20 août : l'homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Jésus mon Sauveur ! Et Lui seul !
 
Il n’y a rien qui vous chiffonne dans ce passage d’Evangile, frères et sœurs bien-aimés, rien qui vous titille voire vous hérisse le poil ? Bon… Très bien. C’est peut-être moi alors… Je vous le dis très simplement mais, la première fois que j'ai entendu ce texte -ce devait être au caté ou à la Messe, j'ai été surpris, peiné, choqué –je ne sais pas quel est l’adjectif le plus juste– par l’attitude du Seigneur Jésus, mon Maître, Celui à qui j’ai donné ma vie, Celui qui est mon exemple, mon modèle, ma raison de vivre. Au premier abord, devant ce passage, j'étais resté sans voix, dubitatif. Très simplement, je ne comprenais pas.
Voilà une femme qui, apprenant la venue de Jésus dans son village, pleine de confiance –de foi devrais-je dire ?– s’approche de Lui. Elle connaît Sa réputation, l’aura qui L’entoure, elle a entendu parler des miracles qui accompagnent Ses pérégrinations : partout où Il passe, Il fait le bien, Il Se penche sur les petits, les malades, Il entend tous ceux qui crient vers Lui. Bien sûr, elle sait qu’elle n’est pas juive, qu’elle ne fait pas partie du peuple élu, mais Jésus a bien écouté la requête d'un officier romain à Capharnaüm, la demande d'un étranger qui occupe Son pays. Alors que là, Jésus vient chez elle, en terre phénicienne. En plus, elle est femme, donc, évidemment, pas forcément très bien considérée… Mais Jésus a bien accepté Marie de Magdala comme disciple, non ? Enfin, pour les juifs, si sa fille est possédée par un démon, c'est que sa conduite est impure, mais Jésus n’a-t-Il pas touché un lépreux -c’est bien pire ! Et puis, Alors, elle y va. Sa cause est juste : il s’agit de guérir sa fille. Les médecins sont impuissants devant ce cas. Il semble qu’il ne s’agisse pas d’une maladie physique mais d’une emprise maléfique : c’est Lui, Jésus, qui pourra combattre ce Mal-là. Il est venu pour cela, non ?
Eh bien, Jésus Se tait. Il ne dit rien. Il semble ne même pas faire attention à la supplique de cette femme, de cette maman en larmes. Elle a beau crier, implorer en exposant très précisément le fruit de sa requête –« Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »le Seigneur ne répond rien. Il l’ignore… Il faudra l’intervention des apôtres pour que Jésus accède à sa requête. Au passage, mettez les apôtres, la Vierge, votre saint patron, votre ange gardien, les défunts de vos familles, tel ou tel saint dans le coup quand vous criez vers Dieu : visiblement, ça a de l’impact auprès du cœur de Dieu, même si, concrètement, dans ce passage, les apôtre intercèdent auprès du Maître uniquement parce que la Syro-Phénicienne leur casse les oreilles ! Mais je suis bien certain qu’au Ciel, tout ce petit monde est bien plus indulgent et attentif !
L’attitude de Jésus n’en est que plus déroutante car parfois, dans notre vie à nous, nous faisons cette expérience douloureuse du silence de Dieu. Nous avons demandé humblement, sans aucune arrogance ; notre prière était juste, raisonnable. Et Là-Haut, calme plat : rien ne bouge. Pas un bruit, pas un signe. Rien ne change. Dieu reste silencieux.
Cette femme n’abandonne pas. Elle ne baisse pas les bras. Au contraire : elle crie plus fort, elle s’approche, elle s’accroche. Elle veut que Jésus ne puisse pas faire autrement que de l’entendre. Et, ce faisant, elle va creuser son désir. Vous avez remarqué que sa prière change, qu’elle se fait plus simple, qu’elle va à l’essentiel : « Seigneur, viens à mon secours ! » Elle est là, la véritable prière, authentique et sans fard. Cette femme a besoin d’être sauvée par le Christ, j’ai besoin d’être sauvé par le Christ, nous avons tous besoin d’être sauvé par Jésus ! Il est mon Sauveur et mon Dieu !
En fait, Jésus ne dédaigne nullement la prière de cette femme, tout comme Il ne repousse pas nos demandes. Bien sûr que non ! Mais Il agit en bon père de famille qui sait très bien qu’il ne faut pas céder à toutes les demandes, à toutes les requêtes, à tous les caprices de ses
enfants. On voit bien le résultat avec certains petits enfants-rois à qui on a toujours cédé. Les psychologues pour enfants voient leur salle d’attente envahie par des pauvres parents déboussolés qui n’ont jamais su dire non, ou qui, plus simplement encore, n’ont pas appris la patience et la ténacité à leur progéniture. Jésus nous fait creuser notre désir. Quand nous demandons telle ou telle grâce parfaitement légitime !est-ce que nous ne cédons pas parfois à la facilité ? Est-ce que nous ne réduisons pas Dieu à un grand magicien qui claquerait dans les doigts pour résoudre tel souci ou tel tracas. « Je paye –pardon : j’ai pris le temps de prier : j’y ai droit. Dieu DOIT m’exaucer… » Eh bien, non : cela ne marche pas comme cela. Dieu sait ce qui est bon pour nous. Et ce qu’Il veut pour nous, ce n’est pas tant le bac, la guérison de tel ou tel mal, la résolution de tel problème, aussi grave soit-il –sur le coup… C’est notre salut qu’Il veut, que nous soyons sauvés. « Seigneur, viens à mon secours ! » Tout le reste, mes frères, c’est de la littérature. Alors demandons-Lui le courage dans les épreuves –parfois redoutablesque nous traversons. Et s’Il veut bien nous guérir, nous réconforter, nous rasséréner dans les difficultés, n’oublions de Lui en rendre grâce. C’est un surcroît d’amour qui nous est accordé, en attendant la grande grâce du Ciel. Amen.

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