L'Association des amis de l'orgue de Fresnay

Publié par Paroisses de Fresnay, Oisseau et Sougé

 
 
L'église Notre-Dame de Fresnay possède un orgue magnifique
qui est une véritable oeuvre d'art !
 
Une association vient de se lancer pour sa sauvegarde, son entretien
et sa découverte par les élèves de l'école de musique et des collèges.
 
La première rencontre de l'association
a eu lieu  le lundi 3 octobre à 20h30 à la salle Saint-Léonard.
 
Mélomanes, amoureux de la musique d'église, férus de patrimoine et simples curieux,
se sont rassemblés pour lancer cette association de sauvegarde de notre bel instrument.
 

Quelques informations sur l'orgue Saint-Jeanne-d'Arc
 
Forme et dénomination :
Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts
une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901,
ayant pour titre : LES AMIS DE L’ORGUE DE FRESNAY-SUR-SARTHE
 
Mission :
Cette association a pour but de promouvoir toutes les activités culturelles et artistiques
(après que celles-ci aient été présentées aux autorités religieuses diocésaines et paroissiales), en réalisant :
* la promotion de l’orgue par des concerts publics,
* la conduite d’actions à caractère pédagogique en direction de tout public, (scolaire et autre…)
pour faire découvrir sa musique et sa constitution,
* la conduite de toute activité pouvant servir à la connaissance de l’orgue en tant qu’élément déterminant du patrimoine culturel et historique,
* la possibilité de contribuer à la restauration et à la maintenance de l’orgue.
 
Siège social : 
Presbytère - 1, place Bassum - 72130 Fresnay-sur-Sarthe
 

Les pionniers :
"Nous avons la chance d’avoir un orgue dans notre église, grâce M. le Chanoine DIDION, curé de Fresnay jusqu’en 1936. Cet instrument a été construit, mis en place et inauguré en 1932. Il est composé de 13 jeux, dont deux ont été récupérés sur l’ancien petit orgue de chœur. Le projet était plus ambitieux, mais il avait fallu réduire les ambitions à la mesure des ressources disponibles.
 
L'abbé BERTHÉ , curé de Fresnay de 1955 à 1978, considérant avec raison que l’orgue cachait le plus beau vitrail de l’église, avait envisagé de le transformer. C’était un projet important et coûteux. Projet et devis sont restés sans suite, mais certains paroissiens se souviennent que l'abbé BERTHÉ avait commencé à rassembler des fonds pour réaliser son rêve.
 
L'abbé Maurice COGNARD, après son arrivée, avait déjà fait réparer la soufflerie de l’orgue et les réservoirs d’air qui avaient souffert de la sécheresse de 1976, mais il restait à faire le plus important.
 
Cette année, nous avons entrepris une restauration complète de l’orgue. Tout a été démonté, vérifié, rectifié, dépoussiéré et remonté. Sur le conseil de la Commission Diocésaine des Orgues, qui a suivi les travaux, un jeu de Bourdon de 16 a été remplacé par un jeu de Cornet. Pour cela, avec l’autorisation de Monsieur le Maire, MM. THIBAUD, père et fils, facteurs d’orgues, ont utilisé ce qui restait des tuyaux de l’ancien petit orgue de chœur. Ensuite, ils ont passé des heures pour refaire l’harmonie et l’accord de l’ensemble des quelques 800 tuyaux (le plus petit est d’une taille inférieure à celle d’un crayon alors que le plus grand (en bois) fait environ 2.50 m de haut, sur une section de 0.25 m au carré.
 
Il reste quelques réglages à faire et nous aurons un orgue en parfait état de marche. Il ne manquera que l’organiste. Cette restauration, totalement à la charge de la paroisse, a coûté 115 201.94 Frs, ce qui dépasse de beaucoup ce que le Père BERTHÉ avait pu rassembler.
 
L’orgue, ayant été construit après la séparation de l’Eglise et de l’État, appartient à la paroisse et comme, par ailleurs, il n’est pas classé aux Beaux-Arts, il n’y a pas de subventions à espérer.
 
Mademoiselle Marie-José CHASSEGUET, organiste à la cathédrale du Mans et présidente de la Commission Diocésaine des Orgues, a bien voulu accepter de nous donner un concert. Nous aurons l’occasion de l’en remercier. Il reste à trouver une date."
Signé : L.P. (Abbé Louis PRUDHOMME)
Date probable de ce document : 1998 (après les travaux)
 
PS : Le concert donné par Marie-José CHASSEGUET et Jacques SIMON a eu lieu le vendredi 22 janvier 1999.

