pour lui, pour sa mission. Un des leitmotivs de François, à la fin des rencontres, c’est : « S’il vous plaît, priez pour moi ! » C’est pour cela que la liturgie de l’Eglise insiste pour qu’à chaque prière universelle la première intention soit pour le pape et ses collaborateurs, afin que soutenus par la prière de l’Eglise, du peuple de Dieu, épaulés, éclairés par la grâce divine, ils prennent soin du petit troupeau qui leur est confié, qu’ils le sanctifient et qu’ils l’enseignent des choses du Ciel.
Rendons grâce pour le Pape François et confions-le à Dieu : qu’il sache gouverner la barque de Pierre avec simplicité, humilité et prudence au milieu des flots impétueux et des bourrasques. Prions aussi avec ferveur, souvent, pour notre évêque, Monseigneur Yves Le Saux, successeur des apôtres, dont la mission délicate est de mener les catholiques de Sarthe, mais aussi les hommes de bonne volonté, au Ciel. Voulez-vous, enfin, prier pour vos prêtres, leurs collaborateurs : qu’ils soient saints, remplis de foi et d’ardeur, de joie et de ferveur afin de bien vous montrer le chemin du Ciel. Pour info, c’est une prière dont vous serez les premiers bénéficiaires. A bon entendeur, salut !

Publié dans Homélie