30 juillet : homélie de ce dimanche

Publié le par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

Notre trésor se trouve dans les cieux !
 
Enfant, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu ou d’avoir lu, que ce soit au caté ou à la Messe, ce passage du Livre des Rois entendu en première lecture. En revanche, l’histoire d’Aladin et de la lampe merveilleuse, oui ! Et je me plaisais à imaginer que le génie de la lampe m’apparaissait à moi ! Trop classe !

J’avais même prévu ce que je lui demanderais : pouvoir désigner un endroit et m’y retrouver dans la foulée. Cela m’aurait été pratique pour gagner quelques précieuses minutes au lit sans être en retard en classe… Plus tard, adolescent, je rêvais d’obtenir le don de glossolalie, c’est-à-dire de pouvoir parler et comprendre toutes les langues de la terre –sans le moindre effort de mémoire ni le moindre travail intellectuel, évidemment… Cela me saurait bien pratique, d’autant plus que je dois prêcher en anglais pour un mariage qui sera célébré samedi prochain en notre église. Bref, j’aurais fait comme la plupart d’entre nous : égoïstement, j’aurais demandé quelque chose qui me soit bien utile à moi, qui me serve, moi… Mmmmh, ce n’est pas du tout l’attitude du roi Salomon. A la proposition du Dieu trois fois saint, il répond de façon avisée et mesurée. Il demande la sagesse afin d’être un homme politique prudent, éclairé et réfléchi. Cette demande plaît à Dieu qui lui accorde en outre de nombreux autres dons. En ces mois, où nous avons été abreuvé –jusqu’à la nausée- des frasques et mœurs de nos hommes politiques, nous pouvons demander avec insistance à Dieu cette sagesse pour eux afin qu’ils gouvernent de façon sensée en ayant, avant tout, le sens du bien commun.

Le roi Salomon avait bien compris quel était le trésor, la perle fine, qui méritait tous les sacrifices : accomplir au mieux la mission que Dieu lui avait confiée en le mettant à la tête du peuple élu. Il aurait pu demander la gloire, la célébrité, la fortune, la connaissance, la victoire sur ses ennemis, j’en passe et des meilleures. Non, il a demandé une vertu qui le ferait grandir et qui lui assure l’amitié avec Dieu , et après sa mort terrestre, la gloire sans fin. Oserais-je rappeler que c’est là le but ultime de notre vie ici-bas ?
Aujourd’hui, notre société porte aux nues les artistes d’un moment qui voient dérouler devant eux  le tapis rouge de la notoriété, qui passent sur toutes les antennes de radio et sur tous les plateaux télé et qui font le buzz sur internet. Mais ces célébrités devraient garder dans un petit coin de tête qu’« il n’y a jamais loin du Capitole à la roche Tarpéienne... » En quelques semaines, tout acteur, chanteur, homme politique ou autre diva qui fait la une des journaux people peut être oublié et relégué aux oubliettes et aux limbes médiatiques… Pourquoi faut-il que tant d’hommes assoiffés de bonheur se trompent si grossièrement dans leur quête des vrais biens ? Ils s’égarent et ne trouvent pour finir –même sur la terre– que dégoût, amertume et déception…
Levons la tête : notre vraie joie, notre unique trésor, se trouve au Ciel !
Frères et sœurs bien aimés, vous savez que le Seigneur Jésus ne nous a jamais promis la gloire, la lumière et la consolation en ce bas-monde. Ça, ce sont plutôt les fausses promesses de l’Adversaire. Je vous renvoie au début du Livre de la Genèse… Au contraire, nous gardons en mémoire que « le disciple n’est pas au-dessus de son maître » et si Jésus est passé par la
Passion et la Croix, il peut en être de même pour nous : incompréhension, railleries de la part de ceux qui ne partagent pas notre foi et parfois jusqu’à la prison. La mort brutale du Père Hamel commémorée solennellement cette semaine l’a  rappelé à tous ceux qui se laissent anesthésier par le chant des sirènes : aujourd’hui, en France, tout comme en Irak, en Syrie ou ailleurs, on peut mourir parce que l’on est disciple du Christ et membre de la religion de l’Amour…
Plutôt que de nous faire miroiter ce qui est clinquant, bling-bling et tape-à-l’œil, Jésus nous exhorte à nous « amasser des trésors dans le Ciel : les vers et la rouille n’y dévorent pas, les voleurs n’y percent pas les murs et n’y dérobent rien. » Il est là notre trésor, notre trésor véritable : Jésus Lui-même, Jésus en personne ! En d’autres termes, qui collent bien avec son tempérament de feu, saint Paul écrit : « Je regarde tout comme de l’ordure afin d’avoir le Christ comme seul gain ! » Frères bien-aimés, que ce temps de vacances nous donne l’occasion de nous poser les vraies questions afin de poser les bons choix et de prendre les bonnes décisions qui nous tourneront vers la lumière et la gloire éternelle de Dieu. Ces choix, ce sont la prière, l’amour et le service de Dieu et du prochain : il est là notre trésor véritable, à portée de main ! Il nous suffit juste de tendre la main…
 

Notre trésor se trouve au Ciel ! Résolument ! Définitivement !

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