L'instrument
 
Composition de l'orgue :
Clavier I : Grand orgue 56 notes (ut1 - sols 5) Clavier II Récit expressif 56 notes (ut 1- sol 5) Pédalier à l’allemande 30 notes (ut1 – fa 3)
Bourdon 16
Montre 8
Bourdon 8
Flûte harm. 8
Prestant 4 Flûte trav. 8 Gambe 8 Voix céleste 8 Flûte octave 4 Trompette 8 Basson-Hautbois 8 Soubasse 16
 
 
Historique :
1. Les orgues antérieurs :
La première mention d’un orgue à Fresnay-sur-Sarthe remonte au début du XVIIème siècle. Cet orgue était situé en tribune, comme le rapporte un extrait de registre de la fabrique : « 10 mars 1604, le pupitre sur lequel reposera les orgues fut commencé à paver de carreaux, lesquels (orgues),
Maître de Boucher, doyen de Fresnay, donna à ceste église et ce fut par Joachim Legouge, menuisier de ceste ville… »
et un peu plus loin « Honorable Loyse Deschamps, dame de la Miotière, donna par testament, en 1621, quatre journaux de terre situés à Jupilles, pour aider à entretenir les orgues … »
Malgré ce don destiné à l’entretien de l’orgue, l’instrument ne devait plus exister 50 ans plus tard, car, à partir de 1675, les comptes ne mentionnent plus de rémunération pour des organistes.
 
Il faut attendre le XIXème siècle pour retrouver trace d’un instrument dans l’église de Fresnay-sur-Sarthe, tout d’abord sous la forme d’un harmonium d’accompagnement.
A l’époque où l’abbé OLIVIER devint curé de la paroisse, ce prêtre jugea qu’un tel instrument était insuffisant pour son église, et, les économies de la paroisse le permettant, fit les démarches pour l’acquisition d’un orgue à tuyaux.
 
L’instrument qui devait être livré en 1894 était l’œuvre des frères BALDNER, facteurs d’orgues au Mans. Il se composait de sept jeux répartis sur deux claviers expressifs :
* Grand orgue : Bourbon 8 - Flûte 8 – Prestant 4 - Trompette 8.
* Récit : Flûte harmonique - Gambe 8 - Hautbois 8.
* Pédalier à tirasses.
Installé dans le chœur de l’église, il eut à souffrir de gros problèmes d’humidité qui nuisaient à son bon état de fonctionnement. En 1932, lors de la construction de l’orgue de la tribune, deux de ses jeux (Trompette et Hautbois) furent intégrés dans le nouvel orgue. Il fut toutefois remis en état en 1933 par GLOTON, remplissant son rôle d’orgue d’accompagnement avec les cinq jeux restants. Mais lors des travaux de restauration du chœur, il dut être démonté, et ses tuyaux furent entreposés au presbytère.
 

2. L’orgue GLOTON 1932
Lorsque l’abbé DIDION, curé de Fresnay, émit le désir de faire construire un orgue en tribune, il souhaita le dédier à Sainte-Jeanne d’Arc « en réparation de la sinistre menace du capitaine anglais de Fresnay, Guillaume GLASDALL - Si nous te prenons nous te ferons brûler - Réalisée à Rouen, le 30 mai 1431 » (inscription figurant sur le buffet).
 
Dès le mois d’août 1929, l’entreprise GLOTON propose trois projets d’orgues neufs - 15, 17 et 19 jeux. Ces projets jugés trop chers sont abandonnés. Une nouvelle proposition est avancée par GLOTON le 10 avril 1930 avec 14 jeux et, jugé trop cher, le projet est réduit à 12 jeux.
La composition de l’orgue étant enfin décidée, les travaux ne vont pas pour autant pouvoir évoluer rapidement, l’église étant classée Monument Historique. Le dessin du buffet devait être soumis auprès d’un architecte en chef des Monuments Historiques, J. POLYI, et ce n’est qu’après acceptation de ce plan que les travaux de l’orgue pourraient débuter.
Le 1er décembre 1931, GLOTON écrit au curé de Fresnay pour l’informer de l’avancée de ses travaux : « la console de votre orgue est presque terminée, mais l’orgue proprement dit n’est pas commencé… » L’orgue peut enfin être inauguré le 17 juillet 1932 à l’occasion d’un récital donné par Léon BIAUTTE aux claviers. La bénédiction solennelle, sous la présidence de Monseigneur GRENTE, évêque du Mans, était reportée au 16 octobre de la même année. Monsieur le chanoine FAUCHARD apportait sa participation.
 
3. Le buffet :
Meuble (largeur.480, profondeur.255) dont la façade est composée d’une large plateforme qu’encadrent deux tourelles. Les tuyaux de façade sont en bois peint, ton : argent. Sur la traverse horizontale au-dessus de la plate face, en lettres dorées, la dédicace à Sainte Jeanne-d‘Arc. A l’avant du buffet, les boiseries sont en chêne, tandis que les panneaux sur les côtés et à l’arrière sont en sapin. Le buffet est ouvert au-dessus du sommier du grand orgue.

Description de l'instrument
 
1. La console :
Console accolée en côté du buffet. Deux claviers en chêne de 56 notes plaquées en ivoire pour le grand orgue, en galalithe pour le Récit, peintes en ébène. Pédalier à l’allemande, droit et plat de 30 notes, en chêne avec placage palissandre pour les dièses.
Les registres sont disposés horizontalement au-dessus des claviers manuels par boutons à accrocher, pommettes en palissandre, porcelaine jaune pour la Soubasse, blanche pour le grand orgue et rose pour le Récit. Au centre du fronton en palissandre, lettres de cuivre incrustées « Maison L. DEBIERRE - G. GLOTON successeur - Nantes ».
Pédales de combinaison à accrocher en fer, gauche et droite : tirasse grand orgue, - tirasse Récit - Copula octave grave - Copula unisson -(système d’expression avec pédale pivot entre Ré dièse 2 et Fa dièse 2, entourée de deux barres en fer pour poser les pieds)- Appel Anches - Trémolo.
 

2. La transmission :
Transmission pneumatique tabulaire pour les notes et pour les jeux.
 
3. les sommiers :
Pour le grand orgue, un sommier en chêne, disposition diatonique en V, au niveau de l’entablement (260 X 75), à gravures et registres coulissants. Tampon de laye vitré à l’arrière, fermeture par crochets tournants en haut et grosses vis en bas. Soupapes en hêtre avec un guide frontal simple, ressorts en laiton étamés à double boucle, S en laiton étamé, une barre de butée métallique garnie de feutrine rouge. A chaque soupape correspond un soufflet.
Pour le Récit, un sommier en deux parties (130 X80 chaque) disposition diatonique en V, laye à l’avant, mêmes caractéristiques que le Grand orgue, derrière et sur le même niveau que celui-ci.
Pour la Pédale, deux sommiers (90 X24) : mêmes caractéristiques que le grand orgue, contre les parois intérieures du buffet.
 

4. La tuyauterie
Tuyauterie homogène de GLOTON, à l’exception des anches du Récit qui proviennent de l’orgue BALDNER.
COMPOSITION
GRAND ORGUE
Montre 8 : 2 X 6 basses en sapin peint, ouvertes, avec fenêtre au sommet postée par côtés, perpendiculairement au sommier. Sur sommier, UT2 à SI2 en zinc, la suite en spotted, avec entaille de timbre, pieds ouverts, dents machine serrées, oreilles en plomb jusqu’à SI3. Marquage au poinçon sur corps et à la pointe sèche sur pieds « note + M ».
Bourdon 8 : UT1 à SI1 en sapin peint, bouchés par tampon, manchon en bois tourné, postés par côtés. Sur sommier à UT2, tuyaux en spotted bouchés par calotte mobile, oreilles en plomb, pieds ouverts, dents manuelles. Marquage au poinçon sur corps « note +B ».
Flûte harmonique 8 : 12 basses postées par côtés, perpendiculairement au sommier, au revers des basses de Montre, même facture. Sur sommier, UT2 à SI2 en zinc, la suite en spotted, avec entaille de timbre, pieds ouverts, dents machine serrées, oreilles en plomb jusqu’à SI3. Le jeu est harmonique à partir d’UT4 par deux trous latéraux. Marquage au poinçon sur corps et à la pointe sèche sur pieds « note +H ».
Prestant 4 : intégralement sur sommier, UT1 à SI1 en zinc, la suite en étain, avec entaille de timbre, oreilles en plomb jusqu’à SI2, pieds ouverts, dents machine. Marquage au poinçon sur corps « note + P ». Sur UT2, marquage à la pointe sèche « prestant C+P ».
Bourdon 16 : UT1 à Sol dièse1 postés par côtés contre les parois du buffet, en bois, bouchés par tampon, manchon en bois tourné, La dièse1 et Sol 1, même facture, postés à la suite des basses de Montre, UT2 à SI2 postés au sommier. A UT3 sur sommier, UT3 à Fa3 en zinc, les dessus en étoffe, bouchés par calotte mobile, oreilles en plomb, dents machine. Marquage au poinçon sur corps et à la pointe sèche sur pieds « note ».
 
 
RECIT EXPRESSIF
Basson-Hautbois 8 : matériel en étain récupéré de l’orgue de BALDNER, 12 tuyaux carrés dans les basses, la suite à olive avec collerette (les tuyaux sont oxydés). 17 basses avec anche à larme pour le basson, anches Bertounèche pour les dessus en Hautbois. Rasettes rouillées. Marquage au poinçon sur corps « note ».
Trompette 8 : Matériel en étain récupéré de l’orgue de BALDNER, 12 tuyaux carrés dans les basses, la suite à olive avec collerette, 16 dessus sans collerette. Anches Bertounèche. Entaille sur 18 basses. Marquage au poinçon sur corps « note +T ».
Plein jeu II-IV : Matériel en spotted, avec entaille de timbre sur le devant du tuyau, pieds assez ouverts, dents manuelles, oreilles en plomb sur quelques basses. Marquage au poinçon sur corps « note ».
UT 1 UT 2 UT 3
2 4 4
1 1/3 2 2 2/3
1 1/3 2
1 1/3
Voix céleste 8 : Jeu à UT, 6 basses en zinc, la suite en spotted, avec entaille de timbre sur le devant du tuyau, pieds assez ouverts, dents manuelles très peu prononcées, frein harmonique avec bavette dans les basses, oreilles en plomb à partir de Fa4. Marquage au poinçon sur corps « note + V » et sur bavette « note + C ».
 
Flûte octaviante 4 : Jeu sur sommier à UT1, UT1 à SI1 en zinc, les dessus en spotted, entailles de timbres devant, pieds ouverts, dents machine ? Le jeu est harmonique à UT3 par deux trous latéraux. Marquage au poinçon sur corps, et à la pointe sèche sur pieds « note + o ».
Gambe 8 : UT1 à SI1 postés dans le fond du buffet, en sapin peint, ouverts, fenêtre avec guillotine. Sur sommier à UT2, même matériel, et mêmes caractéristiques que pour Voix célestes. Marquage au poinçon sur corps, et à la pointe sèche sur pieds « note + G ». Marquage au poinçon sur bavette « note ».
Flûte traversière 8 : UT1 à SI1 postés dans le fond du buffet, et par côtés, en sapin peint, ouverts, fenêtre avec guillotine. Sur sommier à UT2, UT2 à SI2 en zinc, la suite en spotted, avec entaille de timbre, pieds ouverts, dents machine, oreilles en plomb sur la partie non harmonique. Le jeu est harmonique à partir d’UT4 par deux trous latéraux. Marquage au poinçon sur corps et à la pointe sèche sur pieds « note + T ».
Pédale :
Soubasse 16 : 2 X 15 tuyaux en sapin peint, bouchés par tampon, manchon en bois tourné, de party et d’autre de la boite du Récif.
Soufflerie
Trois réservoirs à plis compensés, dans le soubassement, deux sous le sommier du grand orgue (170 X 85 et 150 X 85), guidés et articulés métalliques sur la longueur et sur la largeur, plus un sous Récit (275 X 100), guides articulés sur la longueur, chargés de plaques d’acier. Ventilateur électrique récent (caractéristiques invisibles), dans le soubassement, dans une caisse insonorisée. Porte-vent en bois. Postages en plomb.
Diapason
Approximativement LA2 sur Prestant = 443. Température égal.
 
(Extrait des archives sur l’orgue de Fresnay - au presbytère)
repris le 15 janvier 2017 par Denis JULIENNE

Publié dans Vie paroissiale